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    LE LOCATAIRE

    Nous habitons une maison légère haut dans les airs,

    le vent et la lumière la cloisonnent en se croisant,

    parfois tout est si clair que nous en oublions les ans,

    nous volons dans un ciel à chaque porte plus ouvert.

     

    Les arbres sont en bas, l'herbe plus bas, le monde vert,

    scintillant le matin et, quand vient la nuit, s'éteignant,

    et les montagnes qui respirent dans l'éloignement,

    sont si minces que le regard errant passe à travers.

     

    La lumière est bâtie sur un abîme, elle est tremblante,

    hâtons-nous donc de demeurer dans ce vibrant séjour,

    car elle s'enténèbre de poussière en peu de jours

    ou bien elle se brise et tout à coup nous ensanglante;

     

    Porte le locataire dans la terre, toi,  servante !

    Il a les yeux fermés, nous l'avons trouvé dans la cour,

    si tu lui as donné, entre deux portes, ton amour,

    descends-le maintenant dans l'humide maison des plantes."

                                                            Philippe Jaccottet

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • Le poète suisse Philippe Jaccottet est décédé à Grignan, dans la Drôme

     

     

     

     

    " Philippe Jaccottet est décédé à l'âge de 95 ans à son domicile de Grignan dans la Drôme. Il est l'un des trois seuls poètes, avec René Char et Saint-John Perse, à avoir été publié de son vivant dans la prestigieuse collection de la Pléiade.

     

    Le poète et écrivain d'origine suisse Philippe Jaccottet est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi à l'âge de 95 ans.Le poète et écrivain d'origine suisse Philippe Jaccottet est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi à l'âge de 95 ans. © Maxppp -Fabrice Anterion

     

    Le poète, critique littéraire et traducteur, Philippe Jaccottet est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi à son domicile de Grignan dans la Drôme, où il sera inhumé "dans la plus stricte intimité" a annoncé son fils, Antoine Jaccottet.

     

    Un des trois seuls poètes à avoir été publié de son vivant dans la Pléiade

     

    Suisse de langue française, Philippe Jaccottet est l'un des trois seuls poètes, avec René Char et Saint-John Perse, à avoir été publié de son vivant dans la prestigieuse collection de la Pléiade.  

     

    Récompensé par de nombreux prix français et allemands, dont le Goncourt de la poésie (2003) et le Grand prix national de Traduction (1987), Philippe Jaccottet était installé depuis plus d'un demi-siècle à Grignan dans la Drôme. Philippe Jaccottet est né le 30 juin 1925 à Modon, dans le canton suisse de Vaud, et a passé l'essentiel de sa vie à Grignan.  

     

    Plus d'un demi-siècle passé à Grignan

     

    Son premier ouvrage, intitulé "Trois poèmes aux démons", parait en 1945. Il se met alors à publier beaucoup de textes, notamment pour la Nouvelle Revue de Lausanne. Son premier recueil de poèmes "L'Effraie" (1953) sort aux éditions Gallimard, dans la collection Métamorphoses, dirigée par Jean Paulhan.  

     

    Il a aussi participé à La Nouvelle Revue Française et fait en sorte d'ouvrir celle-ci à la littérature allemande. Couronnés de succès, ses poèmes entrent dans la collection Gallimard/Poésie, avec notamment "A la lumière d'hiver" (1977) et "La Semaison" (1984)." 

     

     

     

    J'aime beaucoup  ce poète, j'en reparlerai sans doute

    Il y a eu une émission sur lui à la radio...Je n'ai pu l'écouter en direct, n'étant pas disponible à ce moment-là ...mais je la retrouverai et je prendrai le temps de l'écouter

     


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    " Je voudrais écrire des livres qui gorgent votre coeur de joie.

    Je ne sais pourquoi, au fond de moi,sourd inlassablement la tristesse.

    J'ai mal au monde comme on souffre de son corps;

    J'aspire à moissonner .pour vous le bonheur et à le lier en gerbes qui  craqueraient.

    Je ne trouve que des mots d'amertume et de détresse, des phrases de solitude.

    Et pourtant les beaux livres sont des fleurs de souffrance qui abjurent les larmes et défient le malheur en créant l'ordre de la beauté. Ils instituent la lumière.

    Et c'est sur des malgré qu'ils fondent nos raisons de vivre."

                                               Jacquette Reboul

     

     


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           Beau texte de Jacques Prévert  

    A peine la journée commencée et ... il est déjà six heures du soir.   

    A peine arrivé le lundi et c'est déjà vendredi. ... et le mois est déjà fini... et l'année est presque écoulée   

    ... et déjà 40, 50 ou 60 ans de nos vies sont passés.   

    ... et on se rend compte qu’on a perdu nos parents, des amis.
     et on se rend compte qu'il est trop tard pour revenir en arrière ...   

    Alors... Essayons malgré tout, de profiter à fond du temps qui nous reste...   

    N'arrêtons pas de chercher à avoir des activités qui nous plaisent...   

    Mettons de la couleur dans notre grisaille...   

    Sourions aux petites choses de la vie qui mettent du baume dans nos cœurs.
     Et malgré tout, il nous faut continuer de profiter avec sérénité de ce temps qui nous reste. Essayons d'éliminer les "après" ...   

    Je le fais après ...  Je dirai après ...  J'y penserai après ...
     On laisse tout pour plus tard comme si "après" était à nous.
     Car ce qu'on ne comprend pas, c'est que :  

     après, le café se refroidit ...
     après, les priorités changent ...
     après, le charme est rompu ...   

    après, la santé passe ...
     après, les enfants grandissent ...
     après, les parents vieillissent ...
     après, les promesses sont oubliées ...
     après, le jour devient la nuit ...
     après, la vie se termine ...
     Et après c’est souvent trop tard.... Alors... Ne laissons rien pour plus tard...
      

    Car en attendant toujours à plus tard, nous pouvons perdre les meilleurs moments, …   

    les meilleures expériences,
     les meilleurs amis,
     la meilleure famille...
     Le jour est aujourd'hui...L'instant est maintenant...  

    Nous ne sommes plus à l'âge où nous pouvons nous permettre de reporter à demain ce qui doit être fait tout de suite.   


      

     

     

     

    J'ai reçu ce poème, hier , dans ma messagerie,

    J'ai pensé qu'il était bien de circonstance et j'ai eu envie de le partager avec vous 
       

        

     

     


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    Emportez-moi dans une caravelle

    Dans une vieille et douce caravelle,

    Dans l'étrave, ou si l'on veut, dans l'écume,

    Et perdez-moi, au loin, au loin.

     

    Dans l'attelage d'un autre âge,

    Dans le velours trompeur de la neige,

    Dans l'haleine de quelques chiens réunis,

    Dans la troupe exténuée des feuilles mortes.

     

    Emportez-moi, sans me briser, dans les baisers,

    Dans les poitrines qui se soulèvent et respirent,

    Sur le tapis des paumes et  leur sourire,

    Dans le corridor des os longs et leurs articulations.

     

    Emportez-moi ou plutôt enfouissez-moi.

                                 Henri Michaux

     

    Depuis que j'ai découvert ce poème, depuis vingt ou trente ans,

    je ne cesse d'être charmée par sa musicalité  et par son mystère...

    Comment se perdre  peut-il être ressenti comme une sensation délicieuse?

     

    Comment ce qui nous affolle, nous inquiète,

    Comment cela peut-il  être aussi source de joie?

    Il me semble assez proche du poème de Emily Dickinson?

     


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