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    Dire oui à la vie comme Antigone nous y convie

    Dire non à ce qui détruit, à ce qui limite trop, à ce qui ternit,

    bien  évidemment, en théorie nous sommes d'accord...

     

    Mais peut-il y avoir une vie où il n'y a que des "oui "?

    Peut-il y avoir une vie avec seulement des"non" ?

     

    Dire oui à la Vie,

    c'est savoir dire non

    à ceux qui nous empêchent d'épanouir

    la fleur secrète qui est en nous?

    c'est savoir dire non

    à ceux qui obstruent la source ,

    à ceux qui empêchent que tout

    devienne fluide et vivifiant.

     

    Dire oui à la Vie

    c'est l'accepter, c'est l'aimer

    même quand tout va mal...

    C'est savoir qu'il est des passages obscurs que l'on ne peut éviter

    pour accéder à la lumière,

    savoir que la seule façon d'en sortir,

    c'est de les traverser

    pour découvrir des ailleurs plus colorés.

     

    Les"non" ne sont là parfois

    que pour permettre, pour soutenir

    le "oui" essentiel...

    Et de même c'est ce"oui"

    qui, chaque jour, est à reformuler

    qui permet de savoir dire "non"

     

    C'est une vague continue,

    c'est un flux incessant...

    Pas de "oui", sans "non"...

    Pas de vie sans la mort.....


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  • Voilà une réponse de Christian Bobin

     

     

    " La beauté est là au-dehors : à l'envers des châtaignes sur les chemins,

    à l'angle d'une fenêtre, sur le fruit sombre des ronces,

    sur la poussière des routes et dans le vert des rivières, partout;

    La beauté, c'est-à-dire la vie. La vie massive et ténue, la vie sans entrailles.

    La vie sans fard...Disposant un nuage dans le ciel, une orange sur l'assiette,

    les peintres éclairent ce qui reste de jour dans le soir,

    inventent la juste distance qui permet à l'espace de s'ouvrir,

    et à l'amour de danser. La leçon de peinture est une leçon de bonté;

    l'amour se reconnaît ainsi, dans ce goût du détail, dans ce souci de l'infime,

    dans cet égard pour ce qui nous est confié et que l'avidité d'une prise anéantirait,

    comme un moineau tenu dans un poing trop serré.

    C'est à une fête infinie que nous invitent les plus humbles choses

    - les fruits comme les pierres, les herbes comme les astres

    - et il nous faut, pour en jouir, apprendre ce toucher immédiat de l'esprit

    dont les peintres ont le privilège."

                    Christian Bobin (le huitième jour de la semaine)

     

    Selon l'heure, selon le temps , selon les personnes et ce qu'elles viennent de vivre, les réponses sont diverses et contiennent chacune une part de vérité...Et vous, qu'en diriez-vous?

     


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    "Je rends grâce à ton créateur, Beauté, ô ma belle aux yeux noirs.

    Tu es le vif soleil le jour, la nuit, la lune au doux visage !

    Je ne vis qu'afin de te voir

     et de dédier mon hommage !

    Je suis le seul enfant des miens, prends pitié de mon désespoir !

     

    Je suis un passant en exil, un humble ouvrier de ce monde,

    Ma cape est mon seul compagnon, mon seul frère est mon fin poignard,

    Je ne cherche pas d'autres biens, il me suffit de ton regard.

    Est-il sous le ciel des splendeurs et des richesses plus profondes?

     

                                    Nicolas   Baratachvili (1817-1845)

     

    Son oeuvre fut publiée vingt ans après sa mort.

    Il est, aux yeux de ses compatriotes, le plus grand poète romanesque géorgien (Asie)

    J'ai trouvé ce poème dans une anthologie de Bernard Lorraine qui s'intitule

    "Un poème, un pays, un enfant".

    Mais ce poème sur la beauté me laisse dubitative...Et vous ?


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  • " Le mal est comme un souffle mystérieux. Lorsqu'on tue par la violenceou par les armes un homme animé par le mal, le principe du mal bondit du cadavre qu'il ne peut plus habiter et pénètre dans le meurtrier par ses narines dilatées. Il prend en lui une racine nouvelle et devient plus tenace et redoublant ses forces.

    Le mal doit être combattu par les armes du Bien et de l'Amour. Quand c'est l'Amour qui détruit un mal, ce mal est détruit pour toujours.

    La force brutale ne fait qu'enterrer provisoirement le mal qu'elle veut  combattre et détruire. Or, le mal est une semence tenace. Une fois enterrée, elle se développe en secret et réapparaît plus vigoureuse encore."

                                          Tierno Bokar                               (  Extrait de l'ouvrage Vie et enseignement de Tierno Bokar, le sage de Bandiagara de Hamadou Hampaté Bâ, Le Seuil, 1980)

     

     

    Je range mon bureau et je découvre ce texte qui m'interroge...

    Parfois , on n'a pas le choix et l'on est bien obligé d'agir promptement pour éviter d'autres victimes

    Mais il est vrai aussi que bien souvent cette réponse violente n'est pas justifiée

     

     

     


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    Va où ton coeur te mène

    C'est en  2011 que j'ai écrit ceci

    et je ne suis pas très sûre d'avoir beaucoup avancé dans cette recherche

     

    Et la fatigue et la maladie ne sont pas des excuses suffisantes .

     

    Elles sont aussi là pour me rappeler que la vie est courte, dut-on vivre cent ans,

     

    et que chaque moment est précieux

     

    et mérite d'être vécu pleinement.

     

     

     

       Laisser ses désirs en suspens

     

          est avarice et crainte de manquer,

     

          c'est vue étroite et coeur momifié.

     

          Va jusqu'au bout de ton désir.

     

     

     

    S'il est réel,

     

    il renaîtra de ses cendres.

     

    S'il est illusoire,

     

    il s'évanouira en volutes de fumée

     

    et laissera place pour un feu plus rayonnant.

     

    "Va où ton coeur te mène

                                                              et selon le désir de tes yeux."

     

                                     Et ne te dérobe plus à la plénitude.

     

     


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