• On peut

    sauvegarder les apparences

    offrir en toute sincérité,

    et sans le moindre désir de tromper,

    un visage apaisé et joyeux

    à celui que l'on rencontre.

    On peut

    dissimuler l'angoisse qui  envahit

    chacun de nos replis

    et l'autre nous quitte

    sans avoir rien ressenti de ce qui nous dévore.

    Nous-même, nous y avons cru,

    nous avons vraiment cru

    que nous étions libérés...

    Nous avions passé ensemble

    un moment agréable

    ponctué d'éclats de rire...

     

    Nous nous retrouvons seuls

    Et change le paysage

    et change notre visage...

    Et la sangsue qui loge au creux de nous

    reprend son oeuvre ravageuse...

    Et nous nous étonnons nous-même de cette volte-face...

    Mais qui suis-je donc ?

    Où est mon vrai moi ?

    Face à l'autre

    ou face à moi-même?


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  • " Il m'arrive de penser que je le connais, que j'ai pris sa mesure et que je le connais totalement, mais à chaque rencontre vient toujours un moment, un petit mot, quelque geste ou une expression du visage, qui me le rend tout à coup encore plus clair. Il est un livre que je lis et relis et ne cesse de feuilleter. Il contient toujours les mêmes mots, mais j'apprends à plonger mon regard toujours plus loin au-delà de leur signification. Je fais de lui une lecture plus assidue et plus fidèle que d'aucun livre que j'ai jamais lu.

    Et c'est cela qu'un être humain doit être et rester pour vous une vie durant : un livre que l'on se reprend toujours à feuilleter et où s'ouvrent, derrière des mots toujours identiques, des lointains cependant toujours plus vastes."             Etty Hillesum  (Ecrits 1941-1943)

     

     


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  • Comme une ritournelle

     

    bien rôdée

     

    dans ma tête

     

     elle s'entête

     

    et se répète

     

    et m'assombrit

     

    et me réduit.

     

     

     

    Comme une mécanique stupide

     

    qui déroule insipide

     

    toujours les mêmes mots

     

    sans tenir compte du réel

     

    si divers et si chatoyant,

     

    elle dit des mots que je ne reconnais pas,

     

    des mots qui ne sont pas miens,

     

    des mots pour détruire,

     

    des mots pour anéantir.

     

     

     

    Des mots qui veulent étouffer

     

    la cantilène très douce,

     

    "petite voix sous la mousse"

     

    qui, "discrète et légère",

     

    murmure la beauté de la Vie,

     

    et nous réconforte et nous réjouit.

     

    Mais parfois elle bouillonne,

     

    et s'indigne qu'on la veuille baillonnée.

                                                                 Et elle entonne un chant de liberté


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  • "Tout portrait que l'on peint avec âme est un portrait non du modèle mais de l'artiste."

                                                                                                        Oscar Wilde

     

    "Tout ce que l'on a à faire est de se démasquer si pénible que cela soit."

                                                                                    Chögyam Trungpa

     

    "Au fond, dans mon écriture, je suis à la chasse de mon propre moi, le moi, c'est l'inconnu."

                                                                                     Paul Nizon

     

    "Se mettre complètement au monde  avant de disparaître."

                                                                                   Michel de M'Uzan

     

    " Je suis devenu quelqu'un d'autre, quelqu'un pour qui je n'étais pas fait.

    Comme si je portais un déguisement. et c'est à peine si je me reconnais."

                                 Daniel Keene (auteur de théâtre australien)

     

    "Un interné dans un asile est, au moins quelqu'un.

    Moi, je suis un interné dans un asile sans asile.

    Je suis fou à froid,

    Je suis lucide et fou.

    Je suis un étranger à tout et à tous égal.

    Je dors éveillé avec des songes qui sont folie

    Parce qu'ils ne sont pas des songes.

    Je suis ainsi.                      Fernando Pessoa

     

    "Loin de moi en moi j'existe

    Détaché de qui je suis

    Ombre et mouvement qui me composent."    F. Pessoa


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  • "Je suis le saint, en prière sur la terrasse - comme les bêtes pacifiques paissent jusqu'à la mer

    de Palestine.

    Je suis le savant au fauteuil sombre. Les branches et la pluie se jettent à la croisée

    de la bibliothèque.

    Je suis le piéton de la grand'route par les bois nains; la rumeur des écluses couvre mes pas...

    Je serai bien l'enfant abandonné sur la jetée parti à la haute mer, le petit valet, suivant l'allée

    dont le front touche le ciel."

                             Rimbaud (Les illuminations)

     

    Lisant ce poème de Rimbaud, je me demande : et moi, qui suis-je?

    Et vous qui êtes-vous?

    Evidemment, ce poème me renvoie à celui de Pablo Neruda que j'ai publié il y a quelques jours,

    sommes-nous donc si nombreux?


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