• - OH ! me dit-elle, j'ai fait une chute et je ne me suis rien cassée

    Et je sens de la fierté dans sa voix.

    -Bravo, lui dis-je.

    -Oh oui, me répond-elle, cela prouve que j'ai bien pris soin de moi.

    Elle a 93 ans et vit seule dans son appartement.

    Et elle poursuit: 

    Ce qui m'a étonnée, c'est que je me suis retrouvée pr terre dans ma salle de bains et je n'ai ressenti aucune peur...

    Très calmement, et en douceur, je me suis relevée. J'étais toujours vivante et je n'avais rien de cassé.

    J'ai pris ma douche et ensuite je me suis frottée à l'arnica sur les zones endolories....

    Et cet après-midi, je me suis mise à écrire tout ce qui me passait par la tête sans m'interroger pour savoir si c'était bien ou mal dit.

     

    Cette chute qui aurait pu être le commencement de la fin a été pour elle, au contraire, le signe d'un renouveau,

    d'une remise en route...Oui, elle a bien raison d'être fière...

    Et pendant une bonne heure, elle continue de me parler  de ses projets et de tout ce qui la passionne.

    Quelle énergie ! Quelle force de vie !


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  • Il était assis sur un banc, au bord d'un sentier qui longeait la Drôme...

    Son visage respirait  la sérénité.

    Il était visiblement heureux.

    Nous le saluons et engageons la conversation.

    Il nous dit que, l'an dernier, on lui a découvert un cancer de la prostate avec des métastases un peu partout que ses chances de survie étaient pratiquement nulles...A l'hôpital, on lui a dit qu'il était le champion du PSA ,on n'avait encore jamais vu  quelqu'un  avec un taux aussi élevé...

    Et pourtant, il était toujours là, à 90 ans, et il s'en réjouissait et il s'en émerveillait...

    N'avait-il pas tout ce qu'il fallait pour être heureux?

    Un banc, un paysage agréable et tranquille...Des promeneurs qui, comme lui, goûtaient le plaisir d'être là et qui parfois  s'arrêtaient pour lui parler...

    Et je songeais au poème de Nazim Hikmet:

    "La vie n'est pas une plaisanterie

    Tu la prendras au sérieux,

    Comme le fait l'écureuil, par exemple,

    Sans rien attendre du dehors et d'au-delà,

    Tu n'auras rien d'autre à faire que de vivre."

     


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  • Se fondre dans le décor

    Jouer au passe-muraille

    Ne pas se faire remarquer

    Surtout se faire oublier

    Elle a fait ça toute sa vie

    Elle a cru que c'était ça la vie

    C'est du moins ce qu'on lui avait dit.

     

    Elle voudrait bien faire autrement

    Mais l'habitude est ancrée en elle

    Elle ne sait pas faire autrement

    Ou bien c'est le désir de changer qui n'est pas assez fort en elle

     

    Est-ce une vie de rêve 

    ou seulement une vie rêvée,

    une vie de passe-muraille ?

     

    Elle est là sans être là

    Elle est ailleurs

    Ailleurs c'est bien plus beau

    Tout le monde le sait.


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  • Elle était intelligente autant qu'une autre

    Elle avait fait des études

    Elle avait de la culture

    Elle avait de la sensibilité

    Mais elle avait aussi très peur

    de tout,

    de rien,

    des autres, de tous les autres

    d'elle-même surtout.

    Et pour conjurer cette angoisse

    insupportable

    Elle avait choisi

    de ne comprendre

    que

    ce qu'elle avait dans sa tête

    à elle.

    Comme elle seule  avait raison,

    comme elle seule savait

    ce qui était juste et bon

    pour elle

    et donc pour la terre entière,

    il lui était tout à fait inutile

    de chercher à comprendre

    le point de vue des autres.

    Elle en était convaincue.

    Et ainsi elle vivait en paix

    et en sécurité.

     


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  • Et voilà je m'évade !

    sans cesse je m'évade !

    Les autres croient que je suis là.

    Illusion !  Ce n'est qu'une apparence !

    Moi, je ne suis pas là,

    avec ces gens qui m'ennuient , me contredisent ou  se moquent...

    Je m'évade et je crée dans mon for intérieur  un entourage à ma convenance...

    Ainsi, je ne souffre pas des contraintes que l'on veut m'imposer...

     

    Je voyage dans ma tête comme je veux et quand je veux.

    Personne ne peut m'enchaîner.

    Vous allez croire que je suis l'être le plus libre qui se puisse exister...

    Je l'ai cru aussi peut-être

    Mais je m'aperçois , à présent, que cette prétendue liberté

    ressemble à une fuite....

    Je m'aperçois que, bien souvent, je voudrai rester là où je suis,

    car les gens qui m'entourent sont charmants et attentifs...

    Et, pourtant, malgré moi, le pli est pris,

    je m'évade et vais caresser mes mes chimères...

    Et je m'attriste ensuite  d'avoir manqué la rencontre...

     

    Ainsi me parlait  un ami... et il semblait  très triste...

    Pourtant , ce jour-là, il ne s'était  pas évadé,

    nous nous étions réellement rencontrés;

    J'en étais heureuse et il pouvait l'être aussi.


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