• P2160053.JPGJe retrouve cette photo

    venue de je ne sais où

     

    Des souvenirs affleurent à ma mémoire...

     

    Il y a quelques années, j'allais voir régulièrement une vieille dame esseulée

    dans sa maison de retraite

    où elle émerveillait les personnes soignantes par sa douceur

    et ses merci qui pleuvaient comme une bonne pluie sur tous ceux qui l'approchaient...

     

    Quand j'arrivais dans sa chambre,

    bien sûr, je l'embrassais avec le plus de tendresse possible...

    Elle voyait mal, elle entendait mal,

    il n'y avait plus guère que par le toucher que l'on pouvait entrer en contact...

    Et elle me disait avec un air ravi,

    comme si je lui avais fait le plus beau cadeau du monde:

    "Oh! ça, ce n'est pas  un bisou de promenade, c'est un vrai"

     

    Et elle prenait mes mains dans les siennes en disant:

    "Je réchauffe vos mains et, comme ça, vous pourrez aller réchauffer les mains d'une autre, à votre tour"

     

    Et ainsi se déroulait la rencontre

    et j'étais profondément émue

    et je le suis encore en pensant à elle...

     

    Qui apportait le plus à l'autre?

    Je crois bien que c'est elle

    qui, dans son dénuement,

    avait encore si vif le souci de l'autre....

     

    Elle s'appelait Claire


    24 commentaires
  •  

    Tout ce qu'elle voulait , elle, c'était simple.

     

    Elle voulait trouver le docteur qui lui promettrait d'éloigner la mort.

     

    Peu lui importait la vie qui lui était promise : bancale, étriquée, réduite..;pourvu que la mort ne

     

    s'approche pas.

     

    Elle était prête à lui donner tout ce qu'elle avait à celui qui lui donnerait cette

     

    assurance....mais il n'y avait personne ... et elle s'en désolait...Pourtant, se

     

    disait-elle, avec tous les progrès que la médecine avait faits, cela devait être possible...

     

    Il y avait chez elle toute une table recouverte de fioles diverses qui devaient la protéger des

     

    microbes et autres bactéries et elle en prenait consciencieusement tous les jours et voulait même les

     

    partager avec les rares personnes qui venaient la visiter....Elle insistait même comme si , en

     

    protégeant ceux qui l'approchaient, elle se protégeait elle-même...

     

     

    Et dans sa recherche éperdue d'éloigner la mort, elle en oubliait de vivre

     

    le beau moment d'aujourd'hui .


    16 commentaires
  • Elle était jeune,

     

    Elle était belle

     

    Joliment maquillée

     

    Elle était caissière

     

    Sur son visage

     

    Pas même l'esquisse d'un sourire.


     

    Pas un regard

     

    sur les personnes qui passaient devant elle pour payer leurs achats.

     

     

    Elle était ailleurs

     

    Elle s'ennuyait

     

    Elle n'avait rien à faire ici.

     

    Ici était un robot qui avait pris son apparence

     

    Un robot ne peut être ni beau ni aimable

     

    Un robot, c'est froid et fonctionnel.

     

     

    Que n'ai-je su lui parler et la regarder

     

    lui découvrir un sourire

     

    et lui rendre sa beauté ?

     



    30 commentaires
  • Regrettera-telle le temps de sa jeunesse

     

    où dure et pure elle s'en allait

     

    privée de sens et d'émotions

     

    privée d'elle-même

     

    avec pour seule armure

     

    un idéal, une étoile inaccessible,

     

    que de tout son être pourtant

     

    elle voulait toucher?

     

     

    Regrettera-t-elle ce temps

     

    ou choisira-t-elle enfin

     

    de ressentir ce qui fait mal,

     

    de reconnaître sa blessure?

     

    Ainsi pourra-t-elle se réjouir

     

    aussi de ce qui est bon à savourer?

     



    10 commentaires
  • Elle aimait explorer les gouffres.

     

    Non, ce n'est pas qu'elle aimait cela,

     

    C'est seulement que les gouffres l'attiraient, l'hypnotisaient

     

    Et elle se trouvait dans ces gorges étroites et vertigineuses sans l'avoir vraiment voulu ni désiré.

     

    Elle se demandait même quelle idée saugrenue elle avait eu de se diriger,  alors que rien ne semblait l'y contraindre, en des lieux aussi inhospitaliers.

     

    Néanmoins, qu'elle aime ou n'aime pas, que ce fut son choix ou celui d'un autre, il lui fallait, à chaque descente, trouver en elle une source  vive pour retrouver l'air pur et le ciel bleu au-dessus de sa tête, cela lui demandait une énergie violente...

     

    Et il lui semblait que c'était toujours le même gouffre qu'elle explorait, un gouffre sans fond...et plus elle allait profond, plus l'angoisse de ne pouvoir remonter devenait monstrueuse...

     

    Et le dégoût de tant d'énergie dépensée en pure perte et pour rien...

     

    Si seulement elle trouvait le sens de ce labeur incessant, de ces expéditions aventureuses,

    elle cheminerait apaisée, soucieuse d'accomplir sa tâche et fière de l'avoir accomplie;


    18 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique