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    "Eclaboussez le gris du monde

    Redressez-vous êtres vivants

    Lavez vos yeux de toutes larmes

    La vie est là à chaque instant"

                                Philippe Forcioli

     

     

                                       


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    Dans un coin de ma ville

    Elodie Santos

    Dans un coin de ma ville
    sont posés 4 géants
    un peu comme un milieu, une île,
    une fontaine aux éléphants

    Dans un coin de ma ville
    on entend carillonner
    souvent, alors on cherche asile
    pour apprécier le temps

    Dans un coin de ma ville
    est une grande place allongée
    ou les gens marchent, badinent
    Hiver, été, le coeur léger

    Dans un coin de ma ville
    coin qui n’existe pas encore
    j’aime à l’imaginer fragile
    et doux comme un trésor

    Elodie Santos, 2015


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    LA POÉSIE SEULE…


        « Je crois que l’homme au plein de sa vigueur et de sa force, et qui le sent assez pour ne pas douter de son regard, de son ouïe, est, à la lettre, un aveugle et un sourd.

    Je crois que seuls certains états extrêmes de l’âme et du corps : fatigue (au bord de l’anéantissement), maladie, invasion du cœur par une subite souffrance maintenue à son paroxysme, peuvent rendre à l’homme sa vraie puissance d’ouïe et de regard.

    Nulle allusion, ici, à la parole de Plotin : « Ferme les yeux, afin que s’ouvre l’œil intérieur. » Il s’agit de l’instant suprême où la communion avec le monde nous est donnée, où l’univers cesse d’être un spectacle parfaitement lisible, entièrement inane, pour devenir une immense gerbe de messages, un concert sans cesse recommencé de cris, de chants, de gestes où tout être, toute chose est à la fois signe et porteur de signe.

    L’instant suprême aussi où l’homme sent crouler sa risible royauté intérieure et tremble et cède aux appels d’un ailleurs indubitable.


        De ces messages, la poésie seule (est-il besoin de le dire ?) est digne de suggérer quelque écho.

    Souvent elle y renonce en pleurant, car ils sont presque tous balbutiés à la limite de l’ineffable.

    Elle s’éveille de sa connaissance, les lèvres lourdes encore de paroles absentes ou folles qu’elle n’ose redire – et qui contiennent la vérité.

    Ou si elle ose les redire, c’est qu’elle semble avoir oublié leur origine, leur importance. Elle divulgue en deux vers un secret bouleversant, puis se taît. »


    Gustave Roud, « Bouvreuil », in Air de la solitude [1945], in Gustave Roud par Philippe Jaccottet, Seghers, Collection Poètes d’aujourd’hui, 1968, rééd. 2002, pp.

     

     

    Je vous reparlerai de Gustave Roud.


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     " La grenouille aux souliers percés
    A demandé la charité.
    Les arbres lui ont donné
    Des feuilles mortes et tombées.

    Les champignons lui ont donné
    Le duvet de leur grand chapeau.

    L'écureuil lui a donné
    Quatre poils de son manteau

    L'herbe lui a donné
    Trois petites graines.

    Le ciel lui a donné
    Sa plus douce haleine.

    Mais la grenouille demande toujours, demande encore

    la charité
    Car ses souliers sont toujours, sont encore percés".

    Robert Desnos


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    Le printemps est arrivé, sors de ta maison

    Le printemps est arrivé, la belle saison !

    L'amour et la joie sont revenus chez toi

    Vive la vie et vive le vent, vive les filles en tablier blanc !

    Vive la vie et vive le vent et vive le printemps !

    Dépêche-toi, dépêche-toi, ne perds pas de temps

    Taille ton arbre et sème ton champ, gagne ton pain blanc

     

    L'hirondelle et la fauvette, c'est la forêt qui me l'a dit

    L'hirondelle et la fauvette, ont déjà fait leur nid

    Y a le printemps qui te réveille, t'as le bonjour du printemps

    Y a le printemps qui t'ensoleille, oh, le coquin de printemps

    Le printemps nous a donné le joli lilas

    Le printemps nous a donné du rire en éclats

    Et plein de bonheur pour nous chauffer le cœur

    Vive la vie et vive le vent, vive les filles en tablier blanc !

    Vive la vie et vive le vent et vive le printemps

    Dépêche-toi, dépêche-toi, ne perds pas de temps

    Donne ta sève et donne ton sang pour faire un enfant

    L'hirondelle et la fauvette, c'est la forêt qui me l'a dit

    L'hirondelle et la fauvette, ont déjà des petits.

    Y a le printemps qui te réveille, t'as le bonjour du printemps

    Y a le printemps qui t'ensoleille, oh, le coquin de printemps

    Y a le printemps qui te réveille, t'as le bonjour du printemps


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