• Il avait toujours été ainsi,prêt à croire aux mirages,il ne changerait donc jamais.
    iI lui fallait s'éprendre d'un être qui devenait pour lui symbôle de liberté créatrice,de plénitude et d'enthousiasme.
    Il était alors prêt à le suivre aveuglément,quelques soient ses déviances,ses excentricités et les injustices qu'il pouvait commettre à son égard comme à celui des autres.
    Passionné par son art,il était prêt à ramper,à s'humilier, à se compromettre pour pouvoir suivre celui ou celle qui lui permettrait,pensait-il, de vivre l'extase...d'aller plus loin dans sa création...
    Au dieu créateur,il pouvait tout sacrifier:famille'amis,travail,plus rien ne comptait...
    Mais le chant des sirènes conduit toujours à la destruction...La création,elle,appelle à la vie...
    Devra-t-il toute sa vie croire aux mirages?


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  •   Quand je l'ai rencontré pour la première fois,il y a plus de trente ans,il avait une seule idée en tête : trouver une femme et l'épouser,la faire sienne et rompre cette solitude qui lui pesait...
      Aujourd'hui,des amis me parlent de lui: ce pauvre garçon n'a pas changé.Plus que jamais,car le temps presse désormais,il ne songe qu'à trouver la compagne de sa vie.C'est devenu une obsession qui tourne au délire,il est persuadé que tous les êtres qui vivent seuls n'agissent que dans cette seule intention.A chaque fois,il se heurte à leur incompréhension.Il interprête comme une avance le moindre intérêt,la moindre invitation ou conversation qu'une femme lui accorde...Et chaque fois il espère,et chaque fois il est déçu et vitupère contre la légèreté féminine.
      Trente ans d'échec ne lui ont rien appris: il se précipite sur celle qu'il convoite sans prendre le temps de vraiment faire connaissance et la belle s'enfuit avant que l'étau ne se resserre.
      Qui le fera sortir de sa coque ?


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  •   Elle était restée une semaine à la maison. Il avait tenu à l'inviter et s'était fait un devoir de lui rendre le séjour agréable:cétait sa cousine germaine,des souvenirs joyeux unissaient leur enfance et il y a quelques mois,elle avait perdu son compagnon et sa solitude actuelle lui était pesante.
      Comment aurai-je pu refuser de l'accueillir?Bien que réticente avant même son arrivée,je ne m'étais pas sentie le coeur de la repousser...Je savais bien pourtant que sa seule présence allait rendre l'air irrespirable.Vous vous étonnez sans doute,vous qui ne l'avez aperçue qu'un moment lors d'une visite rapide...Vous l'avez trouvé charmante et si gentille...si souriante..toujours un compliment à la bouche...Moi aussi d'ordinaire,j'aime bien les gens génèreux et attentifs...mais à une condition...c'est que cela ne soit pas du toc,de la parade..
      Or cette chère cousine savait,devant le monde, se rendre mielleuse et douce à souhait...elle nous en servait des tonnes de gentillesse...Des couches et encore des couches...Et,tout à coup, par derrrière,le miel devenait fiel,le compliment vous agressait d'un mot piquant et se changeait en plainte, en critique perverse...sous prétexte de vous rendre service,elle se débrouillait pour vous mettre mal à l'aise,vous courroucer et elle prenait un air de victime qui redoublait encore votre malaise.
      Avec d'autres,il eut suffi de se parler  pour que chacun s'adaptant à l'autre, tout aille mieux...avec elle ,c'était impossible..elle seule avait raison,toujours raison...Mieux valait se taire ou abdiquer...
      Enfin,la semaine prévue s'écoula...je fis des efforsts désespérés pour demeurer polie,correcte...et j'eus enfin la joie non exprimée,comme il se doit, de la conduire à la gare pour qu'elle prenne le train...Elle me remercia avec insistance,ce qui contribua à m'exaspérer davantage ... j'ai horreur des gens qui font semblant...Puis elle me tourna le dos pour aller vers le quai...Je crus en avoir fini avec elle et je m'en allai en explosant de joie..
      .Mais je me demande pourquoi sa présence me fut si  intolérable...J'aurai pu rire de ses travers ?Me dire qu'une semaine,c'était vite passé?  Je me demande encore pourquoi sa présence a  provoqué en moi tant de colère et d'angoisse ?


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  •   Hier,vos réactions face au petit soldat,m'ont permis de comprendre,et je vous en remercie,que je vous avais bien mal parlé de lui...Vous l'avez trouvé malheureux et bien peu valeureux,en un mot plutôt pitoyable et c'est vrai qu'il peut paraître ainsi car je ne vous ai pas tout dit,je ne vous ai pas dit l'essentiel...Certes,tout comme le héros de la chanson de Charlot (Limeligth) il aurait pu mourir d'amour et il était bien parti pour...Si modeste fut-il,il attendait au moins un sourire de sa reine bien-aîmée et,elle, elle le dédaignait..et d'abord il en fut très malheureux...Mais comme il avait horreur de se bercer d'illusions,il comprit très vite que,de sa souveraine,il ne devait rien attendre sinon il allait à sa perte...Et il décida que,désormais il l'aimerait pour rien,sans rien attendre en retour,pour l'amour de l'amour..Aimer ainsi,c'est savourer une joie divine,une joie inaltérable...Et dès lors,il demeura dans la joie,riche et embelli de tout l'amour qu'il donnait...Il rayonnait tant que toutes les jeunes filles qu'il croisait le trouvaient  très attirant...Je peux vous en parler car je l'ai connu de très près...Dites-moi,de la reine qui ne savait ni donner ni recevoir et du petit soldat,qui goûtait le plus grand bonheur?
      Vous pourriez me dire encore que ce petit soldat était bien peu guerrier,c'est vrai mais les hommes sont-ils faits pour la  guerre ou pour vivre d'amour ?Même si nous en sommes loin,je rêve d'un temps où les soldats seront troubadours !


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