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    Aimeriez-vous vivre dans ce pays?

    J'ai reçu, hier, ce mail avec ces photos qui nous font partager la vie dans ce pays

    Qu'en dites-vous?


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     J'ai été émerveillée en lisant ce texte

     

     

    EMERVEILLEMENT de Matthieu Ricard

    EMERVEILLEMENT de Matthieu Ricard
    EMERVEILLEMENT de Matthieu Ricard
    EMERVEILLEMENT de Matthieu Ricard

               Ma participation au livre  EMERVEILLEMENT de Matthieu Ricard.                                                                           

                                                           **********************

    Lorsque Matthieu m’a proposé d’écrire sur l’émerveillement, un instant la tasse de thé que je tenais a perdu du poids. Une réflexion m’est immédiatement venue à l’esprit et je l’ai serrée contre mon cœur : on ne peut pas écrire sur l’émerveillement, on ne peut qu’écrire avec lui afin qu’il devienne contagieux !

    Depuis un demi-siècle, mes yeux ne laissent plus entrer la lumière, et pourtant cette proposition d’écrire sur l’émerveillement – même si dans cet ouvrage le déclencheur semble être strictement visuel – ne m’a pas déstabilisé. Loin de l’accueillir comme un défi, je l’ai entendue telle une invitation à la complicité. 

    Lors de mon entrevue avec Matthieu, la tranquillité de sa voix, le poids de la tasse entre mes doigts, le goût du thé, tout était réuni pour que je dise « oui » à sa proposition ; en toute confiance, un « oui » a donc éclos sur mes lèvres. Dans l’enthousiasme et la beauté du moment partagé, la gratitude m’a semblé le plus beau des jardins pour que croissent les graines de mots et que fleurisse l’émerveillement.

    Et comme quelquefois il m’est offert de surprendre le langage des oiseaux, j’ai entendu dans le verbe émerveiller : aimer et veiller.

    Même si, éthylique, il titubait devant moi, je ne fouillerais pas dans les poches du destin. Connaître l’avenir serait, à coup sûr, passer à côté de la possibilité de s’émerveiller, verbe dont la conjugaison ne peut se faire qu’au présent.

    Émerveillement, abrupt rayon de soleil sur la glace de notre indifférence !

    Quand l’émerveillement fluidifie la glace de notre torpeur, créant une alchimie entre temps et espace, l’objet vu, entendu, senti — photos, paysages, musiques, fleurs — perd le statut d’objectivité. L’observateur, lui aussi, vacille, fond. Une bourrasque de jubilation saisit alors objet et sujet, les accordant à un diapason invisible.

    Révélation, communion, unité de la Lune et de son reflet, du cri et de l’écho, d’un paysage et de sa photo.

    L’émerveillement est à l’amour ce que le vent est aux cordes tendues de la harpe.

    Il me vient alors à l’esprit cette histoire : Un puissant nabab et un pauvre paysan avaient chacun un enfant. Le puissant seigneur monta avec son fils en haut de la plus haute colline. Il lui montra le paysage en contrebas et lui dit avec orgueil :

    — Regarde, mon fils ! Un jour, tout cela sera à toi, le jour où tu me succéderas.

    D’un geste ample, il désigna rizières, temples, maisons, étangs, et même les gens qui travaillaient dans les champs. Le fils ressentit alors une grande exaltation, une ivresse de puissance, un bonheur intense. Mais tandis qu’il redescendait prudemment de la colline, ce bonheur fut perturbé par des pensées de peurs : et si son père demain changeait d’avis ? Et si des intrigants prenaient le pouvoir ? Et si… Et si…

    Pendant ce temps, le paysan pauvre montait tranquillement avec sa fille sur l’autre versant de la même colline. Arrivé en ligne de crête, il lui murmura, une larme de gratitude coulant sur sa joue :

    — Regarde, ma fille. Regarde !

    Debout et en silence devant le paysage grandiose, l’enfant, attentive aux sons qui montaient de la vallée, aux arômes, aux couleurs, au moindre souffle de la brise, goûta alors à l’émerveillement simple, celui qui réenchante le monde.

    L’émerveillement exprime avec gratitude notre impossibilité à comprendre le monde, nous faisant passer comme le disait un ami cher « de l’ignorance triste à l’ignorance joyeuse. »

    Selon moi, la nature et l’art, sont les moyens inventés par la vie pour nous faire réaliser notre rôle de co-créateur.

    Mais seule l’eau transparente de l’attention

    Dit l’émerveillement et réveille l’inspiration.

    Émerveillé comme Mozart écrivant son Requiem

    Nu, je me suis alors offert au courant

    La vie m’a fait un croc-en-jambe en criant je t’aime.

    Eau, soleil, air, vous êtes devenus mon visage, mes vrais parents.

     

    Les images de Matthieu Ricard sont une invitation à l’émerveillement ; regardons-les le cœur grand ouvert, comme la fille du paysan de l’Inde !

     

    EMERVEILLEMENT de Matthieu Ricard
    EMERVEILLEMENT de Matthieu Ricard

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    Emportez-moi dans une caravelle

    Dans une vieille et douce caravelle,

    Dans l'étrave, ou si l'on veut, dans l'écume,

    Et perdez-moi, au loin, au loin.

     

    Dans l'attelage d'un autre âge,

    Dans le velours trompeur de la neige,

    Dans l'haleine de quelques chiens réunis,

    Dans la troupe exténuée des feuilles mortes.

     

    Emportez-moi, sans me briser, dans les baisers,

    Dans les poitrines qui se soulèvent et respirent,

    Sur le tapis des paumes et  leur sourire,

    Dans le corridor des os longs et leurs articulations.

     

    Emportez-moi ou plutôt enfouissez-moi.

                                 Henri Michaux

     

    Depuis que j'ai découvert ce poème, depuis vingt ou trente ans,

    je ne cesse d'être charmée par sa musicalité  et par son mystère...

    Comment se perdre  peut-il être ressenti comme une sensation délicieuse?

     

    Comment ce qui nous affolle, nous inquiète,

    Comment cela peut-il  être aussi source de joie?

    Il me semble assez proche du poème de Emily Dickinson?

     


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    Mon plus grand bonheur, c'est qu'au loin
    Mon âme fuie sa demeure d'argile,
    Par une nuit qu'il vente, que la lune est claire,
    Que l'oeil peut parcourir des mondes de lumière

    Que je ne suis plus, qu'il n'est rien
    Ni terre, ni mer, ni ciel sans nuages
    Hormis un esprit en voyage
    Dans l'immensité infinie.


    Emily Dickinson, extrait du recueil Poèmes.

    En vers et avec tout
     
    Mon plus grand bonheur, dit Emily Dickinson
     

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    Saisir

     

    Recueillir le grain des heurs

    Etreindre l'étincelle

    Ravir un paysage

    Absorber l'hiver avec le rire...

    ...Embrasser la ville et ses reflux

    Ecouter l'océan en toutes choses

    Entendre les sierras du silence

    Transcrire la mémoire des misericordieux

    Redire un poème qui avive

    Saisir chaque maillon d'amitié.

                                              Andrée Chedid


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