• " Nous naissons d'un tableau,

    d'un poème, d'un souffle,

    D'un rêve étonné,

    Posé sur les paupières du jour,

    Une parole au bord du silence

    Est notre vraie nature.

    Nous allons sans pourquoi

    Vers le chant qui nous possède.

    Nous quittons l'apparence

    Pour le secret.

    Nous réalisons alors

    Ce rien que nous sommes,

    Saisi soudain sans y penser

    Par le mystère et par l'Amour."

                                    Jean Lavoué


    15 commentaires
  • Hier nous étions invités, comme tous les 8 du mois, à une soirée lecture.

    D'abord, on mange la soupe

    Puis ceux qui le désirent lisent un texte sur le thème proposé.

    Hier c'était le mot caillou

    Le texte peut être inventé par le lecteur 

    mais il peut être aussi extrait d'un livre

    Poème ou prose, peu importe.

    C'est étonnant ce qu'un simple mot peut provoquer des évocations  différentes

    On peut aussi venir simplement pour écouter les autres..

    Et, bien sûr, avant de se quitter, on grignote et on boit encore un peu tout en continuant les échanges;

    C'est un bon moment de partage....

    Moi, j'ai dit "Les cailloux font ce u'ils peuvent" de Jean Rousselot

    Je l'avais déjà mis dans mon blog en 2016

    Mais le revoilà 

     

     

                                Les cailloux font ce u'ils peuvent

    " Si tu vois un escargot en panne,

    n'interviens pas.

    Il s'en tirera tout seul.

    tu pourrais le vexer.

    Ou bien qui sait ? - le rendre malade

     

    Même conseil en ce qui concerne les étoiles

    Si tu en vois une

    qui n'est pas à sa place sur les étagères du ciel,

    dis-toi qu'elle doit avoir ses raisons.

     

    Il n'est pas recommandé non plus

    de pousser la rivière dans le dos

    pour qu'elle aille plus vite :

    elle fait son possible.

     

    Ah! J'oubliais :

    les cailloux font ce qu'ils peuvent, eux aussi,

    en attendant d'aller dans la bétonneuse.

    Evite donc de leur donner des coups de pied,

    même en douce."

                            Jean Rousselot ( Petits poèmes pour coeurs pas cuits)


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  •  J'ai reçu ce poème il y a quelques jours.

    Je voudrai bien être flamme moi aussi, une petite flamme

    mais souvent je m'éteins...

     

     

     Flamme

     

     

     

     

     

    " Je suis une flamme.

     

    J’ai choisi de vivre sur une bougie.

     

    Mon amie l’allumette m’a donné vie.

     

     

     

    J’étincelle, je danse avec ceux qui sont en fête.

     

    Je me fais douceur et paix avec ceux qui sont dans la peine.

     

    J’accompagne la joie, je rayonne la vie.

     

    J’accompagne la peine, je vis avec la mort

     

    Je rassemble.

     

     

     

    Les priants, les méditants me convient  à leur pratique,

     

    Avec eux, je deviens prière, méditation...

     

     

     

    La nuit, je suis présence vivante.

     

    Je fais naître la lumière dans tes yeux,

     

    Je révèle la sérénité de ton visage.

     

    Avec délicatesse, j’éclaire  la beauté

     

    de tout ce qui est autour de moi,

     

    et je laisse  vivre l’ombre.

     

    Elle est ma compagne.

     

     

     

    Le plus léger souffle d’air me fait trembler.

     

    Je crains les bourrasques.

     

     Elles me mettent en danger, m’affaiblissent.

     

     

     

    Mais je ne suis pas seule.

     

    Une flamme amie vient nourrir

     

    le petit point rouge encore chaud dans lequel  je me suis réfugiée

     

    et me redonne vie.

     

    Pendant un instant, elle, flamme stable,

     

    tout contre moi encore vacillante,

     

    nous dansons, nous nous élevons.

     

    Une immense lumière jaillit.

     

     

     

    Flamme, vie, chaleur..."

     

    Josette V

     


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  •  

     

     

     

    Pourtant, bien que chacun se fuie

    comme la prison qui le tient et le hait

     il est un grand miracle dans le monde.

    Je sens que toute vie est quand même vécue.

    Qui donc la vit? Seraient-ce les choses qui,

    comme une mélodie qu'on tait,

    sont dans le soir, comme dans une harpe, rangées?

    Seraient- ce les vents qui viennent des vastes eaux?

    Seraient-ce les branches qui se font des signaux?

    Seraient-ce les fleurs aux doux parfums tissés?

    Seraient-ce les longues et vieillissantes allées?

    Seraient-ce les bêtes chaudes que l'on voit  marcher?

    Seraient-ce les oiseaux qui s'élèvent, étrangers?

    Qui donc la vit? Est-ce toi, Dieu, qui la vit?

     

                                                       Rainer Maria Rilke


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  •  

     

    La lune s'attristait. Des séraphins en pleurs
    Rêvant, l'archet aux doigts, dans le calme des fleurs
    Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
    De blancs sanglots glissant sur l'azur des corolles.
    – C'était le jour béni de ton premier baiser.
    Ma songerie aimant à me martyriser
    S'enivrait savamment du parfum de tristesse
    Que même sans regret et sans déboire laisse
    La cueillaison d'un Rêve au coeur qui l'a cueilli.
    J'errais donc, l'oeil rivé sur le pavé vieilli
    Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
    Et dans le soir, tu m'es en riant apparue
    Et j'ai cru voir la fée au chapeau de clarté
    Qui jadis sur mes beaux sommeils d'enfant gâté
    Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
    Neiger de blancs bouquets d'étoiles parfumées.


    Stéphane Mallarmé, "Apparition", extrait du recueil Poésies.

    En vers et avec tout
     

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