• Elle dit : tu as menti

     

    Et lui ne comprend pas

    Et lui ne la croit pas.

    Il croit à ce qu'il a dit :

    C'est ça, juste ça qui est vrai : ce qu'il a dit...

     

    Il a seulement besoin que la réalité s'aligne sur ce qu'il désire  qu'elle soit

     

    Et il suffit qu'il dise avec des mots ce qui lui convient à lui

    pour que la réalité se transforme au gré de ses souhaits :

    il croit naïvement que ses mots ont ce pouvoir...

    IL croit vraiment à ce qu'il a dit...

    Non, il ne ment pas.

     


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  • Il a 93 ans cette année.

    Je vais le voir dans la maison de retraite où il vit désormais.

    il m'a beaucoup aidé ,quand j'étais adolescente, à m'ouvrir aux autres, à faire confiance en la vie.

    Il est voûté, il n'a plus très confiance dans ses jambes.

    "Trop d'arthrose, me dit-il, maintenant je prends une canne, tant pis si ça fait vieux"

    Dans sa tête, tout est limpide et vivant.

    Il me parle de ses émerveillements, de ses étonnements, de ses déceptions aussi...Je vois ses yeux briller.

    Et il me dit :"Quand j'essaie de faire le bilan de ma vie, j'ai l'impression de n'avoir pas fait grand chose, je ne sais pas , mais alors je me dis: aujourd'hui est un jour nouveau, tout neuf, qu'est-ce que je peux faire aujourd'hui pour être utile, pour aider tant soit peu les autres?   C'est cela qui importe."

     

    Il a encore bien des choses à partager, ce cher vieil homme.


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  • Elle était très égocentrique.

    Elle pouvait parler de ce qu'elle faisait, de ce qu'elle aimait ou n'aimait pas,  de sa vie quotidienne pendant des heures.

    Elle ne s'en lassait pas et il semblait qu'il lui était impossible de  saisir que les autres pouvaient avoir un autre ressenti que le sien.

    Les premières fois que je la rencontrais, je fus vite lassée par le discours superficiel qui était le sien et je préférais ne pas rechercher sa présence tout en demeurant cependant aimable quand je ne pouvais l'éviter.

    A chacun son caractère et ses défauts, il faut de tout pour faire un monde, voilà ce que je me disais...

    Aussi  quelle ne fut pas ma surprise récemment où, montant ensemble dans un bus, elle me montra la seule place assise  qui restait disponible  et elle me dit : "Assieds-toi vite, je vois que tu es fatiguée"

    Et c'est vrai, j'étais très fatiguée...Elle avait donc été capable de s'en apercevoir et de me proposer  ce siège alors qu'elle était devant moi et qu'elle aurait pu s'asseoir sans que cela me paraisse incorrect.

    Méfions-nous des préjugés, des jugements , me dis-je en moi-même.

    Les visages sont parfois plus beaux que les masques qui les recouvrent.

     


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  • Elle était raide, empotée, pas dégourdie pour deux sous.

    Sa mère ne cessait de lui répéter, de lui seriner :"Mais non, ce n'est pas comme ça qu'il faut faire, tu t'y prends mal...Mais que tu es maladroite, on ne peut rien te confier"

    Et elle avait fini par y croire...

    Dès qu'elle devait affronter une situation nouvelle, elle s'affolait ....persuadée qu'elle ne s'en sortirait pas sans l'aide de quelqu'un de plus expérimenté qu'elle, de plus dégourdi...

    Ce n'est que vers quarante ans, lorsqu'elle s'inscrivit à un cours de yoga qu'elle découvrit  avec stupeur que d'autres étaient bien plus raides qu'elle.

    Et quelques années plus tard, interpellée par une amie, elle osa s'inscrire à un atelier de danse biodynamique, elle s'aperçut enfin qu'elle était souple et légère et que, tout comme les autres, elle pouvait épouser la musique et s'en enchanter...et trouver d'emblée le geste juste et harmonieux;

    Quelle délivrance !

    Enfin pouvoir habiter son corps et s'y sentir bien, chez soi en somme...

    Et cesser de croire que les autres étaient toujours plus habiles qu'elle, plus capables.

    Enfin naître ou renaître


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  • Il y a des gens comme ça.

    il y a des gens,

    il vaut  mieux qu'ils ne vous aiment pas.

     

    Dés qu'ils vous aiment,

    c'est la croix et la bannière.

    Vous ne vous en sortez plus.

    Vous voilà ficelés, décérébrés, encagés 

    Vous voilà transformés en objets d'amour.

    Vous n'avez plus besoin de penser,

    on pense pour vous,

    on sait pour vous ce qui est bon et ce qui ne l'est pas.

     

    Vous n'avez plus qu'à vous laisser faire.

    Ah ! si ! Vous avez le droit de remercier.

    votre avenir est assuré.


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