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    Vladimir, laisse-moi encore le doux espoir de te louer !

    18.07.2018

     

    Tribune | Ce 17 juillet, un texte de l'écrivain Philippe Claudel en soutien au réalisateur ukrainien Oleg Sentsov, emprisonné en Sibérie depuis 2015, en grève de la faim depuis le 14 mai dernier. Un appel à ce que l'homme se réveille dans le cœur du président russe.

    Bannière lors d'une manifestation de soutien à Oleg Sentsov à Cracovie le 1er juin 2018Bannière lors d'une manifestation de soutien à Oleg Sentsov à Cracovie le 1er juin 2018 Crédits : SOPA Images / Contributeur - Getty

    Je sais que cela ne sert sans doute à rien, mais je continue. Et je me dis, moi qui doute si souvent de tout ce que j’entreprends, que j’ai raison de le faire. 

    Qu’il faut continuer. 

    Même si cela pour l’instant n’a rien changé. 

    Rien. 

    Même si les cris, les suppliques, les tribunes, les engagements, les pétitions, les appels, les prières, les requêtes n’ont eu aucun effet. 

    Même si Oleg Sentsov continue à étirer son combat qui signe aussi son agonie. 

    Même si celui qui pourrait le sauver ne fait pas le geste de le sauver. 

    Il faut continuer. 

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    Je ne connais pas Oleg Sentsov. Je ne le connais pas personnellement. Mais faut-il connaître les êtres pour s’en sentir proche ? Faut-il les connaître pour comprendre que ce qu’ils font est juste, pour savoir que le combat qu’il mène dépasse de loin le but qu’ils se sont assigné, pour se persuader que ce qu’ils ont entrepris engage la parcelle d’humanité, de conscience et de liberté dont nous devrions toutes et tous êtres les gardiens fervents ?

    Ces jours derniers, j’ai désespéré de la nature humaine quand chaque heure, chaque jour, je prenais acte de l’indifférence de Vladimir Poutine, qui seul avait le pouvoir de sauver un de ses semblables et ne le faisait pas. 

    Ces jours derniers, j’ai eu foi en la nature humaine quand chaque heure, chaque jour, je pensais à Oleg Sentsov, à son courage, à son opiniâtreté, à sa détermination à porter plus loin encore le combat de la dignité humaine.

    Me vient en bouche un goût amer : celui qui sourd quand une blessure nous affecte au point de nous faire vaciller : si Oleg Sentsov meurt c’est nous tous qui mourrons. Bien sûr, on pourra dire que ce ne sont là que des mots. Bien sûr nous autres continuerons à vivre alors qu’il ne vivra plus. Mais nous vivrons avec une taie sur nos regards et une plaie en nos cœurs, une souillure plaquée sur nos espérances et nos idéaux.

    Toutes les morts ne se valent pas. 

    Ceci est terrible à dire mais il est des morts qui vont au-delà des êtres qu’elles affectent, et signalent le genou que met à terre l’humanité. 

    La mort d’Oleg Sentsov appartiendrait à celles-là. 

    Tant d’espoirs et d’esprits se sont unis pour supplier, se sont unis pour le sauver. Créateurs, artistes, citoyens, écrivains, chanteurs, peintres, metteurs en scène, dirigeants politiques, musiciens, poètes, dramaturges, sculpteurs, femmes et hommes de bonne volonté, tant de voix, tant d’espoirs, dans le monde entier, et cela, pour rien ? Pour rien ? Cela ne vaut-il donc rien ?

    Vladimir Poutine jusqu’à présent est sourd. Il n’entend pas le cri des cœurs, le cri des voix libres qui appellent. 

    Nous sommes sans doute sur le point de perdre. Poutine va gagner. Mais c’est nous qui avons raison avec Oleg Sentsov, et c’est Poutine qui a tort. 

    Oleg Sentsov va mourir et les temps retiendront qu’il est le mort juste d’un juste combat. 

    Les temps retiendront aussi que le seul être qui pouvait le sauver ne l’a pas fait, n’a pas voulu le faire. Et les temps ne retiendront pas le nom de Poutine comme celui d’un homme qui a redressé et fortifié un grand pays mais comme celui d’un être qui a laissé crever ceux qui se dressaient sur son chemin. Les temps retiendront que Poutine est le nom d’un criminel, et d’un criminel sans courage. Qui tue par procuration. Qui tue à distance. L’air de rien. En n’assumant même pas ses meurtres. En laissant à d’autres le soin de les commettre, fussent-elles les victimes elles-mêmes.

    A moins que soudain l’homme en lui ne se réveille et ne se dresse ? 

    Il le peut encore. 

    Oui.

    Je l’en conjure. Je serais prêt alors à pleurer de joie.

    Vladimir, laisse-moi encore s’il te plaît le doux espoir de te louer ! Je ne suis rien je le sais, mais je le ferais, bordel ! Craché, juré !  Et aussi fort que je dis aujourd’hui ma peine et mon effroi, je dirais demain ma reconnaissance, je te le promets.

    Philippe Claudel, 17 juillet 2018


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  • Hier, je découvre cette information  qui me réjouit.

    Certes, ce ne sont que des paroles...mais elles permettront d'agir, au moins pour certains,

    pour que notre monde devienne plus fraternel, plus juste

     

     

    Lyon: dialogues en humanité trois jours à refaire le monde au Parc de la Tête d'Or

     

    Lectures sous l'arbre au parc de la tête d'or / © I.Gonzalez

    C'est devenu un rendez vous international.

    Les dialogues en humanité réunissent cette année

    des chercheurs, associations,

    citoyens  cette année avec  la devise suivante :

    "Il est trop tard pour être pessimiste! La Résistance aujourd'hui c'est l'optimisme! "

    Par Alexandra Marie Publié le 07/07/2018 à 18:58 Mis à jour le 08/07/2018 à 10:03

     

    Festival gratuit propose pendant trois jours  des rencontres citoyennes autour de sujets aussi variés que l'écologie,
    la musique ou l'économie. 

    Les organisateurs reprennent les mots des résistants Raymond Aubrac et Stéphane Hessel, " Osons dire oui à demain!"

    "Si l’on regarde bien, de nombreuses belles expériences existent dans le monde entier" explique Philippe Piau,
    pour le réseau international des Dialogues en humanité. "Le plus simple est de se relier
    à celles et ceux qui sont porteurs de cette belle énergie. C’est ce que nous tentons de faire en nous reliant
    à d’autres réseaux agissant aussi en ce sens."
     

    Si le programme peut paraître théorique ou difficile d'accès il s'agit bien de rencontres vivantes et
    d'échanges concrets entre acteurs de terrains. 
    Des partages savoir-faire au coaching collectif, les Dialogues sont l'occasion de mettre en commun
    des compétences et de mutualiser les connaissances. 

    Au programme intellectuel s'ajoutent chaque soir des rendez-vous festifs : plusieurs concerts, pièces de théâtre
     et tout type de performances sont proposées au parc de la tête d'or mais aussi dans le vieux Lyon. 
    Festival "Dialogues en humanité"
    Dialogues en humanité se définit comme un festival citoyen sous les arbres du parc de la tête d'or à Lyon.
    Jusqu'au 8 juillet chacun est invité à venir échanger lors de forum ou simplement écouter.
    Un festival qui propose,depuis plus de 15 ans, à chacun de refaire le monde. Quelques fois cela peut prendre
    des allures ludiques... -
                                                   Reportage de Sophie Valsecchi et Isabelle Gonzalez
    12/13

     

     
     

     


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  • Je découvre cette information et je me réjouis de toutes ces initiatives que certains savent prendre

    Allier : des personnes âgées et handicapées invitent des écoliers à participer à un court métrage

    Quand le cinéma gomme les différences. C’est un projet original que portent 14 résidents de la Maison médicalisée et de l’Ehpad de Saint-Pourçain-sur-Sioule, dans l’Allier. Avec les élèves d’une classe de CE2/CM2 de Broût-Vernet, les personnes âgées et celles, plus jeunes, en situation de handicap participent à la réalisation d’un court métrage. / © G. Duval / France 3 AuvergneQuand le cinéma gomme les différences. C’est un projet original que portent 14 résidents de la Maison médicalisée et de l’Ehpad de Saint-Pourçain-sur-Sioule, dans l’Allier. Avec les élèves d’une classe de CE2/CM2 de Broût-Vernet, les personnes âgées et celles, plus jeunes, en situation de handicap participent à la réalisation d’un court métrage. / © G. Duval / France 3 Auvergne

    C’est un projet original que portent 14 résidents de la Maison médicalisée et de l’Ehpad de Saint-Pourçain-sur-Sioule, dans l’Allier. Avec les élèves d’une classe de Broût-Vernet, les personnes âgées et celles, plus jeunes, en situation de handicap participent à la réalisation d’un court métrage. 

    Par K.T. avec Gwendolina Duval Publié le 01/05/2018 à 07:45

    Quand le cinéma gomme les différences... Après plusieurs semaines de répétitions, le clap de début de tournage a résonné dans la classe de l’école primaire de Broût-Vernet, dans l’Allier. A l’affiche du court métrage : des élèves mais aussi 14 personnes âgées et handicapées de la Maison médicalisée et de l’Ehpad de Saint-Pourçain-sur-Sioule, qui sont à l’origine du projet. Avec l’aide d’une société de production, elles ont ainsi donné vie à une très jolie idée.
    " Ce qui est génial, c’est de mettre en avant les personnes handicapées qui, pour une fois, ne sont pas spectateurs mais acteurs de l’activité, avec des valides qui ont un regard (…) qui change par rapport au handicap", explique Jean-François Burlot, éducateur spécialisé de la Maison Bleue à Saint-Pourçain-sur-Sioule.

    Ce court métrage qui, une fois terminé, durera une vingtaine de minutes est aussi l'occasion pour les élèves de côtoyer le handicap ainsi que l’univers du cinéma.

    « Ce n'est pas parce qu'ils sont handicapés qu'ils ne peuvent rien faire », résume une élève de la classe de CE2/CM2.
    « Une fois qu'ils ont compris que la personne a un handicap, on passe alors à autre chose et on est vraiment dans la relation interpersonnelle classique », insiste Nicolas Sem, directeur de l'école de Broût-Vernet.

    Pour réaliser toutes les scènes, l'équipe prévoit un tournage jusqu'à la fin de l'été 2018. Le film devrait sortir au printemps 2019..


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  •  C'est  dans le journal Kaizen que j'ai découvert cet extrait....et la recette

     

    « En mai, fais ce qu'il te plaît » ! Rêve, ose, respire, marche, pédale, fraternise
    Le changement de société ne se fera que dans et par le plaisir.
    Seules les émotions positives sont motrices de métamorphoses, comme le rappelle Spinoza :
    « User des choses et y prendre plaisir autant qu'il se peut (non certes jusqu'au dégoût,
    car ce n'est plus y prendre plaisir) est d'un homme sage. » Alors en ce mois de mai,
    trouve l'endroit où tu ressens de la joie à tenter de nouvelles expériences,
    à faire autrement, à ouvrir ton potentiel d'humanité.
    Le champ des possibles est vaste !
    Préparer un apéro écolo, préférer le vélo à l'auto, respirer, inspirer et partager du temps
    avec ces aventuriers des temps modernes : les migrants. Que ton mois de mai soit joyeux !

     

    Lettre Kaizen n°86 : Le changement est au bout du plaisir !
     
     
     

     

     

     

     
     
        
     

      

     

     
     
     
     

     

     

     
     

     

    Des bouchées apéritives aux herbes

     
     



    Entre sodas, alcools, charcuteries et en-cas industriels, l’apéro est un temple de la malbouffe. Il est pourtant possible de faire de ce rituel un moment de partage aussi délicieux que sain. Les produits à privilégier sont les fruits secs et les graines, ainsi que les fruits et légumes frais préparés de manière à être grignotés facilement. Inspirée du farçou de l’Aubrac, voici une recette aux herbes sauvages ou du jardin qui en régalera plus d’un. Pour les intolérants, elle peut se décliner sous forme de galette sans gluten, à base de farine de sarrasin ou de pois chiches.

     

    Temps de réalisation : 20 min + 15 min de cuisson

    Coût : 3 euros

    Conservation : 3 jours au réfrigérateur

    Ingrédients pour une trentaine de bouchées :

    – 150 g de farine d’épeautre

    – 2 œufs

    – 250 ml de lait de vache ou de soja

    – Deux bonnes poignées de raisins secs

    – 1 bol d’herbes vertes fraîches coupées grossièrement : feuilles de bettes, épinards, arroche, chénopode bon-Henri, persil, laitue, ciboulette, queues d’oignons… Évitez les plantes trop aromatiques, tels l’estragon, la coriandre et thym.

    – 1 c. à s. d’huile pour cuisson

     

    Réalisation :

    1. Mélangez la farine et les œufs comme pour préparer une pâte à crêpes.

    2. Délayez avec un peu de lait, la pâte devant rester assez épaisse, type pâte à beignets. Salez et poivrez légèrement.

    3. Ajoutez les herbes et les raisins secs. Mélangez bien à la spatule ; la pâte doit juste servir de liant aux herbes et aux fruits.

    4. Faites cuire dans une poêle huilée comme une grosse crêpe pendant 10 à 15 min. Retournez à mi-cuisson ; un couvercle en métal ou une seconde poêle pourront vous y aider. 5. Laissez refroidir sur un plat. Découpez en carrés d’environ 3 x 3 cm, éventuellement piqués d’un cure-dent en bois.

    Astuce : la cuisson au four est possible, mais le farçou sera plus sec et moins savoureux. Pour cela, faites préchauffer le four à 180 °C. Beurrez un moule à gratin, versez-y le tout et faites cuire 20 à 25 min. Vérifiez la cuisson en plantant un couteau dans la pâte.

     

     

     
     
     
     

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    Le café Joyeux ...Là où on est servi avec le coeur?

    Est-ce que cela ne vous donne pas envie de vous arrêter ?

    Si j'étais à Paris...C'est sûr, j'irai...Et vous? 

    Lisez l'article

     

     

    Le café \"Joyeux\" où travaillent 20 serveurs et cuisiniers autistes ou trisomiques.

     

    Installé au 23 rue Saint-Augustin, le café Joyeux est une nouvelle adresse de restauration rapide à Paris. C'est surtout un état d'esprit revendiqué par l'équipe, entièrement composée d'une vingtaine de serveurs et de cuisiniers trisomiques ou autistes. Le commerce ouvre cette semaine, et tout le monde est déjà au travail. En salle, Mathilde "prépare les cafés, les sandwichs et on donne aux clients". La jeune femme fait face aux conditions d'un vrai restaurant. "On est fatigués quand il y a beaucoup de monde", reconnaît-elle.  

    En cuisine, Charles s'occupe à éplucher des pommes pour préparer une tarte. "Il y a une belle ambiance et c’est magnifique. C’est la première fois que je travaille en cuisine. Je suis content. C’est un métier qui me plaît", assure-t-il.

    J'espère une embauche en CDI, ce serait bien pour moi,  dit Charles, employé au Joyeux

    Joyeux est fondé par l'entrepreneur breton Yann Bucaille Lanrezac, sur le modèle d'un premier commerce du même type à Rennes. "Cette idée c’est la rencontre avec un jeune garçon autiste qui m’a demandé du travail, je lui ai dit non, se souvient l'entrepreneur. Depuis ça m’a beaucoup travaillé. Je me suis creusé la tête pour trouver une solution pour proposer du travail à des personnes en situation de handicap mental ou de troubles cognitifs."

    Yann Bucaille Lanrezac veut démontrer qu'agir pour changer le regard de la société sur les personnes handicapées peut rimer avec professionnalisme. "J’attends d’eux – et c’est ce qu’ils attendent aussi - de démontrer qu’ils sont des experts dans la restauration. Ils veulent montrer qu’ils sont capables de faire ça", insiste le patron. les commandes. (BRUNO ROUGIER / RADIO FRANCE)


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