•  

     

    Bien assis sur sa chaise rempaillée,

    pleinement en accord

    avec cette maison qui lui était destinée

    avant sa naissance,

    en accord avec ces champs qui sont les siens,

    avec cette terre accueillante qui l'a vu naître

    et qui le verra mourir.

    Toute la vie pour lui se résume

    à ces quelques lopins de terre,

    à cette maison ancestrale

    et aux siens qui l'habitent

    ou y retournent régulièrement.

     

    Il ne connaît que cela mais il le connaît bien :

    cette terre lui a donné ses racines

    et ailleurs ne le concerne pas

    ou plus exactement ailleurs est inclus

    dans ce qu'il connaît déjà.

    Il est d'ici et de maintenant.

    Et même ce temps passé

    dont il égrène les souvenirs

    avec un si évident plaisir

    ce n'est que du passé.

    C'est l'instant d'aujourd'hui

    qui est à vivre.

     

    Il n'a pas l'habitude de recevoir des inconnus

    et pourtant il est avec nous entièrement disponible.

    Pas de regret, pas de révolte,

    à peine un peu de nostalgie...

    La vie d'aujourd'hui est bonne,

    je ne suis pas si vieux que ça, semble-t-il dire...

    L'avenir est devant lui;

     

    Je regarde ce paysan et je pense à mon père.

     

     

     

    Cet après-midi, à la radio, j'entends quelqu'un qui parle de Jean Giono qui a si bien parlé de sa terre

    et qui disait : "pourquoi partir, il y a tant de beauté à découvrir dans le talus qui est devant la maison,

    pourquoi partir? Tout est là "

    Et j'ai repensé à ce texte écrit , il y a déjà quelques années, au retour d'un petit voyage dans l'Aveyron...


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      Il était une fois deux petits yeux éberlués, un peu paumés, et toujours désaccordés...

    Quand l'un regardait à droite, l'autre regardait à gauche...

    C'était très inconfortable.

    C'était, on peut le dire, intolérable.

    Un jour, n'y tenant plus, l'oeil gauche ouvrit les volets de sa fenêtre intérieure,

    donna un grand coup à l'oeil droit qui se vit précipité dans un gouffre profond.

     

    L'oeil gauche le suivit tout en s'excusant de sa maladresse volontaire

    mais c'était la seule façon d'obtenir que son compagnon vienne avec lui dans ce périlleux voyage.

    C'est du moins ce qu'il pensait.

     

    Combien dura leur chute?

    On ne peut le dire.

    Le temps s'était arrêté.

     

    Le tic-tac de l'horloge reprit  quand ils atteignirent le fond   du gouffre.

    L'oeil droit était si éberlué qu'il en oublia de se plaindre et regarda l'oeil gauche qui lui souriait.

    Il ne le vit pas car au fond du gouffre il faisait très noir

    mais il sentit son sourire qui l'auréolait d'une douce chaleur.

    Ils s'approchèrent l'un de l'autre et avancèrent tout droit.

    Une étendue glacée s'ouvrait devant eux.

    Ils se mirent à patiner, légers, rapides, allègres.

    Ils dansaient, ils voltigeaient, ils s'envolaient.

    Le froid de la glace les avait mis en mouvement et au plus profond du gouffre

    où ils avaient trouvé leur unité et merveille ils n'étaient plus désaccordés....

     

    Leurs querelles s'étaient envolées dans un passé nébuleux...

    Ils se trouvèrent bientôt rassénérés et pétillants de malice

    grâce à cette course folle sur l'étendue glacée...

     

      Alors l'oeil droit tapota l'épaule de l'oeil gauche et lui dit :

    Il est temps de rejoindre nos petites maisons

    Désormais ensemble nous scruterons le même horizon

     

     


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  • Depuis l'an dernier, la mairie offre, à l'occasion de la nouvelle année, un goûter aux personnes âgées de la commune.

    et je trouve que c'est une excellente initiative puisqu'elle favorise les rencontres...

    C'était, il y a deux jours.

    L'an dernier un chanteur était venu égayer  la rencontre.

    Cette année, c'est un diaporama sur le Vietnam qui nous est proposé et c'est celui qui a  fait ce voyage qui nous le commente.

    Et j'ai la surprise  d'entendre plusieurs personnes parmi les villageois poser des questions et manifester un grand intérêt à tout ce que nous expliquait le commentateur. Ainsi donc leur âge et leurs problèmes de santé ne les empêchait pas de rester curieux et passionnés par ce qui se passait  loin de chez eux.

    Ce qui a le plus touché et même émerveillé celui qui nous présentait les photos, outre les beaux paysages, c'est l'accueil simple et chaleureux des gens de ce pays...Ils ont beau être dans des conditions de vie difficiles et même parfois misérables, ils gardent le sourire et reçoivent les voyageurs avec confiance et générosité...Trop de confort rendrait-il craintif et méfiant?

    Ensuite, évidemment, nous avons mangé la galette et dégusté  une clairette et chacun a  pu prendre des nouvelles des uns et des autres...Ce fut un bon moment...Chez nous  aussi, les sourires fleurissaient sur les visages.


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  • Elle  a une heure à attendre.

    Elle s'installe à une terrasse de café.

    Elle commande un café.

    C'est un tout jeune homme qui vient la servir.

    Elle engage la conversation.

    Il lui explique qu'il est là pour apprendre le métier de serveur.

    Sa vie à lui, c'est la mer, c'est la pêche.

    Mais sa petite amie habite Milan et il veut la rejoindre.

    Ses parents veulent bien l'accueillir.

    Mais il faut qu'il trouve un travail là-bas.

    Alors serveur, pourquoi pas ?

     

    Alors elle lui conseille d'avoir une tenue un peu plus stylée, il a en effet la chemise qui sort du pantalon, ce n'est pas très class.

    Et puis elle se permet de lui dire qu'il pourrait aller la voir quelques jours.

    Et puis , elle, elle viendrait le voir pendant les vacances, elle est étudiante...

    Peut-être qu'elle se plairait  dans ce charmant village de Cefalù...

     

    Elle nous rejoint ensuite toute contente de cette rencontre inattendue...

    Elle pense lui avoir donné de bons conseils...Les suivra-t-il?

    Non, sans doute...

    Mais elle lui a dit ce qu'elle pensait, ce qu'elle ressentait.

    Ils ont vécu ce moment de partage.

     

    Et moi, je m'étonne et m'émerveille de cette facilité de contact que certaines personnes ont

    et qui leur permet d'aborder des choses essentielles avec le premier venu.


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  •  

    Nous rentrons de promenade.

    Lorsque nous arrivons près de chez nous, nous rencontrons une dame qui habite le village depuis toujours puisqu'elle y est née, elle se promène avec son chien.

    Nous lui proposons un rafraîchissement et nous  nous installons dans le jardin. Le chien se couche sous la table, il est très calme , et nous l'avons oublié.

    D'abord nous parlons du temps, nous nous réjouissons que le soleil soit revenu...De plus le vent est très calme lui aussi , juste une brise légère...et la chaleur est idéale...Finie la canicule....C'est vraiment un temps idéal.

    Puis la dame nous parle des petite ballades qu'elle a faits récemment et elle dit:  hier, on est allés sur ce sentier...aujourd'hui on a pris le chemin plus à droite...et je me demande  avec qui elle  se promenait puisqu'elle emploie un pluriel...  Mais enfin, suis-je sotte elle se promenait seule avec son chien et, pour elle, c'est un excellent compagnon...

    Puis elle nous a parlés de tous les anciens qui habitaient le village autrefois et qu'elle a connus dans son enfance et sa jeunesse.Ils étaient peu nombreux et beaucoup de maisons étaient plus ou moins abandonnés.

    " Maintenant,nous dit-elle, je n'ai plus l'occasion de m'arrêter au village, je  connais peu les nouveaux habitants, il n'y a plus de commerces...Autrefois, il y avait deux épiceries et deux cafés..."

    J'aime bien  ces rencontres inattendues et qui permettent d'en savoir un plus sur les lieux où nous habitons;


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