• Avec Rêver debout,   Lydie Salvayre propose dans cette rentrée littéraire un livre inattendu. Dans ce court roman en forme de manifeste, la lauréate du prix Goncourt 2014 interpelle le créateur de Don Quichotte dans une suite de missives aussi engagées que drôlatiques, qui évoquent l'Espagne de Cervantès, mais renvoient également de manière cinglante à notre époque contemporaine.

    Ce nouveau roman de l'autrice de Pas pleurer est une invitation à "rêver debout", à défendre ses convictions coûte que coûte, tel le "vaillant chevalier à la triste Figure", quitte à se prendre les pieds dans le tapis, se relever, et repartir à l'assaut des noirceurs du monde pour tenter de les vaincre, encore et encore, envers et contre tout.

     Lydie Salvayre défend Don Quichotte, en tous points. "En un mot, je suis fan", dit-elle à Cervantès. Pourquoi l'aime-t-elle autant ? D'abord pour son "goût immodéré pour la liberté et la justice". Don Quichotte ne se satisfait pas "de cette plate, cette pauvre, cette piteuse réalité".

    Loin d'être un doux rêveur cherchant à "imposer une illusion spécieuse en lieu et place de la réalité", Don Quichotte au contraire "perçoit parfaitement la réalité", nous dit-elle, "mais il la perçoit depuis ce que Victor Hugo appelle le promontoire des songes".

    Ainsi, à travers ses yeux, c'est une réalité "élargie" qui s'ouvre à nous, une réalité "qui se transmue, qui se déploie, s'exorbite et prend parfois des aspects fantastiques". Toujours prêt à en découdre, Don Quichotte n'est pas un calculateur, il veut "la fin sans disposer des moyens", d'où ses nombreux déboires.

    "S'il échoue donc vingt fois d'affilée, c'est parce que son ambition de départ est titanesque, et son combat colossal : rien de moins que braver l'univers entier, comme il sera écrit sur sa tombe ; rien de moins que combattre l'asservissement des plus faibles, l'injustice des puissants et l'immunité des salauds."

    Lydie Salvayre

    "Rêver debout'", page 37

    Amoureux inconditionnel de sa Dulcinée (même si cette jeune fille d'extraction paysanne, sans pedigree, "cocotte", il "l'aime dans son entièreté"), ami fidèle de son compagnon de route, Sancho Panza, qu'il traite comme son égal, Don Quichotte est un vrai rebelle, un personnage subversif, doté d'une bonté et d'un courage sans limites.

    Un livre plein de vitalité, qui interroge sur ce qu'il convient de tenter pour rester vivant, à savoir, "rêver debout". J'ai vraiment aimé.

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  •    Je sors du magasin, je rentre mon panier de provisions dans ma voiture , je lève la tête

    et je vois deux personnes qui viennent vers moi...

    Surprise ! Je ne les ai pas vus depuis  plusieurs mois...

    Seul le téléphone nous reliait de temps en temps...

    Lui, depuis plus d'un an, souffre de tremblements continus,  il se sent très mal, incapable de rien faire

     Il ne supporte pas que sa femme téléphone trop longtemps,le bruit le gêne

    Il ne veut pas qu'elle invite quelqu'un à la maison,il se sent trop délabré.

    Seule , la marche à pied le détend un peu .

    Les rencontres imprévues , comme celles que nous venons d'avoir, lui  conviennent car elles sont courtes.

    Il ne tremblait pas quand  il m'a dit bonjour  mais, très vite, je le vois s'agiter, d'abord tout doucement,

    puis de plus en plus fort..Il me dit  qu'il a beaucoup de peine à se concentrer...

    Lui qui jouait du violon et du piano, qui faisait des conférences...il ne peut plus...

    Parfois, quand même, il arrive à jouer du violon  un moment...

    et alors il ne tremble plus mais dès qu'il s'arrête, cela recommence...

    Bien sûr, sa femme l'a conduit chez de nombreux docteurs de toutes sortes,naturopathes, acupuncteurs...

    Et il a eu des scanners, des radios...

    Mais aucun traitement ne semble efficace....

    Nous nous quittons, je vois son regard désolé, plein d'angoisse...

    Quelle épreuve !  Pour lui comme pour elle...


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  • Ils vont à une réunion.

    Ils font une halte pour prendre avec eux un ami et une autre personne qui se rendent au même lieu.

    Leur ami est très énervé  et, bien que peu bavard d'ordinaire, il n'arrête pas de parler et de vitupérer contre tous ceux qui manifestent tous les samedis parce qu'ils n'acceptent pas le pass sanitaire.

    Inutile, eux, de leur dire s'ils sont, d'accord ou non, avec lui...Il est incapable  d'entendre ceux qui ne pensent pas comme lui.

    Alors,au bout d'un moment,  le chauffeur lui demande de parler d'autre chose...

    Mais il n'entend pas et continue de plus belle...Le trajet est un peu long et le chauffeur s'inquiète, il ne sait pas ce que pense l'autre personne qu'ils ont pris en route et il craint qu'elle soit mal à l'aise...

    Il patiente encore un peu.Puis lui aussi s'énerve et il lui dit que s'il ne veut pas

    changer de sujet et se calmer, il va être obligé de s'arrêter et et de le laisser au bord de la route....Brusque silence...Il ne dit plus un mot...

    La conversation reprend...Ils abordent d'autres sujets , se donnent des nouvelles de leurs enfants...Aimablement, l'autre dame  lui pose une question...

    Il répond séchement: "on m'a interdit de parler"

    Et quand ils sont sur le chemin du retour et qu'ils le déposent près de chez lui,il sort de la voiture sans leur dire au revoir, sans le moindre mot....

    Les amis sont bien ennuyés. Faut-il couper les ponts? Ou bien attendre un

    peu et tenter de renouer la relation ?

     


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  • Dites-leur que je suis vivant

    Film de Caroline Conte et Thomas Robin -

    C’est un film qui nous tient particulièrement à coeur. Un film initié par un duo de jeunes réalisateurs,

    Caroline Conte et Thomas Robin,

    “Dites leur que je suis vivant” raconte l’histoire de Claire et Antonin; de Katia et Soham; de Sandrine,

    Jean-François et Baptiste. L’histoire de parents endeuillés qui vivent entre deux mondes,

    celui de leurs enfants morts trop tôt mais autrement présents, autrement vivants ;

    et celui dans lequel il faut bien continuer à vivre et qui enveloppe trop vite ces enfants d’un halo de silence.

    Le film est sans arrêt sur un fil. Émouvant mais sans pathos. Juste dans les mots qu’on y entend,

    dans les silences que les réalisateurs laissent parfois s’installer.

    Beau aussi, dans les images, le soin apporté au cadrage. Chacun s’y retrouvera, chacun s’y reconnaîtra.

    J'ai vu ce film et je l'ai apprécié.

    Ceux qui sont morts et que nous avons aimé continuent à vivre en nous...

    Lire interview de Caroline Conte >> | Voir un extrait du film 

     
     
     
     
     

     

     

     

     

    Dites-leur que je suis vivant

    Genre : Société

    Durée : 50 minutes

    Réalisateur : Caroline Conte, Robin Thomas

    Nationalité : France

    Année : 2020

     

     
     

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  • Tout le bleu du ciel

    Oui, c'est une merveilleuse surprise , ce premier roman...

    C'est un livre épais qui se dévore...

    Aussi je ne vous raconterai pas l'histoire, je vous laisse le plaisir de la découvrir...

    Ce n'est pas un livre triste et déprimant même si, dès le début , on y parle de la mort prochaine du personnage principal.

    Au contraire, il donne envie de vivre intensément ...jusqu'au bout

     

     

    Voici ce qu'en dit le Livre de poche

     

    " Petitesannonces : Jeune homme de 26 ans, condamné à une espérance de vie de deux ans par un Alzheimer précoce, souhaite prendre le large pour un ultime voyage. Recherche compagnon(ne) pour partager avec moi ce dernier périple.
    Émile a décidé de fuir l’hôpital, la compassion de sa famille et de ses amis. À son propre étonnement, il reçoit une réponse à cette annonce. Trois jours plus tard, devant le camping-car acheté secrètement, il retrouve Joanne, une jeune femme coiffée d’un grand chapeau noir qui a pour seul bagage un sac à dos, et qui ne donne aucune explication sur sa présence.
    Ainsi commence un voyage stupéfiant de beauté. À chaque détour de ce périple naissent, à travers la rencontre avec les autres et la découverte de soi, la joie, la peur, l’amitié, l’amour qui peu à peu percent la carapace de douleurs d’Émile.

    Un livre aux dialogues impeccables et aux personnages touchants d’humanité. Psychologies magazine.

    Bouleversant. Version femina.

    PRIX ALAIN-FOURNIER 2020 "

    "


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