•  

     

    Toujours il avait rêvé d'aventures

    et dans sa tête combien il en avait vécues !

     

    C'était un chercheur d'or,

    un amateur de nouveauté,

    un goûteur de beauté,

    un coureur.

     

    Mais en réalité, à cinquante ans passés, il constate

    que d'aventures, en réalité,

    il en a vécu très peu

    et encore manquaient elles de saveur,

    car il avait trop peur,

    peur du qu'en dira-t-on,

    peur de s'aliéner,

    peur de se perdre.

    Le rêve et la réalité restaient à l'opposé.

    Et la frustation en lui est devenue blessure

    béante, désespérante.

     

    Et, un jour, il a rencontré une ogresse aux yeux  de velours.

    Il s'est cru très audacieux, très courageux:

    "regardez ce que j'ose faire"

    Il s'est imaginé preux chevalier, braveur d'interdits.

    Et l'ogresse a applaudi.

    Pour le capter,

    elle lui a fait croire qu'elle était prête à se sacrifier

    à l'oeuvre à  créer.

    Elle est partie en croisade avec lui.

    Mais ce qu'elle voulait, c'était seulement le hacher menu.

    Et lui n'a rien compris et le piège s'est refermé.


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  • Encore un texte retrouvé  écrit il y a environ trente ans;

    Comme tout cela est ancien et pourtant actuel.

     

    Ami, pourquoi te battre

    avec les armes de ceux d'en face

    et pourquoi de petitesse en petitesse

    avancer la bouche pleine de fiel?

    Tu te déssèches, tu t'aigris,

    Tu te désertifies

    Et le lieu que tu veux défendre

      se rabougrit avec toi .

     

    Ami, prends un peu de hauteur,

    sois large, sois génèreux,

    délaisse la révolte stérile ,

    cesse les combats inutiles

    et invite les tous  à la rencontre.

    Crois naïvement à la fête.


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  • Jeudi 28 juin, je vous proposais un article "Fin de vie"...

    J'ai lu tous vos commentaires avec beaucoup d'intérêt.

    Je n'ai rien dit sur mon ressenti, pour laisser ceux et celles qui me liraient, libres d'exprimer le leur en toute liberté et sincérité.

    A présent je peux et veux répondre à vos commentaires.

    Non, je n'ai pas d'admiration pour cette personne qui continue à servir sa mère malgré les rebuffades et l'indifférence de cette dernière..Mais j'ai beaucoup de compassion et d'estime pour elle...Quelle blessure profonde a dû être la sienne pour qu'elle continue à espérer, contre toute attente, qu'un jour, enfin, sa mère lui montrera de l'intérêt et même un peu d'amour. Car elle n'en a jamais eu , la pauvre...Sa maman  a toujours été ainsi , égoîste et menant son monde tambour battant.

    Elle témoigne d'un peu plus de gentillesse avec son fils qui habite loin et ne vient pas souvent.

    Mais sa fille, cette lèche-bottes, toujours prête à faire tout ce qu'on lui demande, cette fille, au fond, elle la méprise et éprouve même un certain plaisir à la manipuler...Si la fille cessait d'attendre une affection que sa mère est incapable de lui donner, elle mettrait une barrière à cette possession abusive, elle n'est pas un objet, elle n'est pas une esclave...Et sentant que sa fille prend ses distances et refuse d'être manipulée, la mère lui accorderait peut-être un peu plus d'estime...

    Mais , comme le dit l'une de vous : "les ailes rognées dès le départ repousseront-elles?"

     

    Heureusement, ce n'est pas l'âge qui rend acariâtre et méchant, certains se bonifient  au contraire...

    Mais la maladie parfois change une personne...Je connais un  homme , un brave homme toute sa vie, et maintenant que sa femme est morte, il refuse de voir sa fille  s'imaginant que celle-ci veut le voler...Quelle douleur pour elle mais elle ne lui en veut pas, elle comprend bien que c'est la maladie qui lui a fait perdre la raison et elle continue à s'inquiéter de lui, à lui faire une petite visite  quand sa folie le laisse en paix...

    Bien sûr, le véritable amour,c'est aimer sans rien attendre de l'autre, trouver sa joie dans le don que l'on fait à l'autre...Mais on peut aimer et se respecter soi-même et savoir se faire respecter...

    Bien sûr, on peut se dire aussi que, pour que cette vieille femme manifeste un tel dédain envers sa fille, c'est peut-être parce qu'elle a elle-même subi de graves traumatismes dans son enfance et cela l'a rendue incapable d'aimer...

    Bien sûr, j'admire toutes les personnes qui veillent chaque jour à rendre la fin de vie de leurs parents plus douce et moins douloureuse.

    Il est vraiment difficile d'exprimer de façon juste ce que l'on ressent.

     


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  • Elle a 102 ans et vit chez elle.

    Sa fille, depuis qu'elle est à la retraite, passe le plus clair de son temps à  s'inquiéter d'elle,

    elle lui apporte chaque jour son repas en prenant soin de choisir les mets qui lui conviennent, elle fait ses achats chez les fournisseurs qui lui conviennent à elle, la mère...Qu'importe si cela oblige sa fille à faire un détour important....Elle devrait être ravie, la mère, d'avoir une fille si attentive...

    Mais non ! Jamais un merci ne sort de sa bouche !

    Sa fille a dû être hospitalisée...Elle n'a jamais demandé de ses nouvelles...Sa seule inquiètude était de savoir qui lui apporterait à manger.

    Un jour, sa fille décide de ne plus cacher ses cheveux blancs et de ne plus se faire de teinture et sa mère lui dit :" qu'est-ce que tu es laide comme ça, on dirait une vieille."

    Une autre fois, sa fille, épuisée, lui dit : "tu sais, maman, je pourrai mourir avant toi"

    Et la mère de répondre :"ça n'a pas d'importance"

     

    Et sa fille , chaque jour, continue à venir la servir.


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  •  

    Il marche

    Il va je ne sais où

    Inlassablement il marche.

     

    Il cherche

    Il ne sait pas ce qu'il cherche

    Inlassablement il cherche.

     

    Va où ton désir te mène

    lui dit une petite voix ineffable

    Va, ne t'inquiète pas

    Va ton chemin.

     

    Il a soif de beauté

    Il a faim d'une merveille

    Mais saura-t-il la reconnaître?

     

    La beauté,

    on a toujours voulu la voir,

    l'entendre,

    la toucher,

    mais pas comme on s'y attendait.

    Alors comment la reconnaître?

     

    Intranquille et paisible,

    respirer à pleins poumons.

     

    Il marche

    Il trébuche et d'un même mouvement,

    ilse relève.

    Le chemin est plein d'embûches

    qui mène à la beauté et à la paix,

    une paix où les contraires

    ne nous brisent plus

    mais sont là pour nous élargir,

    nous agrandir.


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