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    J'ai contemplé le soir,
    j'ai laissé venir le silence,
    lui ai donné le temps de s'installer
    et j'ai commencé à écrire


    "écrire comme on se tait"
    dit Christiane Singer.

     

    Et de nouveau,j'ai senti la vie
    circuler en moi
    Les instants se sont mis à défiler
    chargés de couleur et d'odeur...


    Et voilà que je m'aperçois ...au loin, si loin

    J'ai treize ou quatorze ans peut-être...
    J'écris mes premiers poèmes
    et je m'émerveille de voir les mots
    se présenter à moi
    si dociles,si délicieux...
    Je savoure cette complicité
    avec moi-même.


    Peut-être que écrire, c'est d'abord se plaire
    en sa propre compagnie,
    être pleine de tendresse pour soi-même
    et ainsi pouvoir l'être avec les autres,
    partager avec eux ce qui nous émerveille,
    nous étonne,nous rehausse,nous donne du sens...
    Ecrire...c'est pour se relier...


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    Je me souviens.

    J'étais au CP.

    Ce jour-là, la maîtresse avait décidé de faire une leçon de dessin

    Et, au tableau, elle avait dessiné une tulipe,une tulipe rouge, tout ce qu'il y a  de plus classique

    et nous devions la reproduire sur notre cahier...

    Il faut dire qu'en classe maternelle, pas une seule fois, on ne nous avait proposé de dessiner...on avait commencé à apprendre les lettres et les chiffres mais pas à dessiner....

    En réalité, reproduire cette tulipe ne devait pas être plus difficile que reproduire une lettre...

    Mais dans ma tête de petite fille de six ans, cela me paraissait inaccessible, totalement impossible et je me mis à sangloter bruyamment...

    La maîtresse vint vers moi et me réprimanda assez gentiment mais me donna l'ordre de faire comme les autres, ce que je fis...J'étais d'une obéissance exemplaire , en ce temps-là...Un moment après, elle revint et, triomphante, elle me dit :" tu vois que tu pouvais la dessiner cette tulipe !

    Je ne dis rien mais, en moi-même, je pensais : elle n'a donc pas vu que ce n'est pas une tulipe que j'ai fait... La maîtresse était contente, sans doute, mais moi je ne l'étais pas, je ne pouvais me satisfaire de ce semblant de tulipe

    Il me semble que, dans ma petite tête d'enfant, je sentais bien que cette tulipe n'était pas vivante et donc que ce n'était pas une vraie fleur même si elle en avait l'apparence.


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  •   Ce matin je relisais les textes que j'ai écrits dans la rubrique: je me souviens (voir colonne à droite)...

    Et j'ai été surprise par certains que j'avais oubliés...

    Surprise aussi  de constater que cette famille nombreuse que j'avais imaginée pour tenir compagnie à ma solitude,( j'étais une enfant qui parlait peu et ne bougeait guère)

    Cette famille qui  transformait tout en chansons et en danses,

    cette famille pour qui chaque jour était une fête...

    cette famille que j'avais longtemps attendue...et puis que j'avais oubliée...trop occupée par les personnes réelles que je rencontrais...

    cette famille occupait à nouveau mes rêves, sous une autre forme, certes, avec d'autres visages, d'autres noms, d'autres préoccupations...

    mais toujours des chants et des danses et la joie de vivre...

    Il devient vital de les rendre encore plus vivants

    Etres de chair ou êtres imaginaires, lesquels sont les plus vrais?

     


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    Je me souviens.

    J'étais à l'école primaire.

    A la récréation, une institutrice avait  décidé de punir une de ses élèves qui, et ce n'était pas la première fois,

    avait mouillé sa culotte....Et pour lui faire honte, comme si la honte n'était déjà pas assez grande de s'être

    ainsi oubliée,elle lui avait mis sa culotte sur la tête et , d'autorité , elle avait demandé à toutes  de faire la

    ronde autour d'elle...Certaines avaient l'air de trouver cela très drôle...mais moi j'étais horrifiée...mais je n'ai

    pas osé désobéir....Cette scène est restée en moi et j'en éprouve de la honte  à chaque fois que j'y pense...

    et de la colère pour cette maîtresse malfaisante....


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  • "'L'inconnu nous offre souvent la possibilité de découvrir de nouvelles richesses en nous, le connu nous rend prisonnier de nos habitudes."

    C'est ce que Daniel écrit aujourd'hui sur son blog

     

    .

    Il y a quelques  jours, je lisais aussi J P Brouillaud et je m'étonnais de le voir rire  alors qu' il est dans un pays inconnu, qu'il il ne retrouve  pas sa tente et qu' il est aveugle ..

    .Et il rit alors qu'il s'est perdu...

     

    Un autre aussi raconte que lorsqu'il était enfant, il a pris un autre chemin que celui qu'il prenait habituellement pour rentrer de l'école et il s'est perdu...et il était presque déçu lorsqu'il a aperçu sa maison...l'aventure était finie...

     

    Moi, j'ai  toujours eu une peur panique de me perdre et cela ne s'arrange pas... et quand la panique vous prend, évidemment cela ne vous aide pas à vous retrouver...

    Le premier souvenir que j'ai :

    J'avais huit  ans et ma mère m'avait envoyé  chercher du lait...La laiterie se trouvait au fond d'une impasse, à cinq cents mètres de chez nous...et bien qu'ayant fait plusieurs fois le trajet avec elle, j'ai trouvé moyen de me perdre et j'ai demandé mon chemin à un passant...quand je suis revenue et que j'ai raconté ma mésaventure à ma mère,  celle-ci m'a crié après en me traitant d'incapable...et depuis lors, je me suis estimée incapable de 'm'orienter aisément comme tant d'autres savent le faire


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