• J'ai  certainement déjà publié ce texte, écrit depuis quelques années déjà, mais voilà que je le retrouve et il correspond tellement à ce que je ressens actuellement, quil me semble bon de le partager à nouveau avec vous

     

    Il y a les ratatinés prêts
    à se lover dans une cage
    dorée ou pas
     pour ne pas prendre de risque.
    La vie les affole autant que la mort.
    Leur ombre les angoisse, leur lumière les effraie.
    Ils croient que s'ils s'arrêtent de respirer
    la mort les oubliera.
    Et la vie les oublie et la mort vient
    et ils n'ont pas vécu.
    Ils se sont protégés, c'est tout,
    rapetissés, ratiboisés, pauvres ratatinés.

    Il y a les vivants qui gardent vive la flamme
    qui se tiennent debout sur le plus haut rocher
    et s'offrent au vent et à la pluie qui les érode,
    qui les tanne et les métamorphose.
    Leur regard pétille,leur coeur est un feu
    qui réveille les endormis et les mourants...
    Une petite goulée d'air ne leur suffit pas,
    ils veulent s'enivrer de l'air qui les entoure.
    Ils veulent toute leur place,ils veulent même comprendre
    comment c'est quand on est à la place
    de l'autre proche ou lointain...
    Et quand ils rencontrent un autre vivant
    ils sont attirés comme par un aimant...
    Tout devient plus coloré et plus précieux à leur approche;..
    Même les mots sortent de leur léthargie
    et les pierres se mettent à vibrer;

    Et moi, qui suis-je?
    Tantôt les uns, tantôt les autres.
    Et pourtant, je veux mourir VIVANT....


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  • Hier, nous allons écouter une conférence sur la beauté.

    En quoi nous est-elle nécessaire et quelle transformation  peut-elle opérer en nous?

    L'ambiance est amicale , l'orateur est convaincu.

    Nous sommes heureux d'être venus.

    Ce matin , je mets la télé en route et les premiers mots que j'entends sont :

    "Cette beauté nous invite à faire de notre vie une oeuvre d'art et à transfigurer le monde"

    Quel heureux hasard ! Vous ne trouvez pas ?

    Il y a des mots que l'on entend et que l'on oublie aussitôt et d'autres qui cheminent lentement,  sûrement.


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  •  

    Dire oui à la vie comme Antigone nous y convie

    Dire non à ce qui détruit, à ce qui limite trop, à ce qui ternit,

    bien  évidemment, en théorie nous sommes d'accord...

     

    Mais peut-il y avoir une vie où il n'y a que des "oui "?

    Peut-il y avoir une vie avec seulement des"non" ?

     

    Dire oui à la Vie,

    c'est savoir dire non

    à ceux qui nous empêchent d'épanouir

    la fleur secrète qui est en nous?

    c'est savoir dire non

    à ceux qui obstruent la source ,

    à ceux qui empêchent que tout

    devienne fluide et vivifiant.

     

    Dire oui à la Vie

    c'est l'accepter, c'est l'aimer

    même quand tout va mal...

    C'est savoir qu'il est des passages obscurs que l'on ne peut éviter

    pour accéder à la lumière,

    savoir que la seule façon d'en sortir,

    c'est de les traverser

    pour découvrir des ailleurs plus colorés.

     

    Les"non" ne sont là parfois

    que pour permettre, pour soutenir

    le "oui" essentiel...

    Et de même c'est ce"oui"

    qui, chaque jour, est à reformuler

    qui permet de savoir dire "non"

     

    C'est une vague continue,

    c'est un flux incessant...

    Pas de "oui", sans "non"...

    Pas de vie sans la mort.....


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  • Voilà une réponse de Christian Bobin

     

     

    " La beauté est là au-dehors : à l'envers des châtaignes sur les chemins,

    à l'angle d'une fenêtre, sur le fruit sombre des ronces,

    sur la poussière des routes et dans le vert des rivières, partout;

    La beauté, c'est-à-dire la vie. La vie massive et ténue, la vie sans entrailles.

    La vie sans fard...Disposant un nuage dans le ciel, une orange sur l'assiette,

    les peintres éclairent ce qui reste de jour dans le soir,

    inventent la juste distance qui permet à l'espace de s'ouvrir,

    et à l'amour de danser. La leçon de peinture est une leçon de bonté;

    l'amour se reconnaît ainsi, dans ce goût du détail, dans ce souci de l'infime,

    dans cet égard pour ce qui nous est confié et que l'avidité d'une prise anéantirait,

    comme un moineau tenu dans un poing trop serré.

    C'est à une fête infinie que nous invitent les plus humbles choses

    - les fruits comme les pierres, les herbes comme les astres

    - et il nous faut, pour en jouir, apprendre ce toucher immédiat de l'esprit

    dont les peintres ont le privilège."

                    Christian Bobin (le huitième jour de la semaine)

     

    Selon l'heure, selon le temps , selon les personnes et ce qu'elles viennent de vivre, les réponses sont diverses et contiennent chacune une part de vérité...Et vous, qu'en diriez-vous?

     


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  •  

     

    "Je rends grâce à ton créateur, Beauté, ô ma belle aux yeux noirs.

    Tu es le vif soleil le jour, la nuit, la lune au doux visage !

    Je ne vis qu'afin de te voir

     et de dédier mon hommage !

    Je suis le seul enfant des miens, prends pitié de mon désespoir !

     

    Je suis un passant en exil, un humble ouvrier de ce monde,

    Ma cape est mon seul compagnon, mon seul frère est mon fin poignard,

    Je ne cherche pas d'autres biens, il me suffit de ton regard.

    Est-il sous le ciel des splendeurs et des richesses plus profondes?

     

                                    Nicolas   Baratachvili (1817-1845)

     

    Son oeuvre fut publiée vingt ans après sa mort.

    Il est, aux yeux de ses compatriotes, le plus grand poète romanesque géorgien (Asie)

    J'ai trouvé ce poème dans une anthologie de Bernard Lorraine qui s'intitule

    "Un poème, un pays, un enfant".

    Mais ce poème sur la beauté me laisse dubitative...Et vous ?


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