•  

    J'ai beau scruter le ciel

    Aucun cheval ailé n'apparaît

    Seule une masse grisâtre et informe

    altère le bleu du ciel

     

    Pourtant j'ai grand besoin de m'échapper

    grand besoin de m'envoler

    de  m'extraire du néant

    de faire briller la petite flamme de la vie.

     

    Pourquoi ne puis-je, là où je suis,

    dans la solitude de ce jour,

    me relier à tout ce  qui est vivant ?

     

    Mais voici que,dans le ciel, j'aperçois

    une masse grise qui s'étire, s'étire...

    Mais voici un lit, me dis-je

    un lit volant !

    Pourquoi ne pas s'allonger

    et se laisser emporter,

    se laisser voguer

    Et soudain je sens des vagues qui m'emportent,

    qui m'élèvent dans le ciel....

     

    Cesse tes délires, me dis-je,

    La mer  est plus basse que la terre

    et ne permet pas de s'envoler..

     

    Mais une autre voix me dit :

    Tu sens bien que tu t'envoles

    et que tu respires mieux.

    Tu sens bien ces vagues qui te soulèvent...

    Ce n'est pas la réalité vraie, la réalité objective

    Mais tu sens bien ce bien-être qui t'envahit

    Cette joie qui te transporte et resplendit.

    Laisse-toi bercer sur ce lit de nuages.

     

    Tu t'es enfin retrouvée.

    La terre , le ciel et la mer se sont  réunis.

     

     


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  • Le mois dernier, j'étais à l'hôpital et je me souviens , un jour, avoir longuement regardé les nuages...

    Et  avoir admiré, un long moment, un nuage qui s'est transformé  en cheval ailé

    et qui, sous mes yeux admiratifs, chevauchait un autre nuage énorme et informe.

    Et  j'ai pensé aussitôt au poème "Plein ciel" de Jules Supervielle.

    C'est un poème que j'avais tenté d'apprendre, il y a quelques années et il m'en restait des bribes dans la tête.

    J'ai demandé à mes enfants de m'apporter le carnet où je l'avais noté et, en un rien de temps, je l'ai  appris et j'ai plaisir maintenant  à me le redire et même à le chanter.

    Le voici :

     

           Plein ciel

     

    J'avais un cheval

    Dans un champ de ciel

    Et je m'enfonçais dans le jour ardent.

    Rien ne m'arrêtait.

     

    J'allais sans savoir.

    C'était un navire

    Plutôt qu'un cheval.

    C'était un désir

    Plutôt qu'un navire.

    C'était un cheval

    Comme on n'en voit pas.

    Tête de coursier

    Robe de délire

    Un vent qui hennit

    en se répandant.

     

    Je montais toujours

    Et faisait des signes.

    ...Suivez mon chemin

    Vous pouvez venir

    Mes meilleurs amis

    La route est sereine

    Le ciel est ouvert.

     

    Mais qui parle ainsi

    Je me perds de vue

    Dans cette altitude

    Me distinguez-vous?

    Je suis celui  qui

    Parlait tout à l'heure.

    Suis-je encore

    Celui qui parle à présent?

    Vous-même, amis,

    Etes-vous les mêmes?

    L'un efface l'autre

    Et change en montant.

     

    Jules Supervielle

     

     

     


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    Le roi vint pour ouvrir la porte

    Avec son sceptre et sa clé d'or.

    Le roi vint pour ouvrir la porte.

    Il lui fallut rester dehors.

     

    La reine vint avec l'anneau,

    La clé d'argent et son camée

    La reine...

    Mais la porte resta fermée.

     

    Puis vint un mage avec sa pie,

    Ses talismans et sa clé rouge.

    Puis...

    Mais aucun des verrous ne bouge.

     

    Lors on manda un serrurier

    Avec les mille clés du monde.

    Lors...

    La porte ne frémit d'une ombre.

     

    Alors un pauvre homme arriva

    Par hasard devant cette porte.

    Alors...

    Et il l'ouvrit sans embarras.

     

    Maurice Carême


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  • " Ecrire, c'est dessiner une porte

    sur un mur infranchissable,

    Et puis l'ouvrir."

                        Christian Bobin (L'homme-joie)

     

    C'est exactement ça : que je désire

    Ouvrir une porte

    Mais où est-elle cette porte?

    Où est-il ce mur?


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  • " Si j'écris, c'est disons pour ouvrir une porte

    Le plus curieux j'ignore

    A quel moment se fait cette ouverture.

    D'ailleurs ce qui se lève

    C'est peut-être un rideau."                Guillevic

     

     

    Voilà une semaine que je suis au centre de Dieulefit Santé pour vivifier coeur et poumon.

    Hier, j'ai eu de la visite : mari, fils, petit fils, frère, belle soeur...

    Le samedi et dimanche, il n'y a pas d'activités, j'avais toute la journée libre....

    Mais nous n'avons pas pu nous promener dans le parc tant le vent était violent.

    Tellement fou ce vent que le soleil a pris peur et s'est caché royalement.

     

    Ce matin, peu à peu le  vent s'est  calmé un peu....Il est toujours là mais bien plus raisonnable...

    Et le soleil est là lui aussi...Merveille! Une petite sortie , dès le matin.

    Sait-on jamais !

    il peut lui prendre l'idée de disparaître...

    Mais non ! Nous avons mangé et il est toujours là....

    Un peu de repos, les repas sont souvent fatigants pour moi...(trop à manger)

    Et me revoilà dehors...Je me hasarde un peu plus loin....

    Je pense à marcher lentement, je n'ai pas pris l'appareil à oxygène que je trouve trop embarrassant...

    Mais je ne vais pas loin . et il y a des bancs un peu partout...

    Et voilà une chaise,à l'abri et au soleil, avec une belle vue ....

    Je me laisse caresser par le soleil, je savoure ce moment de grâce....

    Je suis là pour reprendre des forces, pour mieux respirer....

    Je ne veux pas penser à plus tard, à tous les tracas qui peuvent advenir...

    A chaque jour suffit sa peine ....et sa joie !

    Et, tout à l'heure, des amis vont venir.

     

     

     

    J'étais déjà venue à Dieulefit Santé en 2011 après l'opération du poumon.

    J'ai relu ce que j'avais écrit à ce moment là, cela a ravivé bien des souvenirs.


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