•    J'aime...Je n'aime pas...Comment savoir?

     

       J'aime parfois ce que je n'aime pas et parfois je n'aime pas ce que j'aime.

     


       J'aime ce qui est simple et,pourtant, en moi,c'est un labyrinthe touffu et obscur que je découvre et je ne sais où porter mes pas pour m'établir au point juste où je serai ,moi ,sans masque.
       En moi est un écheveau de laine emmêlé et je ne sais quel fil tirer pour le transformer en une belle pelote bien ronde et bien lisse qui pourra être utilisé pour fabriquer un petit chef d'oeuvre.

     

       J'aime ce qui ouvre, ce qui va vers le partage et la découverte et, pourtant,

    en moi,sans cesse me guette la tentation de me dédoubler, pour assister frileusement,

    à la rencontre possible mais si pleine de risques.

     

      J'aime voyager: en moi, un être nomade, frétille d'impatience et de curiosité

    mais la peur irraisonnée de ne plus retrouver les lieux et les êtres qui me sont familiers,

    la peur de me perdre me font rester sur place et je me sens prisonnière.


       

        J'aime la couleur bleue : cette couleur m'apaise,m'exalte,me tonifie,elle offre tant de nuances...

    Et je la chéris d'autant plus que j'ai mis longtemps à la découvrir comme faisant partie de moi...

    mais j'ai besoin de couleurs plus éclatantes comme le jaune,le rose et même le rouge..

    J'ai besoin de toutes les autres.

     

       J'aime la caresse d'un vent léger,

    j'aime ce qui est doux, tendre et apaisant,

    mais je peux aussi aimer la tempête

    et parfois j'aime ce qui dérange et rappelle que la vie n'est qu'un perpétuel changement.

     

          J'aime quand le temps s'arrête et nous fait croire à l'éternité..

    .Je n'aime pas quand il file entre les doigts comme dans un sablier..

    .J'écris pour arrêter le temps, pour qu'il ne se perde pas vainement.

     

       J'aime ne plus avoir peur,

    j'aime goûter le moment qui est là, le respirer, le humer, l'accueillir tel qu'il est et m'en réjouir.

    Quand je connais ces moments-là, c'est un bonheur exquis,

    un trésor précieux que je savoure au moment où je le vis et longtemps après.

     

          J'aimerais être sans attente et sans inquiétude, simplement ouverte à ce qui vient.

     

         J'aimerais mourir les yeux ouverts, dans la joie et la lucidité,

    entourée de ceux que j'aime et ayant partagé avec eux l'essentiel.

     

    Je viens de retrouver ce texte écrit en 2010...

    ce que j'ai écrit alors correspond toujours  à ce que je ressens au fond de moi...

    Pas  beaucoup de changement...hélas...ou tant mieux !

     

     

     


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  • L'an dernier, je la rencontrais pour la première fois.

    Elle était chez sa fille où elle allait vivre désormais.

    Petite pomme ridée, toute menue, mais si vivante...malgré ses 85 ans...

    Les yeux pétillants, s'intéressant à chacun, pleine de chaleur humaine....

    L'autre jour, je rencontre son gendre qui me dit leur  inquiètude.

    La mamie a eu un AVC ces temps derniers et depuis, elle a des pertes de mémoire...

    Toujours soucieuse d'apporter de l'aide , elle veut encore continuer à participer aux travaux de la maison etelle  fait brûler des casseroles...Elle voudrait pouvoir  conduire à nouveau sa voiture...Son kiné a essayé de lui faire comprendre qu'elle n'en avait plus la capacité et elle lui a répondu :"peut-être, plus tard, ça reviendra"

     

    Que la vieillesse et la maladie sont dures à accepter parfois !

    Pourvu qu'elle ne perde pas son beau sourire, cette chère vieille dame !

     


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  • Il vivait seul depuis longtemps.

    Depuis que sa femme était partie, il estimait qu'il n'avait plus de chez-soi mais seulement un lieu pour dormir, manger, déposer ses affaires.

    Le temps  s'écoulait, le désordre s'accroissait, il n'éprouvait pas la nécessité de refaire les peintures, de mettre un peu d'ordre...ou alors seulement si un visiteur s'annonçait mais ils étaient de plus en plus rares...Comme si le regard méprisant qu'il portait sur son propre appartement avait contaminé aussi le regard des autres...

    Un jour cependant, il éprouva la nécessité de jeter les divers objets qui encombraient son territoire et dont il ne pouvait plus faire usage....

    Mais c'était une tâche difficile..Il était très bricoleur et son bonheur, c'était de réparer ce qui était cassé ou de trouver un autre usage à ce qui était dépareillé...alors comment jeter ce qui ne servait plus?

    Chaque objet jeté, c'était comme s'il se séparait d'une partie de lui-même, comme s'il se mettait lui-même à la poubelle...comment ne pas souffrir?

    Heureusement, il avait trouvé une association qui collectait  , récupérait tous ces divers objets dont nous n'avons plus usage mais qui pourraient peut-être servir à quelqu'un d'autre, trouver un autre usage...

    C'était moins douloureux pour lui que de les porter à la déchetterie.

     


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  • Il avait la soixantaine.

    Il avait toujours aimé être en mouvement : marcher, faire du ski, faire du vélo, nager, danser...Il n'en avait jamais assez et plus il avançait en âge et plus son désir s'exacerbait...

    Il était sociable et il aimait les rencontres...

    Pourtant, quand des amis les invitaient, il disait à sa compagne : nous irons s'il pleut car s'il fait beau , je préfère faire du vélo....et elle le regardait, ahurie...Comment avoir des relations amicales avec les autres en agissant ainsi...et comment n'en était-il pas conscient?

    Est-ce la peur de la vieillesse qui  accentuait en lui ce besoin d'être toujours en mouvement...S'imaginait-il qu'en se prouvant à lui-même qu'il était capable d'avaler des kilomètres il resterait ainsi éternellement jeune et fringant?

    Son insatisfaction perpétuelle l'empêchait de savourer les bons moments que la vie lui offrait.

     


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  • Elle s'était réveillée et elle s'était crue guérie...

    Pas de douleur ni aux genoux, ni à la nuque, pas mal au dos, pas mal à la tête...Mal nulle part...

    Elle respirait paisiblement, elle ne toussait plus...

    Dehors , le soleil s'annonçait déjà...

    En fin de matinée, elle se dit qu'il fallait profiter de cette journée superbe.

    Elle prit bonnet, gants et cache-nez, accessoires qu'elle oubliait régulièrement auparavant, mais elle se savait fragile et ne voulait pas tenter le diable....

    Il y avait du soleil mais il y avait aussi du vent, beaucoup de vent...C'était plaisant quand le chemin était protégé par de grandes haies mais la marche devenait plus malaisée dans les passages ventés et ce fut un soulagement quand elle aperçut la maison tout en haut du chemin...Elle allait pouvoir se reposer et, dans un moment, tout irait bien à nouveau... Du moins, elle l'espérait.


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