• "Deux grandes catégories dans l'humanité:

     

    ceux qui sont incapables de sortir d'eux-mêmes, n'agissent qu'en fonction de ce qu'ils sont et de ce qui les meut.

     

    Et ceux qui spontanément savent se quitter et s'identifier à autruil'éprouvent comme un autre soi-même,

     

    vivent de ce qu'il ressent, désire, redoute...

     

    doivent compter avec lui dans tout ce qu'ils font, ont le constant souci de ne jamais l'écarter, le blesser, le léser, le dominer."

                                                                          Charles Juliet 

     

    Qu'en pensez-vous?

    Je ne suis pas sûre d'être tout à fait d'accord avec ce que nous dit Charles Juliet.

    Peut-être bien sommes-nous un peu dans ces deux catégories?

     

     


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  • Quand elle aimait quelqu'un

    elle le malaxait

    elle le modelait pour qu'il soit à sa convenance

     

    Quand elle aimait quelqu'un

    elle le torturait

    elle ne savait pas qu'on pouvait aimer autrement

     

    Quand elle aimait quelqu'un

    elle n'avait de cesse qu'elle ne le rende dépendant.

    Il ne fallait pas qu'il lui échappe.

    Elle avait trop peur de le perdre.

     

    Elle se demandait bien pourquoi

    après s'être approchés d'elle...

    tant éprouvaient le besoin de prendre de la distance

    ou même de s'enfuir.

     

    Elle se demandait bien pourquoi

     elle ne trouvait pas son amoureux;

     

    Les hommes étaient bien inconstants , se disait-elle


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  •  

    Seul sur son banc
    seul mais pas isolé
    les arbres lui tiennent compagnie
    d'ailleurs il fait partie du décor
    il vient là tous les jours
    de cinq à sept.
    Il ne fait rien
    il ne lit pas 
    il ne semble pas voir
    ce qui se passe autour de lui.


    Une vision intérieure
    l'absorbe tout entier 
    mais il n'y est pas enfermé.
    Un jour,un autre esseulé
     s'est assis à ses côtés.
    Il lui a adressé la parole
     et il lui a répondu
    sans manifester
    la moindre contrariété 
    ni le moindre contentement.

    Enigmatique il l'est,
    énigmatique il demeure
    Qui découvrira son secret?


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  •   Longtemps il avait cru qu'il n'était pas beau.

    Chaque matin, il grimaçait devant son miroir en se rasant. Il gardait rigoureusement fermés ses cols de chemises, les poignées de ses manches aussi...tant sa poitrine et ses bras velus l'irritaient. Il lui fallut de longues années pour s'habituer à son apparence. Il n'était pas très certain, la cinquantaine venue, d'y être parvenu...mais cela ne l'inquiètait plus, beau ou laid, qu'importe, il allait son chemin, il allait le chemin de ses rêves, il ne perdait point sa vie en vains regrets. Ainsi il était...il saurait se faire aimer malgré ce corps qui lui faisait ombre.

     

      A présent, il avait acquis l'assurance qui lui avait fait défaut dans sa jeunesse...et plus il vieillissait et plus il devenait charmant et enjoleur, insaisissable et d'autant plus captivant...Il savait à merveille entretenir la tendresse que ses nombreux amis de tous âges lui accordaient...Mais il n'était jamais satisfait, il avait besoin de l'admiration et de l'amitié chaleureuse de toutes les femmes qu'il approchait...Un petit mot à celle-ci, un sourire à celle-là, une plaisanterie pour détendre l'attristée, un mot flatteur pour la coquette...à chacune il donnait la sensation d'être proche, d'être l'ami...Il inspirait confiance et s'il était de plus en plus touchant et attirant, c'est que, se dépouillant de ses peurs, il vivait de plus en plus pleinement chaque instant dans une sincérité toujours plus neuve....

     

      Lui-même n'avait pas d'âge : ses cheveux blancs lui permettaient de jouer au grand-père...mais ses pirouettes perpétuelles lui donnaient un air de jeunesse éternelle. Cet homme-là ne serait jamais unvieillard. A quatre-vingts ans

    bien sonnés, il se ferait un plaisir d'effrayer son entourage par quelque imprudence énorme...simplement pour se prouver à lui-même que sa carcasse teanait bon.

     

      Il baignait dans la tendresse des femmes et n'était pas satisfait..lui qui mettait en confiance les plus timorées, les plus isolées...il ne parvenait pas à faire confiance à ses semblables et particulièrement à ses femmes qui l'aimaient...un jour ou l'autre, l'une d'elles attendait trop de lui et brutalement se détournait, le calomniait parfois.

    -"Je finis toujours par décevoir". avoua-t-il, un soir de lassitude à une qui l'adorait....Il aimait l'amour qu'on lui portait, il aimait être aimé, certes...mais il ne voulait pas voir la souffrance de celle qui se donnait pour rien...Ah! cette joie de faire mal à la victime consentante et cette haine ensuite à celle qui vous a transformé en bourreau....Et cette crainte en suite de perdre une des couleurs de son arc-en-ciel, la plus indéfinissable peut-être...et cette tendresse infinie qui venait quand l'autre n'osait plus rien espérer...Car comment se priver de la joie d'être aimé? Comment avait-il pu blesser plus encore celle qui était déjà meurtrie?  Et le voilà qui passait du baume sur la plaie, le voilà qui redonnait espoir. Et l'amie compatissait et la paix et l'harmonie revenaient...

      On peut vivre avec une blessure ouverte, on ne peut vivre sans  amour.


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  • Il était très ouvert, intelligent, très curieux de tout connaître et de tout comprendre...

    Lui qui ne lisait jamais et détenait donc son savoir de sa seule réflexion, il avait un point de vue original sur  beaucoup de sujets.

    Et pourtant quand il était encore à l'âge où l'on use ses culottes sur les bancs de l'école, son maître désespérait de lui et le prenait pour un bon à rien à tel point que, dès les premiers jours de printemps, il lui conseillait lui-même de prendre la clé des champs...A  quoi bon rester là puisque ,du précieux savoir que distillait le maître, il semblait inapte à n'en rien retenir...

    Ses mains aussi étaient intelligentes, il pouvait faire ce qu'il voulait : travailler le bois, la pierre...réparer serrures ou appareils ménagers.

     

    Mais une méfiance atavique, une prudence paysanne le ligotaient parfois et l'empêchaient de donner libre cours à son désir de découvertes. Curieusement c'est lorsque l'occasion lui était donnée de faire des rencontres qu'il éprouvait un violent mal de tête qui l'obligeait à s'aliter et à renoncer à ce qu'il attendait si ardemment.

     

    Son désir de rapports authentiques était si fort qu'il préfèrait le vide plutôt que des relations artificielles et factices...

    Mais  sa femme étant partie, il avait  l'impression de n'être plus entier et il devenait inintéressant à ses propres yeux et il laissait passer sans les voir de belles opportunités.

     

    Cependant quand la rencontre le prenait par surprise et qu'il n'avait pas le temps de dresser des barrières pour  l'en empêcher, il pouvait goûter le bonheur de la découverte . 

     


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