• Il y a des mois et des mois que je voulais aller la voir.

    C'est une ancienne collègue.

    Je sais qu'elle sera ravie de me voir mais qu'elle ne se déplacera pas elle-même pour venir jusqu'à moi.

    Donc, ce jour-là, je me décide.

    Tout d'abord, nous nous donnons des nouvelles des uns et des autres, des nouvelles de nos enfants, de nos autres anciennes collègues. Mais très vite, elle en vient à me parler de ce qui la préoccupe le plus.

    Ma soeur, me dit-elle, je ne sais pas quoi faire avec elle...Depuis qu'elle a perdu son mari, de la maladie d'Azheimer, elle sombre dans une profonde dépression....Elle est persuadée qu'elle a mal soigné son mari, qu'elle ne l'a pas fait entrer dans la maison de santé qui lui aurait convenu et que ses derniers mois sur cette terre ont été atroces et que c'est elle qui en est la cause parce qu'elle n'a pas su prendre les bonnes décisions. Et comme ce n'est pas vraiment elle qui a pris la décision , c'est son autre soeur  qui habite près de chez elle  et qui, voyant qu'elle n'arrivait pas à choisir un établissement ou un autre, c'est elle qui a dicté son choix...de sorte que, non seulement elle s'en veut à elle-même mais elle en veut aussi à sa soeur qui fait tout ce qu'elle peut pour l'aider mais n'y parvient point...Et ses enfants sont tout aussi impuissants à la sortir de ce cercle infernal.

    Elle est elle-même partie, ces jours-ci, dans une clinique spécialisée...Ses proches vont respirer un peu peut-être, reprendre des forces pour son retour... Je l'espère mais je sens ma collègue bien préoccupée et même angoissée....

    Reviens en début d'après-midi, on aura ainsi plus de temps pour bavarder, me dit-elle au moment où je m'en vais.  Je ne peux que l'écouter mais c'est moins que rien. Je reviendrai.

     


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  • Je  fais du rangement.

    Dans un tas de revues que je n'ai pas consultées depuis des années, je découvre un texte écrit  après une rencontre.

    J'avais complètement oublié  et puis, au fur et à mesure que je lis, tout me revient en mémoire : la surprise d'abord, puis la joie de rencontrer quelqu'un avec qui l'échange se fait aussi aisément...

    Ce moment là est loin, quinze ou vingt ans,et pourtant si proche.

     

    j'attendais, le nez en l'air, devant les marches du Théâtre de la ville, un soir de juillet.

    un concert gratuit d'un chanteur pour moi inconnu allait commencer et j'avais l'esprit à la découverte.

    Je me demandais pourquoi l'heure n'était pas tout à fait respectée.

    D'autres personnes attendaient, les uns assis sur les marches, les autres debout, les uns bavardant avec leurs voisins, les autres solitaires et muets...J'en remarquais un, pas comme les autres, d'abord parce qu'il était en vélo, avec ses bagages dans les sacoches...Sans doute n'était-il pas là pour le spectacle? me dis-je....Mais alors pourquoi attend-il?

    Mais voilà que ce jeune homme me demande l'heure, puis il me demande si je connais le chanteur qui doit venir ce soir. Et d'une question à une autre, nous voilà en grande conversation, le temps s'est accéléré d'un coup.

    Il m'explique qu'il est parti de chez lui, dans le Nord, depuis un mois mais qu'il va s'arrêter dans la région car ila un travail pour l'été...Il est passé dans la ville, il a vu l'affiche du spectacle, il a eu envie de s'arrêter, il espère seulement qu'on lui laissera rentrer son vélo pour qu'il soit en sécurité avec ses bagages.

    On nous fait signe de rentrer, le spectacle précédent est terminé...Place au suivant.

    On lui montre un endroit où il peut déposer son vélo...Je le vois un peu plus tard, dans la salle, quelques rangées devant moi...toujours affable et souriant...Il échange quelques mots avec la personne qui est derrière lui, puis avec sa voisine de droite, puis avec une autre...Pour quelqu'un qui est de passage et ne connaît personne dans al ville, vraiment, il m'étonne...Et je l'envie pour cette aisance admirable dans la relation, pour cette sagesse en lui qui lui a permis de comprendre que l'essentiel est dans les liens, durables ou éphémères quenous tissons avec les autres;

    Pour moi, il fut comme un rayon de soleil...

    Comme la vie serait plus simple et joyeuse si'ils étaient plus nombreux comme lui...Ce serait contagieux.

     


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  • Il y a  quelque temps, je reçois un mail invitant à  un don de livres en faveur d'une association humanitaire locale "Les amis  dogon"

    L'an dernier, la foire aux livres a permis de vendre 4000 livres, aussi ont-ils besoin de refaire leur stock pour la prochaine vente en octobre...

    Je contacte ma voisine, je cherche moi-même dans ma bibliothèque..et me voilà avec deux gros paquets de livres...

    Et nous nous rendons  à l'une des adresses indiquées...

    Et c'est un monsieur qui interrompt ses travaux de jardinage pour nous recevoir...

    Il nous explique que cette association existe depuis 2008 et que les premières années, ils se rendaient chaque année dans les villages du Mali auxquels ils proposent leur aide et que maintenant ce n'est plus possible , c'est beaucoup trop dangereux...Il n'y a plus un touriste dans cette région...Et c'est une misère terrible pour ces pauvres gens qui sont encore un peu plus appauvris  à cause de la guerre et ils risquent leur vie chaque jour...

    Il nous explique ce que l'association tente de faire pour  réaliser des objectifs bien précis :

    création d'une école,  forage d'un puits, création d'un dispensaire...

    Outre la vente de livres chaque année, ils font des interventions dans les écoles ( quand on le leur demande) pour expliquer leur travail et   surtout pour expliquer la manière de vivre des gens de là-bas...Et il nous disait combien il avait été  étonné et ravi de  répondre  à toutes questions que les enfants posaient...

    Ils ont été tellement réceptifs qu'ils  ont eux-mêmes proposé de faire et de vendre des gâteaux à la sortie de l'école pour pour pouvoir apporter  leur contribution. Et cela a tellement bien marché qu'au bout de quelques semaines, ils ont pu donner  mille euros...

    Cet homme respirait la joie de vivre et de s'entr'aider..Non, La France  n'est pas  perdue, il y a encore des gens qui  ont le sens de la justice  et beaucoup de générosité...

    Je ne suis pas disponible pour leur prochaine rencontre mais j'ai bien envie de les connaître un peu mieux, les gens de cette association...Cela redonne du courage.

     

     


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  • Ce matin, je sors de chez moi pour mettre une lettre  dans la boîte postale qui se trouve tout près...Et voilà qu'une dame  qui arrive  en voiture s'arrête et me hèle comme si elle me connaissait...

    Moi, je ne la reconnais pas mais je ne suis pas très physionomiste et il me faut parfois un peu de temps pour reconnaître les personnes que je ne vois pas très souvent...

    - Alors, vous habitez toujours ici, me dit -elle..Vous vous souvenez , j'étais passée il y a 5 ou 6 ans....Vous n'avez pas changé..Et Fanny va toujours bien ?   (Il n'y a pas de Fanny à la maison mais qu'importe).Je vais vous donner ma carte...Votre mari est à la maison ? quelle est sa pointure? J'ai des chaussettes inusables et qui ne serrent pas la cheville...Venez voir...Et elle sort de sa voiture, ouvre la porte de son coffre...et elle me montre des slips et des petites culottes, me vante leur qualité...

    Elle prend un air stupéfait quand je lui dis que je n'en ai pas besoin....

    Mais quand même pour un euro?

    - Un euro, lui dis-je, et je m'apprête à garder la paire de chaussettes qu'elle m'a collée dans les mains

    - Alors, me dit-elle, vous me prenez quelques culottes

    Et comme je lui redis que j'en ai assez, que je n'en ai pas besoin, elle me prend sa carte et et la paire de chaussettes et s'en va en maugréant : - Tant pis pour vous si vous ne savez pas profiter des cadeaux que l'on veut vous faire...

    Comme le dit la chanson, l'aventure est au coin du chemin.

     


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  • Je sors de chez moi pour aller voir une voisine.

    Je rencontre deux jeunes enfants qui déambulent et me disent bonjour.

    Je leur réponds et nous commençons un brin de causette...

    - C'est que nous sommes chez notre mamie et nous lui avons dit que nous voulions nous promener dans le village, me disent-ils tout fiers de cette liberté qu'on leur accorde...

    Ils ont l'air bien éveillés et raisonnables et je leur souhaite une bonne promenade...

    Un moment après, je rentre chez moi et je les retrouve presque au même endroit. Le coeur du village est petit et on a vite fait d'en faire le tour...On se salue ànouveau et je vois qu'ils ont quelque chose à  me dire

    - Vas-y, dit la grande à son frère qui doit avoir 5 ans ...Et le petit s'approche et me dit :

    -Est-ce que vous voulez faire de la course à pied ou une promenade avec nous ? me demande-t-il.

    J'aimerais leur faire plaisir,ils sont bien sympathiques tous les deux et j'aimerais vraiment les connaître tant le contact est facile avec eux...mais on m'attend à la maison...

    - Une autrefois, leur dis-je

    Mais je suis très flattée quand même qu'ils m'aient cru capable de faire de la cours à pied avec eux, ce qui , hélas, n'est plus dans mes possibilités....


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