• "'L'inconnu nous offre souvent la possibilité de découvrir de nouvelles richesses en nous, le connu nous rend prisonnier de nos habitudes."

    C'est ce que Daniel écrit aujourd'hui sur son blog

     

    .

    Il y a quelques  jours, je lisais aussi J P Brouillaud et je m'étonnais de le voir rire  alors qu' il est dans un pays inconnu, qu'il il ne retrouve  pas sa tente et qu' il est aveugle ..

    .Et il rit alors qu'il s'est perdu...

     

    Un autre aussi raconte que lorsqu'il était enfant, il a pris un autre chemin que celui qu'il prenait habituellement pour rentrer de l'école et il s'est perdu...et il était presque déçu lorsqu'il a aperçu sa maison...l'aventure était finie...

     

    Moi, j'ai  toujours eu une peur panique de me perdre et cela ne s'arrange pas... et quand la panique vous prend, évidemment cela ne vous aide pas à vous retrouver...

    Le premier souvenir que j'ai :

    J'avais huit  ans et ma mère m'avait envoyé  chercher du lait...La laiterie se trouvait au fond d'une impasse, à cinq cents mètres de chez nous...et bien qu'ayant fait plusieurs fois le trajet avec elle, j'ai trouvé moyen de me perdre et j'ai demandé mon chemin à un passant...quand je suis revenue et que j'ai raconté ma mésaventure à ma mère,  celle-ci m'a crié après en me traitant d'incapable...et depuis lors, je me suis estimée incapable de 'm'orienter aisément comme tant d'autres savent le faire


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  • Pur esprit, à quinze ans , comme j'aurais aimé l'être...
    Ne plus être attaché à ce corps si pesant, si encombrant,
    si terne, si limité
    et pouvoir vagabonder au gré de ses désirs,
    dans les terres les plus lointaines,
    dans les lieux les plus secrets,
    entrer et voir et ressentir,
    s'enrichir de toutes les vies que l'on croise,
    pénètrer incognito partout où celà vibre...

    Ah! quel rêve merveilleux !
    jouer au passe-muraille,
    s'envoler là-haut et toucher les étoiles,
    faire la course avec les nuages..
    approcher au plus intime,
    de tous les êtres qui m'attirent ,
    sans crainte de les importuner,
    pouvoir être,en plusieurs lieux à la fois;
    n'est-ce pas magnifique?

    Oui mais
    les purs esprits n'ont pas de racine,
    les purs esprits ne font pas d'enfants.
    que ressentent-ils les purs esprits?
    Vivent-ils d'amour ?


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  • J'avais décidé, très jeune, de ne rien ressentir.

    Non, c'est faux, je n'avais rien décidé du tout.

    J'étais anesthésiée, ma vie se déroulait  en dehors de moi, à côté de moi...

    Qu'aurais je pu décider?

    Ne rien ressentir pour ne pas souffrir

    Ainsi, je n'étais pas concernée par les décisions que l'on m'imposait.

    Quand ma mère m'a dit ( j'avais alors huit ou neuf ans) que je n'irai plus jouer dans l'impasse avec les autres enfants du quartier, il n'y avait presque que des garçons , je n'ai même pas eu l'idée de protester  et j'ai laissé mes frères descendre et s'amuser avec les autres et je me suis réfugiée dans un monde imaginaire...

    Je n'étais pas malheureuse, j'avais au-dedans de moi toute une famille heureuse: ils chantaient , dansaient, riaient, ils s'écoutaient...Je les regardais,  et cela suffisait pour que je partage leur bonheur...J'avais un cahier où j'avais noté leur prénom, leur âge...Ce qu'ils vivaient me concernait plus que ce que l'on m'obligeait à vivre


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  •  Longtemps, j'ai voulu être invisible. A présent, je pense qu'être vu offre plus de bonheur et que l'état de passe-muraille n'est attrayant que s'il dure peu de temps.
      En fait, ce que je désiraisc'était d'être un ange...Est-ce le film de Wim Wenders qui m'a montré l'inanité d'un tel désir ? Est-ce d'avoir vu les anges se désoler de n'avoir pas de corps qui m'a fait aimer le mien ? Car comment aimer les autres, comment entrer en relation avec eux sans s'incorporer dans cette matière, si imparfaite soit-elle....Certes, elle nous limite...Finie la capacité d'être là et ailleurs, dans cent lieux différents....Mais là où je suis, enfin je suis totalement présent et dans cette présence je peux m'épanouir pleinement....
      Quelle merveille ! Habiter un corps et le ressentir comme totalement sien, aussi vraie que cette flamme intime  qui brûle en nous et fait notre originalité ! Ne plus traîner son corps par une corde afin qu'il ne nous échappe pas ( c'est ainsi que je me représentais dans mon jeune âge) ... ne plus traîner son corps..mais être lui, simplement, intimément...

    Longtemps j'ai ignoré que je pouvais préférer une couleur à une autre. Préférer c'était choisir et choisir c'était exclure.
    Exclure qui que ce soit ou quoi que ce soit, ne serait-ce qu'une couleur, n'était-ce pas m'exclure moi aussi, m'ôter le si peu de vie que j'avais, évidemment je ne pouvais pas me le permettre.

      Longtemps j'ai séjourné dans une demeure sans portes ni fenêtres. Le dehors, j'ignorais qu'il existait. Un jour, un orage survint, un pan de mur explosa et le soleil pénétra et me laissa tout ahurie...Je survécus à sa chaleur, j'appris à l'aimer...Il me devint nourriture et c'est avec étonnement, à présent, que je pense à ces années enfouies dans les ténèbres.....

    Des ténèbres à la lumière, de la lumière aux ténèbres, ainsi va  la Vie.


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  • L'écriture vient en marchant, me dit Azalaïs.

    Je me garderai de la contredire  car j'en ai souvent fait l'expérience : me voilà partie sur le chemin et, soudain parfois,

    une phrase s'inscrit dans ma tête et je sais que c'est celle-là qui convient, que c'est celle là qui commencera

    mon modeste récit..je rentre chez moi, je m'asseois et les mots m'arrivent légers et joyeux...

    Mais il n'en est pas toujours ainsi.

    Ce matin, après avoir fait ma toilette et pris mon petit déjeuner, je sens la fatigue qui m'amollit  (cela m'arrive parfois, je sais qu'il faut s'accorder un peu de repos et surtout ne pas s'appesantir sur cet état désagréable mais éphémère....

    Et voilà que ce présente à moi l'image de la maison de mes grand-parents et les quelques jours assez rares où nous y avons séjourné quand nous étions enfants....Pour moi, c'étaient de bons moments....Nous étions à la campagne, il y avait de l'espace, des animaux :des poules, des  lapins, des chiens , des vaches et un cheval nécessaire  pour les travaux de la ferme. J'aimais cette nouveauté qui s'introduisait dans notre vie quotidienne et la présence de la famille élargie.

    Ma mère appréciait beaucoup moins, sans doute, cette vie à la campagne lui rappelait un peu trop une enfance douloureuse à la campagne aussi mais dans des conditions misérables ou peut-être craignait-elle aussi que mon père renoue avec son amour de la terre et décide de reprendre ce métier de paysan qui, pour lui, était certainement le plus beau du monde.

    Aussi, les vacances avaient beau être longues, nous restions la plupart du temps dans notre petit appartement en ville.

    Chaque fois que je tentais d'aider maman dans les travaux ménagers, je me faisais réprimander car je n'avais pas les bons gestes, j'étais maladroite, rêveuse, étourdie...

    Elle ne voulait pas que j'aille jouer dans l'impasse avec mes frères car, dans le voisinage, il n'y avait que des garçons...

    Heureusement, dans la rue voisine, il y avait une petite bibliothèque de quartier et j'y allais toutes les semaines, avide de vivre enfin car c'était dans les livres,  c'était uniquement dans les livres que se trouvait la vie , c'est du moins ce que je pensais alors....et c'est cela qui m'a permis de  survivre et de découvrir plus tard la vie réelle...

    C'est curieux comme il suffit d'une image et d'un peu de disponibilité pour que tout un flot de souvenirs revienne à la surface.


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