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    Toujours il avait rêvé d'aventures

    Et, dans sa tête, combien il en avait vécues !

    Dans sa tête, c'était un coureur, un chercheur d'or, un amateur de nouveauté, un goûteur de beauté.

    Mais,en réalité, à cinquante ans, il constate que d'aventures, il en eut très peu

    et encore qu'elles manquaient de saveur

    car il avait trop peur

    peur du qu'en dira-t-on

    peur de s'aliéner

    peur de se perdre

    Et la frustration, en lui, est devenue blessure béante, désespérante...

     

    Et il a rencontré une ogresse au sourire de velours

    Et il s'est cru très audacieux, très courageux.

    Regardez ce que j'ose faire...

    Il s'est imaginé preux chevalier

    braveur d'interdits

    et l'ogresse a applaudi.

    Pour le capter,

    elle lui a fait croire qu'elle était prête à se sacrifier à l'oeuvre à créer...

    Elle est partie en croisade avec lui

    mais son but secret

    c'était seulement de le posséder

    de le couper des siens

    de le hacher menu...

    Mais fine mouche

    elle avançait masquée...

    Et il n'a rien compris...

    Et le piège s'est refermé.


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    Elle était hyper sensible.

    Elle avait des radars partout et ce qu'il y avait dans votre tête, elle le savait;

    Inutile de faire semblant , de prononcer les mots attendus s'ils ne venaient pas en ligne directe du coeur.

    Et justement c'était dans ces moments douloureux où l'autre était tenté de décorer la réalité

    de couleurs plus gaies tant il était effaré de voir son visage béant se refermer comme une plaie...

    c'était dans ces moments qu'elle devenait extra lucide et d'une perméabilité extrême à toutes les nuances de vos sentiments et de vos changements d'humeur.

    Non, inutile de la tromper, elle souffrirait d'autant plus qu'on avait désiré l'épargner;

    C'était tout à son honneur : elle refusait de vivre de leurres.

    Mais son intransigeance vis à vis d'elle-même était telle qu'elle se refusait parfois jusqu'au jusqu'au droit de

    respirer et d'accepter la place que ses amis désiraient lui accorder;

    Qui sait si l'air que nous respirons n'était pas lui-même source d'illusions?

     


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      Elle avait vécu de longues années,  une vie dépourvue d'imprévu, aux côtés d'un mari besogneux et tranquille à qui, bien qu'il ne fut guère porté aux excès, elle reprochait de boire et de fumer : reproches injustifiés qui en cachaient d'autres plus réels mais informulés. Cependant peu de choses troublaient le calme de leur vie tant ils s'étaient habitués à accepter les limites que l'autre jugeait bon d'imposer.


      Un jour, à son grand désarroi, elle se retrouva seule. Lui qui n'était jamais malade partit le premier...Et c'est elle qui restait...Elle voulut continuer sa vie dans sa maison, mais sa fille cria à la folie, dit que le chagrin la faisait déraisonner et elle l'emmena d'autorité dans son petit appartement au sein d'une grande ville si vaste et si bruyante que désormais elle ne sortit plus au dehors sans donner le bras à sa fille, le samedi ou le dimanche,  s'il faisait beau, si sa santé le permettait .
      Ainsi son horizon, déjà étroit, le devint davantage...Plus de courses à faire chez les commerçants,, plus de bavardages avec les voisins, elle se ratatina, elle devint un peu plus sourde, un peu plus emprisonnée, un peu plus lente, un peu plus perdue dans un courant de pensées qui tournait en rond dans sa tête...


      De temps en temps , quelques ennuis de santé la conduisaient à l'hôpital : C'était une distraction dans sa vie recluse. Elle en revenait de bonne humeur, en ayant fait le plein de vie ..et elle se laissait chouchouter par sa fille qui , n'ayant pas eu d'enfant, était tout heureuse de voir sa mère si dépendante d'elle . Les soins qu'elle lui prodiguaient justifiaient sa vie.
     Aussi lorsque son frère proposa de la garder pendant les vacances,, elle dit que c'était totalement impossible vu l'état de santé de leur mère. Elle décida qu'elle ne pourrait plus se rendre chez son frère avec elle , c'était beaucoup trop fatigant et dangereux. Sait-on jamais, si cette mère tant aimée, en visite chez lui et en compagnie de ses petits enfants, osait dire qu'elle avait envie de rester...si, elle, sa fille devait retourner sans sa mère..qui soignerait-elle, toute seule dans son appartement, qui dorloterait elle?
      Car, en soignant sa mère, c'était elle-même qu'elle soignait, c'était son manque qu'elle comblait..Et c'est pourquoi elle se voulait indispensable auprès d'elle;
      Enfin, elle l'avait tout à elle, elle n'avait plus besoin de la partager. Elle avait transformé sa mère en petite fille dépendante, la boucle était bien fermée, la mort ne viendrait pas.   Du moins  elle désirait s'en persuader.

    Comment va-t-elle vivre quand sa mère ne sera plus là?


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  • Il a quatre ans.

    Il dit à sa mamie :

    "Est-ce que tu sais pourquoi  ma petite chérie n'est pas encore venue me voir?"

    Puis, un moment après, il conclut :

    "  Ce n'est pas grave, je l'attendrai."

    Un autre jour, il passe avec elle devant un magasin de vêtements, il voit dans la vitrine une magnifique robe rouge et il dit:

    "Tu vois, quand elle viendra, c'est cette robe là que je lui achèterai".

    Et il se réjouit déjà du jour où il pourra lui faire ce magnifique cadeau.

     

    L'histoire est vraie, c'est sa grand-mère qui me l'a racontée.


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      Elle avait 16 ans. Cette année-là, pour la première fois, elle n'allait pas passer tout l'été à la maison...

    Non, elle était employée dans une maison au Vercors.

    C'était un grand chalet situé sur une hauteur et tous les matins, dès qu'elle était réveillée, elle se  précipitait dans le pré voisin  D'où elle contemplait le paysage...Elle n'en a pas un souvenir précis.

    La seule chose qui  lui reste en mémoire, c'est la sensation de bonheur extrême qu'elle éprouvait, c'était comme si deux bras l'enlaçaient: deux bras très doux, très tendres comme une mère enfin retrouvée...Ce lieu ruisselait d'invisible et ouvrait à la vraie vie et ce moment passé seule dans le silence et la luminosité du matin embellissait toute sa journée...il lui semblait que le temps était suspendu.
       Qu'en ce lieu idyllique, un drame puisse avoir lieu...cela n'était pas possible...

    Même la mort y perdait l'effroi qu'elle suscitait d'ordinaire, elle devenait simplement un moment de vie qu'il s'agissait de vivre tout comme un autre, dans la même plénitude, la même sérénité que tout autre , avec même une chanson au bord des lèvres pour célébrer la vie qui va et vient.
      Elle allait donc, chaque matin, contempler ce paysage,  s'y ressourcer, s'émerveiller de cette beauté ,à perte de vue s'enchanter de ce silence qui bruissait à ses oreilles...toujours un peu étonnée quand les bruits de la maison lui rappelaient que les autres s'éveillaient et qu' elle devait les rejoindre...étonnée que le temps ait passé si vite...étonnée mais sans aucune tristesse;  même enfermée entre quatre murs,ce paysage , elle le gardait en elle et il la protégeait de toute agression...C'était le bonheur.


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