• Paysage de mon enfance

    - Une impasse qui servait de terrain de jeux,espace qui  me fut vite interdit car j'étais la seule fille  qui jouait là....

     

    - Une fenêtre, au troisième étage où pouvait apparaître le loup garou, nous disait-on, mais si l'on se hasardait à s'y pencher,on apercevait un bras du Rhône qui se perdait là et que l'on appelait 'la Lône"

     

    - Un balcon où je chantais sans retenue lorsqu'une joie éphémère me frôlait mais bien vite on me faisait taire : il ne fallait pas déranger les voisins.

     

    - Des escaliers où, la nuit, dans mes rêves, un monstre me poursuivait...il fallait courir et laisser les cris s'étouffer dans ma gorge pour ne troubler personne.

     

    - Une petite table où je rangeais mes trésors, où j'écrivais,je  lisais, je rêvais et cette petite table devint bien vite mon seul terrain de jeux.

     

    Paysage de mon enfance

    - chez une tante où je passais quelques jours de vacances

    un tas de sable et des bâtons que je plantais dedans et qui était chacun un être de chair et de sang que je nommais par son nom et qui me tenait lieu de compagnons de vie : je m'étais créé ainsi une famille chaleureuse et vivante.

     

    Paysage de mon enfance

    - le jardin de mon unique amie où j'étais invitée deux ou trois fois par an...

     

    J'avais treize ans quand nous avons déménagé pour habiter une maison toute neuve avec un petit jardin....

    L'enfance se terminait...D'autres paysages peut-être

     

     


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    Je me souviens.

    Au bas de notre logis, il y avait une impasse et maman, bien que très craintive, me permettait d'y aller jouer avec mes frères et les autres petits voisins. Nous jouions au ballon, aux billes, à cache-cache...

    Maman nous surveillait du haut du balcon .  Il n'y avait presque que des garçons, certains très bruyants...L'un d'eux, cependant, un blondinet assez menu, était différent des autres. Il s'appelait Pierre. Il était toujours calme. Et nous  avions pris l'habitude de nous promener de long en large de l'impasse tout en bavardant. Mais de quoi parlions-nous?

    Je n'en ai aucun souvenir...Et souvent, je me pose la questions,car ces moments étaient fort agréables.

    Ill ne faisait pas partie de la bande des garçons, c'était un solitaire comme moi, et c'est peut-être cela qui nous rapprochait...

    Nos allées et venues ont dû intriguer ma mère, toujours affollée, et un jour, elle me dit :

    "" Tu n'iras plus jouer dans l'impasse, il n'y a que des garçons."

    Pourquoi ai-je obéi sans même plaider ma cause?

    Il n'y avait jamais eu le moindre dialogue entre nous, ma mère et moi. J'ai obéi. Un point, c'est tout.

    Heureusement, dans la rue voisine, il y avait une petite bibliothèque. J'avais le droit d'y aller. J'y étais assidue. Et c'est dans les livres que j'ai trouvés, mes nouveaux compagnons de jeux... Mais quand même je regrette ce lien si vite interrompu...Qu'est-il devenu ?


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    J'ai contemplé le soir,
    j'ai laissé venir le silence,
    lui ai donné le temps de s'installer
    et j'ai commencé à écrire


    "écrire comme on se tait"
    dit Christiane Singer.

     

    Et de nouveau,j'ai senti la vie
    circuler en moi
    Les instants se sont mis à défiler
    chargés de couleur et d'odeur...


    Et voilà que je m'aperçois ...au loin, si loin

    J'ai treize ou quatorze ans peut-être...
    J'écris mes premiers poèmes
    et je m'émerveille de voir les mots
    se présenter à moi
    si dociles,si délicieux...
    Je savoure cette complicité
    avec moi-même.


    Peut-être que écrire, c'est d'abord se plaire
    en sa propre compagnie,
    être pleine de tendresse pour soi-même
    et ainsi pouvoir l'être avec les autres,
    partager avec eux ce qui nous émerveille,
    nous étonne,nous rehausse,nous donne du sens...
    Ecrire...c'est pour se relier...


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    Je me souviens.

    J'étais au CP.

    Ce jour-là, la maîtresse avait décidé de faire une leçon de dessin

    Et, au tableau, elle avait dessiné une tulipe,une tulipe rouge, tout ce qu'il y a  de plus classique

    et nous devions la reproduire sur notre cahier...

    Il faut dire qu'en classe maternelle, pas une seule fois, on ne nous avait proposé de dessiner...on avait commencé à apprendre les lettres et les chiffres mais pas à dessiner....

    En réalité, reproduire cette tulipe ne devait pas être plus difficile que reproduire une lettre...

    Mais dans ma tête de petite fille de six ans, cela me paraissait inaccessible, totalement impossible et je me mis à sangloter bruyamment...

    La maîtresse vint vers moi et me réprimanda assez gentiment mais me donna l'ordre de faire comme les autres, ce que je fis...J'étais d'une obéissance exemplaire , en ce temps-là...Un moment après, elle revint et, triomphante, elle me dit :" tu vois que tu pouvais la dessiner cette tulipe !

    Je ne dis rien mais, en moi-même, je pensais : elle n'a donc pas vu que ce n'est pas une tulipe que j'ai fait... La maîtresse était contente, sans doute, mais moi je ne l'étais pas, je ne pouvais me satisfaire de ce semblant de tulipe

    Il me semble que, dans ma petite tête d'enfant, je sentais bien que cette tulipe n'était pas vivante et donc que ce n'était pas une vraie fleur même si elle en avait l'apparence.


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  •   Ce matin je relisais les textes que j'ai écrits dans la rubrique: je me souviens (voir colonne à droite)...

    Et j'ai été surprise par certains que j'avais oubliés...

    Surprise aussi  de constater que cette famille nombreuse que j'avais imaginée pour tenir compagnie à ma solitude,( j'étais une enfant qui parlait peu et ne bougeait guère)

    Cette famille qui  transformait tout en chansons et en danses,

    cette famille pour qui chaque jour était une fête...

    cette famille que j'avais longtemps attendue...et puis que j'avais oubliée...trop occupée par les personnes réelles que je rencontrais...

    cette famille occupait à nouveau mes rêves, sous une autre forme, certes, avec d'autres visages, d'autres noms, d'autres préoccupations...

    mais toujours des chants et des danses et la joie de vivre...

    Il devient vital de les rendre encore plus vivants

    Etres de chair ou êtres imaginaires, lesquels sont les plus vrais?

     


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