•  

    Il dit :

    Je ne suis rien et je veux tout.

    Je veux tout l'or du monde.

    non pas de vulgaires piécettes

    mais la substantifique moelle

    mais la divine étincelle

    mais le coeur même du diamant.

     

    IL dit :

    Je ne suis rien : Quel bonheur intense !

    tous les possibles sont ouverts,

    tous les chemins, toutes les portes,

    toutes les fenêtres, toutes les fleurs.

    Je regarde celui-là en face de moi

    et dans un autre univers il me transporte

    Et je me réjouis de devenir lui.

     

    Il dit :

    Je ne suis rien et je suis tout

    Des fils invisibles me relient à tous.

    Oui, je suis tous les êtres vivants.

    Je suis l'étoile, je suis le vent,

    je suis le soleil, je suis la lune

    Je suis la vague, le caillou, la dune

    Je suis poussière, je suis éphémère.

    Je suis passerelle entre terre et ciel.

     

    D'une insatisfaction à une autre insatisfaction,

    je progresse vers la perfection

    et dans le cercle cousu main

    voisinent le vide et le plein.

     


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  • T'ai-je inventé

    T'ai-je imaginé plus grand que nature,

        toujours plus libre et léger?

    T'ai-je rêvé volant, courant

        sur ces chemins de grand vent?

     

    Imagine ma douleur

      quand , les yeux dessillés,je te vois,

      le front triste, les ailes  coupées,

      te traînant sur le rivage,   le regard fasciné par unoiseau insouciant

      qui, avant de te quitter,

      a peint en gris tout ton entourage

      et s'en va se briser, folâtre,

      contre les rochers et pique le nez dans les eaux saumâtres.

     

    Et toi qui devines sa chute probable,

    tu te tiens prêt à le secourir...

    Pourtant c'est lui qui t'a métamorphosé

    en fantoche impuissant et laid.

    Mais tes yeux noyés dans la grisaille

    n'ont plus de miroir...

     

    Qui, cependant, peut être certain

    que cet oiseau multicolore

    a ralenti ta course?

     

    Peut-être t'a-t-il appris

    à braver les interdits,

    à jouir de l'instant,

    à ne plus craindre de perdre ton temps?

     

    Ce que tu croyais être une course

    vers l'horizon toujours plus vaste,

    peut-être était-ce une fuite

        dans le travail,

        dans des occupations variées

    pour t'empêcher de creuser en toi-même?

     

    Et l'oiseau fantasque

    qui t'a déboussolé

    en t'obligeant à t'arrêter

    peut-être, sans même le vouloir,

    va-t-il te permettre

    de te rencontrer, toi

    de découvrir l'or précieux,

    le trésor unique qui est en toi

    et tu seras brasier d'étincelles

    et le gris deviendra flamme d'or.

     

    Encore un ancien texte retrouvé, écrit il y a presque trente ans et que j'avais presque oublié

     


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  • Il fait nuit.

    Je me réveille.

    Une lueur pénètre dans la chambre

    Et que vois-je?

    Dans le ciel, un triangle lumineux

    Non, un petit bateau à voiles...

    C'est la lune !

    Elle se transforme peu à peu

    et devient un petit homme, assis , la main sous son menton...

    A quelles réflexions profondes se livre-t-il?

    Nous n'aurons guère le temps de l'imaginer

    car il disparaît...

    La lune joue à cache cache derrière un gros nuage

    et rit de ses métamorphoses....

    Et moi, je me rendors.

     


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  •  

                                                          

    Ailleurs

     

     

     

    Où est-ce ?

     

     

     

    Je ne sais pas.

     

     

     

    Est-ce loin?

     

     

     

    Est-ce près ?

     

     

     

    Est-ce au Nord ?

     

     

    Ou au Sud ?

     

     

     

     

    Je ne sais pas.

     

     

     

    Et pourtant ailleurs

     

      J'y suis presque en permanence

     

      parfois des heures

     

      parfois un instant

     

      parfois à demeure

     

     

     

    alors que je voudrais être là

     

     

    simplement là.

     

    Mais comment faire

    pour y demeurer

    et s'y abandonner?

     


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  • On peut

    sauvegarder les apparences

    offrir en toute sincérité,

    et sans le moindre désir de tromper,

    un visage apaisé et joyeux

    à celui que l'on rencontre.

    On peut

    dissimuler l'angoisse qui  envahit

    chacun de nos replis

    et l'autre nous quitte

    sans avoir rien ressenti de ce qui nous dévore.

    Nous-même, nous y avons cru,

    nous avons vraiment cru

    que nous étions libérés...

    Nous avions passé ensemble

    un moment agréable

    ponctué d'éclats de rire...

     

    Nous nous retrouvons seuls

    Et change le paysage

    et change notre visage...

    Et la sangsue qui loge au creux de nous

    reprend son oeuvre ravageuse...

    Et nous nous étonnons nous-même de cette volte-face...

    Mais qui suis-je donc ?

    Où est mon vrai moi ?

    Face à l'autre

    ou face à moi-même?


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