• Jusqu'à quarante ans
    il s'était voulu
    comme les autres,
    tout pareil à eux
    et parfois il y avait cru.
    Mais puisque vains étaient ses efforts,
    désormais il renonçait à ce sort.

    Il n'était pas comme les autres,
    il n'était pas satisfait
    ni de son travail
    ni de sa famille
    ni de son milieu
    pas heureux de se mettre des oeillères
    pas capable d'être solidaire,
    de croire que les siens avaient raison
    contre tous ceux qui n'avançaient pas à leur façon.

    Il était différent
    il l'acceptait
    il était ainsi.


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  • Elle avait beau avancer vers les quatre vingts ans

    Petite pomme oubliée sur l'arbre du temps

    Elle gardait l'habitude de rêver au Prince Charmant

    Sa présence à ses côtés l'aidait à avancer

    Ce rêve ininterrompu qu'en elle  elle déroulait

    lui permettait d'accepter la réalité

     

    Il avait eu

    selon l'époque

    des formes diverses

    mais toujours

    il était prévenant

    attentif en un mot

    charmant

     

    Elle n'avait jamais vécu d'illusions

    Elle savait bien que c'était une création de son esprit

    Mais par lui elle était reliée

    A toutes les créatures aimantes

    Et à chaque rencontre

    Elle découvrait le reflet

    de ce prince charmant qui l'accompagnait

     

    Mais l'avait-elle vraiment inventé?

     


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  • Chaque fois que je la voyais , je ressentais un  sentiment de malaise.

    Elle arbhorrait des tenues extravagantes, de larges chapeaux...

    elle semblait ne savoir qu'inventer pour se faire remarquer...

    et cela me déplaisait... et je peinais à l'écouter.

     

     Et voici que je la rencontre à nouveau :

    elle n'a pas de chapeau, elle a une robe discrète bien que très élégante

    et chacune de ses paroles semble venir du plus profond d'elle-même...

    Enfin, me dis-je, elle a posé son masque,

    enfin elle accepte de se montrer avec ses failles, ses blessures,

    elle ne craint pas de laisser transparaître l'émotion qui  est la sienne quand elle parle

    et même si sa conversation n'est pas brillante, un peu hâchée même, j'ai plaisir à l'écouter...

    Et je me réjouis de  constater qu'elle a pu ainsi évoluer.

    Nous aussi, nous pouvons en faire autant....


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  • Elle ne parle pas pour ne rien dire.

     

       Quand elle parle, elle se concentre.

    Quand elle parle, elle part à la recherche d'une vérité

    qui se volatilise, qui fuit sans cesse et s'apparente parfois à l'illusion

    mais désespérément elle continue à parler, elle continue à écrire,

    elle continue à chercher, à traquer cette vérité qui toujours s'échappe...

    Mais un jour les mots livreront leur secret, laisseront échapper ce qu'elle cherche...

     

    Quand les autres parlent, elle se concentre.

    Ses traits se durcissent tant elle est concentrée...

    On dirait qu'elle a du mépris pour les autres, me dit B. qui la regarde à côté de moi.

    Je suis tout étonnée par cette réflexion.

    Si son visage se raidit, ce n'est pas par mépris,

    c'est au contraire parce qu'elle voudrait tant être les autres,

    elle voudrait tant comprendre leur petit univers à chacun

    et elle sent qu'elle y parvient mal tant elle est différente,

    Malgré tous ses efforts elle peine à entrer dans leur monde intérieur et elle en souffre.

    Elle se sent si seule.

    Comment pourrait-elle mépriser les autres elle qui se dévalorise sans cesse?

    Et quand son interlocuteur lui demande pourquoi, elle dit que c'est par besoin de lucidité...

    oui, uniquement parce qu'il lui importe d'être lucide.

    Mais à trop se dévaloriser elle-même,à son contact, les autres peut-être se sentent-ils mal à l'aise,  

    peut-être se sentent-ils  dévalorisés eux aussi, méprisés alors qu'elle n'y songe guère,

    alors que c'est sur elle seule qu'elle porte ce regard blessant  parce que blessé?


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  • C'était le jour de la rentrée.

    A onze heures et demie, je devais aller chercher mon petit-fils ainsi que sa copine qui est dans la même classe  et lgrand frère de celle-ci qui lui  se trouve en CE2.

    Les deux petits arrivent d'abord et nous attendons le grand qui arrive un peu après, les petits sortant généralement d'abord...

    Il arrive vers nous, il me dit bonjour avec un grand sourire et me demande s'il ne nous a pas fait trop attendre...

    Je suis étonnée de tant de prévenance chez un enfant  si jeune. Je le rassure...

    Lorsque nous arrivons au bas de l'immeuble, il me tient la porte, je le remercie, il me répond : de rien

    Et tout cela avec un naturel et une spontanéité qui m'enchantent...Nulle raideur, rien de guindé dans son attitude, s'il est attentif aux autres, c'est parce qu'il y trouve de la joie...C'est aussi simple que cela ...Et si l'on plonge son regard dans ses yeux d'eau de source, c'est un instant de bonheur.

     

     

     


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