• Ce matin , je lisais l'article de Quichottine et c'est un peu pour lui répondre que je vous parle de ce livre que l'on m'a offert à Noël, que j'ai déjà lu et que je relis pour mieux m'en imprégner...Non, ne nous décourageons pas," à chacun de trouver sa voie et sa voix" pour participer au mieux-être du monde

     

    "...L'urgence est de rassembler le plus largement possible pour changer d'ère. A cette fin,la première force est de ne pas se laisser  impressionner par l'état de déchirure du monde; de ne pas  se laisser démotiver par l'impuissance des médias à nous donner à voir autre chose que la gravité de cette déchirure.

    Tout ce qui ne cesse de se déchirer dans  le monde des hommes est ressassé et passé en boucle...

    Ce faisant, les médias eux-mêmes contribuent à aggraver la  situation à cause  de l'effet de sidération terrible de ces images sur les consciences ! Voilà comment en toute inconscience, on fabrique aujourd'hui des générations de gens qui ne croient plus en rien, des découragés d'avance, des cyniques qui, quand ils ont la chance de ne pas faire partie des damnés de la terre, se replient peureusement sur leur petit pré carré de bien-être privé. Quelle misère des uns, quelle irresponsabilité des autres !

    Alors, certes, les médias parlent bien de ci, de là des efforts de retissage du monde. Mais ils le font de façon le plus souvent très réductrices, sans donner aucune idée de l'ampleur du phénomène...Ils se contentent de mettre en avant quelques tisserands exceptionnels, des grands engagés sur le plan social, humanitaire, écologique...On se délecte alors de leur magnifique combat comme d'une pure originalité , et hop, on passe à autre chose ...

    Il se passe bien autre chose dans le monde que des crises , de la violence, des catastrophes et des guerres

    Autre chose qu'une grande déchirure certes gravissime, mais déjà combattue efficacement par une foule croissante de tisserands, bien plus importante que quelques individus en lutte solitaire contre le système..."

    Et il termine son livre en disant :

    " A nous tous maintenant de travailler ensemble à réparer le tissu déchiré du monde."

     

     

     

    Abdennour Bidar est docteur en philosophie;

    Il est l'auteur de nombreux ouvrages, notamment "Plaidoyer pour la fraternité" et "Lettre ouverte au monde musulman"


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  • Ce  livre, en grande partie autobiographique, nous amène de Paris à la Sibérie, du début jusqu'à la fin du XXe siècle.

                            Il a paru en 1997 et a reçu 3 prix : le prix Goncourt, le prix goncourt des lycéens et le prixMédicis

    .Un petit garçon écoute sa grand-mère Charlotte lui raconter ses souvenirs et ainsi faire le lien entre ces deux pays...C'est une ode magnifique à sa double culture et une quête d'identité.

    J'ai beaucoup aimé l'écriture claire, précise et poétique

     

    Résultat de recherche d'images pour "andrei makine le testament français"Le Testament français (1995)

     

     
         

     En voici quelques extraits :

    " Et puis, ce soir, je compris que ce n'étaient pas les anecdotes qu'il fallait rechercher dans mes lectures.

    Ni des mots joliment disposés sur une page. C'était quelque chose de bien plus profond et, en même temps, debien plus spontané: une pénétrante harmonie du visible qui, une fois révélée par le poète, devenait éternelle. Plus tard, j'apprendrai son nom : le Style. Et je ne pourrai jamais accepter sous ce nom des exercices vains de jongleurs de mots. . Sans savoir la nommer, c'est elle que je poursuivais d'un livre à l'autre."

    "Désormais,nous parlions pour ne rien dire. Nous vîmes s'installer entre nous l'écran de ces mots lisses, de ces reflets sonores du quotidien, de ce liquide verbal dont on se sent obligé, on ne sait pourquoi, de remplir le silence. Avec stupeur, je découvrais que parler était la meilleure façon de taire l'essentiel...."

     

    "L'indicible ! Il était mystérieusement lié, je le comprenais maintenant, à l'essentiel.

    L'essentiel était indicible. Incommunicable. Et tout ce qui, en ce monde, me torturait par sa beauté muette, tout ce qui se passait de la parole, me paraissait essentiel. L'indicible était essentiel."

     

    " La France se confondait pour nous avec sa littérature. Et la vraie littérature était cette magie dont un mot, une strophe, un verset nous transportaient dans un éternel instant de beauté"

     


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  • 33 jours par Werth               C'est l'histoire de la débacle.

    Les allemands s'apprêtent à envahir Paris. C'est le 11 juin  1940

    Et un ami  conseille , insiste même pour que Léon Werth quitte Paris et aille se réfugier dans le Jura.

    Le voyage qui devait durer quelques heures va s'étaler sur 33 jours

     

    Trente-trois jours d'exode sur les routes de France, mitraillées par les Allemands ,

    encombrées par des milliers de voitures surchargées de valises et de matelas 

    Werth note tout : le courage et l'hospitalité de certains, la veulerie des autres devant les uniformes allemands.

    Plus fort que toutes les images que l'on connaît de cette période tragique,

    ce texte est un reportage plein de ces mots jetés dans la peur ou la colère par les otages de l'exode.

    Avec sa femme, son fils , Werth est dans sa Bugatti « trois litres de 1932 », qui tousse dans les embouteillages et sera

    finalement tirée par un attelage de chevaux.

    Il croise des fantassins français qui se traînent comme « des ombres débraillées » et des soldats allemands qui se comportent déjà en maîtres.

    Il nous fait vivre l'ambiance de cette époque tourmentée...

    Il nous parle de la première personne qui les héberge et qui, pourtant, va accueillir les premiers soldats allemands

    avec le champagne tant elle est contente de les voir...Les soldats français n'auront droit, eux, qu'à une bouteille de vin ordinaire....

    Il nous parle de ces soldats allemands qui veulent les persuader que ce n'est pas Hitler qui veut la guerre mais les anglais

     Eux,ils ont hâte que la guerre soit finie et donc qu'il ne faut pas avoir peur d'eux...

     

    Werth est un grand ami de Saint-Exupéry qui lui a dédicacé "Le Petit Prince"


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  • J'avais lu des livres  de cet écrivain et j'en avais gardé un très bon souvenir.

    Aussi, quand je suis entrée dans la librairie et que j'ai vu ce livre  en collection de poche, je me suis laissée tenter, sans trop savoir ce qui m'attendait....

    Quel choc !

    Je ne peux pas douter, un seul instant, que ce livre est en grande partie autobiographique..et je me pose la question : comment un enfant peut-il résister à une telle ambiance familiale? Comment ne devient-il pas fou , comme son père, ou délinquant ou complètement désespéré?  Comment parvient-il à se construire, à devenir un être humain capable d'aimer?  Et qui plus est, comment parvient-il à n'avoir aucun ressentiment, à ne pas juger celui qui l'a autant blessé?

    Ce livre est poignant mais il n'est pas désespérant...Au contraire, il est plein d'espoir...

    La force de vie de l'enfant  a été plus force  que le besoin de destruction de son père.

    "Lorsqu'il est mort, devant son cercueil, j'ai su que l'heure était venue de dévoiler ma profession de fils" dit Sorj Chalendon

     

     

     

     

    J'ai lu  cette critique de Nicolas Mouton

     

    " ... la figure du père est présente dans toute l’oeuvre de Sorj Chalandon, c’est après la disparition de celui-ci qu’elle trouve son expression la plus forte, la plus poignante. Quel livre, nom d’un fils! A chaque page, il vous saisit par la pudeur du style, l’intensité des émotions, et une fascinante réflexion sur le récit : jusqu’où accepter l’irréalité du réel? Artisan en pleine possession de son art, l’auteur tente de répondre à la question posée à l’écolier qu’il fut : «Profession du père».

    C’est une histoire familiale sur fond de guerre d’Algérie, contée par un enfant depuis le 23 avril 1961, soir du putsch des généraux. Toute la réalité passe par la vision délirante qu’en a le père, tyran domestique affabulateur, colérique, violent, dont l’identité sociale demeure mystérieuse.

    Exhibant une lettre du Général, il se dit agent secret, footballeur, héros de guerre, ancien Compagnon de la chanson, membre de l’OAS... et entraîne dans sa dérive son fils Emile qui, prisonnier des mirages, voit son éducation pervertie. Dès lors, le récit ne peut se résoudre que par le drame ou la fuite. Plus l’Histoire décolonise, plus la peur domestique colonise les consciences. A l’échelle d’une cellule familiale ce conflit entre réalité et fantasme peut s’entendre comme la description clinique d’une dictature.

    S’il fallait définir la pathologie du père, sans doute parlerait-on de mythomanie : il se raconte des histoires et arrange la réalité pour se valoriser et donner sens à un monde qui lui échappe. Il est la métaphore d’un romancier sans mots : le réel sans l’écriture. «Do you read me?» demande-t-il à son fils alors qu’il veut dire «Do you hear me?». Signe d’un déchiffrement impossible du père qu’on ne peut entendre parce qu’on ne peut le lire.

    Le remède sera pour le fils de mettre des mots sur le roman du père; ainsi doit-on lire la couverture du livre : «Profession du père : roman». Procédant comme le restaurateur de tableaux qu’il est devenu, le narrateur nettoie les souvenirs encrassés, rendant le réel intelligible. «Je répare la beauté», explique-t-il à son fils Clément. Auteur réconcilié de sa vie, Emile peut devenir clément."

    Né en 1952, ancien journaliste à «Libération», Sorj Chalandon est notamment l'auteur d'«Une promesse», prix Médicis 2006 (vendu à 40.000 exemplaires), de «Retour à Killybegs», Grand prix du roman de l'Académie française (52.000 ex.), et du «Quatrième mur», prix Goncourt des Lycéens 2013 (127.000 ex.). «Profession du père» a été tiré à 70.000 exemplaires. 

     

     


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  • Aujourd'hui je trie les vieux papiers qui s'accumulent dans mon placard.

    J'ai l'habitude de garder des articles de journaux que je pense  relire plus tard mais  cela s'accumule et je ne trouve pas le temps de les relire, alors j'ai décidé d'en jeter...

    Et voilà que je découvre, quel curieux hasard, un article sur un écrivain libanais que je viens d'écouter ce matin au festival Est-Ouest de Die...Et cet article me permet de comprendre un peu mieux  ce que j'ai entendu ce matin...

    Et, juste à côté, il y a un petit billet de Alain Rémond qui nous dit que, si le prix Nobel de philosophie existait, il le décernerait volontiers à Woody Allen et, pour appuyer ses dires, il nous cite quelques phrases de  ce cinéaste

    " Nous ne sommes pas faits pour supporter la réalité trop longtemps."

    "Je hais la réalité, mais c'est quand même le seul endroit où se faire servir un bon steak"

    "Non seulement, la vie est horrible, mais elle est trop courte."

    Et je m'étonne de ce nouvel hasard,

    car je viens juste de lire 2 articles de blogueuses : l'une s'affligeant que Bob Dylan ait pu avoir le Prix Nobel de  littérature

    et l'autre, au contraire, s'en réjouissant...

    Décidément, chaque jour nous offre ses surprises.

     


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