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    Toujours il avait rêvé d'aventures

    Et, dans sa tête, combien il en avait vécues !

    Dans sa tête, c'était un coureur, un chercheur d'or, un amateur de nouveauté, un goûteur de beauté.

    Mais,en réalité, à cinquante ans, il constate que d'aventures, il en eut très peu

    et encore qu'elles manquaient de saveur

    car il avait trop peur

    peur du qu'en dira-t-on

    peur de s'aliéner

    peur de se perdre

    Et la frustration, en lui, est devenue blessure béante, désespérante...

     

    Et il a rencontré une ogresse au sourire de velours

    Et il s'est cru très audacieux, très courageux.

    Regardez ce que j'ose faire...

    Il s'est imaginé preux chevalier

    braveur d'interdits

    et l'ogresse a applaudi.

    Pour le capter,

    elle lui a fait croire qu'elle était prête à se sacrifier à l'oeuvre à créer...

    Elle est partie en croisade avec lui

    mais son but secret

    c'était seulement de le posséder

    de le couper des siens

    de le hacher menu...

    Mais fine mouche

    elle avançait masquée...

    Et il n'a rien compris...

    Et le piège s'est refermé.


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    https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2021/04/a74784b0-74db-4f9c-898f-8f3cafc3ae1b/250_131254_couverture_hres_0.webp

    "Ma mère a été toute sa vie écrasée par sa condition de femme :

    elle devait rester à la maison, faire la cuisine et le ménage.

    Un jour elle a fait exploser cette vie et s'est libérée.

    Alors j'aimerais que ce livre donne le plus de rage possible"

     

    Je viens de lire ce livre

    Une centaine de pages, des chapitres très courts

    Cela suffit pour nous faire  découvrir la vie de sa mère et, à travers elle,

    la vie de bien d'autres qui ont vécu dans un milieu social similaire.

    Cela suffit à faire  ressentir combien de vies possibles ont été assassinées avant même d'être vécues...

    Le plus de rage possible , dit l'auteur

    Oui, pour trouver soi-même, le chemin qui nous convient, celui où l'on pourra donner le meilleur de soi-même,et pour aider les autres à trouver le leur...Tant aurait seulement besoin d'une parole, d'une écoute, d'un regard pour trouver le leur et se libérer de ce qui les empêche d'être eux-mêmes


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  • Hier je suis allée rendre visite à un ami qui se trouve en EPHAD

    Quand nous serons confinés, nous ne pourrons pas nous éloigner de notre domicile, pas plus de dix  kilomètres...Et son jour de visite est le vendredi. Il faut donc que j'y aille aujourd'hui.

    Il a eu une phlébite,  maintenant il est très fatigué, il reste allongé sur son lit une grande partie de la journée.

    On m'a d'abord dit qu'il était trop fatigué pour une visite.

    J'ai un peu insisté...Toute la journée, seul dans sa chambre,épuisé, cela doit être terrible...

    J'ai pu le voir, il a été très content  de me revoir...et moi aussi;

    Il a 98 ans...Nous reverrons-nous? Je crains que ses jours ne soient comptés...

    Il me dit qu'il ne regrette rien de tout ce qu'il a fait, de tout ce qu'il a vécu...

    Il est paisible, il accueille ce qui vient...

    Nous nous regardons intensément avant de nous quitter;

    Je  souhaite qu'il se sente accompagné jusqu'au bout...

    Et comme  dans la chanson de Hervé Christiani"Il est libre, Max"

     

    "Comme il a pas d'argent pour faire le grand voyageur

    Il va parler aux habitants de son coeur

    Qu'est-ce qu'ils se racontent, c'est ça qu'il faudrait savoir

    Pour avoir comme lui tant d'amour dans le regard"

     

    Je veux, comme lui, parler aux habitants de mon coeur


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    "Alors que tant de choses chaque jour - en nous ou hors de nous - nous incitent à baisser les bras, nous détourner, choisir le retrait 

    Ne pas perdre de vue que je ne suis, que tu n'es que rarement à la hauteur de ce que nous désirerions être.

    Faire preuve de patience et de compréhension. Envers soi comme envers autrui.

    Et ne pas se laisser décourager par les échecs et les déconvenues. Ni par tout ce qui assombrit l'horizon.

    Pour ce faire, s'employer à se donner des fondations et à se construire.

    En vue d'être clair, robuste, résolu. Ainsi une tâche qui ne peut avoir de fin.

    Qui implique en outre lucidité et courage. Soit le refus de toute illusion. 

    De sorte que rien jamais ne puisse déraciner notre foi en l'homme. En l'humanité."

          

                                                           Charles Juliet- Journal IV 82-88


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    Elle était hyper sensible.

    Elle avait des radars partout et ce qu'il y avait dans votre tête, elle le savait;

    Inutile de faire semblant , de prononcer les mots attendus s'ils ne venaient pas en ligne directe du coeur.

    Et justement c'était dans ces moments douloureux où l'autre était tenté de décorer la réalité

    de couleurs plus gaies tant il était effaré de voir son visage béant se refermer comme une plaie...

    c'était dans ces moments qu'elle devenait extra lucide et d'une perméabilité extrême à toutes les nuances de vos sentiments et de vos changements d'humeur.

    Non, inutile de la tromper, elle souffrirait d'autant plus qu'on avait désiré l'épargner;

    C'était tout à son honneur : elle refusait de vivre de leurres.

    Mais son intransigeance vis à vis d'elle-même était telle qu'elle se refusait parfois jusqu'au jusqu'au droit de

    respirer et d'accepter la place que ses amis désiraient lui accorder;

    Qui sait si l'air que nous respirons n'était pas lui-même source d'illusions?

     


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