• Croqueurs-de-mots    Un poème sur l'hiver !

    Evidemment, je pense au bonhomme de neige de Prévert...

    Souvent je l'ai fait apprendre à mes élèves...ou tout au  moins, je l'ai proposé à leur lecture;

    et qu'il soient petits ou grands, ils se régalaient à l'écouter.

    Nous avions un rituel. Chaque matin, avant de commencer le travail, je leur lisais un poème nouveau et nous l'affichions sur un panneau où résidaient trois poèmes..Ils pouvaient voter, mettre un, deux ou trois petits cartons...Chaque matin le poème qui avait le moins de ces petits cartons  disparaissait pour laisser la place au nouveau poème...

    Parfois, c'étaient les enfants eux-mêmes qui proposaient un nouveau poème et le lisaient.

    C'était un moment que tous les enfants aimaient et quand je leur donnais la possibilité d'apprendre un poème au choix, nombreux étaient ceux qui allaient en choisir un dans la boîte où tous les poèmes étaient conservés...

    Ce sont de bons souvenirs pour moi comme pour eux, je l'espère.

     

     

     

    Chanson pour les enfants l'hiver

    Dans la nuit de l'hiver
    Galope un grand homme blanc
    C'est un bonhomme de neige
    Avec une pipe en bois,
    Un grand bonhomme de neige
    Poursuivi par le froid.
    Il arrive au village.
    Voyant de la lumière
    Le voilà rassuré.
    Dans une petite maison
    Il entre sans frapper ;
    Et pour se réchauffer,
    S'assoit sur le poêle rouge,
    Et d'un coup disparaît.
    Ne laissant que sa pipe
    Au milieu d'une flaque d'eau,
    Ne laissant que sa pipe,
    Et puis son vieux chapeau.


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    " Si vous n'ouvrez pas la fenêtre

    à la pointe du jour

    C'est dommage pour vos oreilles

    pour les paroles des oiseaux

    qui dès les premières clartés

    recousent le monde

    l'entrelaçant de leurs dires enjoués. "

                                    DJORIO


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    et en voilà un autre qui me revient en mémoire...je n'en retranscris qu'une partie car il est très long

     

    "....Le Grand Vent qui courait, un soir qu'il était las

    De courir _ Après quoi?...Bah : il ne sait pas _

    A travers ce si long, si haut, si large monde,

    Un soir, sortant plaintif de la forêt profonde,

    A, pour se reposer _ il avait bien raison !_

    Epousé sur le champ la petite Maison.

    Il est entré dedans, rude, effrayant les portes,

    avec tout un délire de feuilles mortes,

    De poussières, de graines folles;la chanson

    Des  oiseaux, des clochers, des sources ; le frisson

    des herbes, des roseaux, des branches, des  ramées;

    Les nuages, le clair de lune, les fumées,

    des brouillards en lambeaux déchirés aux buissons...

    Il est entré...Soudain,  les lampes allumées

    Dans la chambre ont penché brusquement,

    Et tandis qu'il laissait mélancoliquement

    Tomber sur le plancher craintif son manteau sombre

    Plein encore du soir entier d'alentour,

    La Petite Maison l'a entouré d'amour ,

    La Petite Maison l'a serré dans son ombre,

    La Petite Maison l'a dans son coeur fermé

    Tendrement abrité, rasséréné, calmé,La petite Maison l'a dans sa paix amie

    Tant bercé que son âme au chaud s'est endormie,

    Et pendant qu'il dormait, elle a bien proprement

    Balayé la poussière et le frisson charmant

    Des herbes, des roseaux, des branches, des ramées,

    Des nuages; le clair de lune, les fumées,

    Les semences, les feuilles mortes, la chanson

    Des oiseaux, des clochers, des sources, pêle-mêle,

    Et, prompte, avant de battre son paillasson,

    Les a jetés dehors, secouant avec zèle

    Sur le seuil son balai, tout plein d'ailes....   Marie Noël

     

    Pour lire en entier" ce récitatif et conte fantasque", c'est ainsi que Marie Noël, la grande poétesse d'Auxerreintitule ce long poème, il faut se reporter à son premier recueil  "Les Chansons et les Heures"

     

     


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    LE VENT
    Le vent essaie d’écarter les vagues de la mer. Mais les vagues tiennent à la mer, n’est-ce pas évident, et le vent tient à souffler… non, il ne tient pas à souffler, même devenu tempête ou bourrasque il n’y tient pas. Il tend aveuglément, en fou, et en maniaque vers un endroit de parfait calme, de bonace, où il sera enfin tranquille, tranquille.
    Comme les vagues de la mer lui sont indifférentes ! Qu’elles soient sur la mer ou sur un clocher. ou dans une roue dentée ou sur la lame d’un couteau, peu lui chaut. Il va vers un endroit de quiétude et de paix où il cesse enfin d’être vent.

    Mais son cauchemar dure déjà depuis longtemps.

    Henri Michaux (né en 1899), La Nuit remue, Gallimard


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    " Quand tu as pris conscience de Madame Nature

    quand tu as senti ses baisers

    quand tu l'as reniflée de toutes tes narines

    quand tu as compris que tu vis d'elle

    alors tu ne peux plus creuser la haine

    tu cherches la beauté en toi

    autour de toi tu la cultives."   Philippe Forcioli (Routes de feuilles)


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