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    Silence ! Besoin de silence !

    Non, pas de radio,pas tout de suite...

    C'est pourtant ce que je fais souvent à mon réveil....

    Besoin de se relier à soi-même

    pour se relier aux autres ensuite....

    Besoin de s'envelopper de silence...

    Besoin d'entendre bruisser le silence,

    de l'entendre nous envahir,

    nous apaiser...

    de l'entendre nous éveiller,

    nous sortir de la torpeur...

     

    Ce matin, c'est ce que je ressens

    Mais il est d'autres moments

    où ce sont les rencontres 

    qui me sont vitales...

    Une petite visite et je me sens mieux

    et je m'étonne de la fatigue viscérale

    qui m'habitait auparavant...

    Un appel au téléphone

    ou même un dialogue interne

    avec celui qui parle à la radio...

    Et je sens le courant de la vie qui circule en moi...

     

    Mais pourquoi est-il si précaire,

    Pourquoi me déserte-t-il si souvent,

    ce courant vital?

     

    Peut-être faut-il simplement

    accepter qu'il en soit ainsi

    et se réjouir à chaque remontée...

    Ne pas se culpabiliser...

    ne pas se laisser aller....

    Simplement faire de son mieux...


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  • L'art de perdre

     

    "Puissant, bouleversant, profond... les adjectifs ne manquent pas pour qualifier le roman d'Alice Zeniter : "L'Art de perdre". Ce roman raconte l'histoire d'une famille algérienne et permet de comprendre la guerre d'Algérie avec un regard neuf.C'est une petite fille de harkis qui l'écrit

    L'héroïne, Naïma, part à la découverte de ses origines et de son identité. Pour cela, elle devra composer avec le silence, les non-dits et l'absence de mémoire collective. Au gré des 512 pages, le lecteur découvre que la liberté d'être soi s'acquiert par la volonté. Ce livre a reçu le prix Goncourt des lycéens 2018.

     

    Au-delà de la guerre d’Algérie, c’est avant tout un roman sur l’exil. "Je me suis lancée dans cette entreprise au moment où j’ai réalisé le parallèle avec la situation actuelle des migrants, explique l’auteure sur France 24. Parler de cette histoire, c’était parler d’un voyage qui ne finit jamais et dont il est impossible de déterminer l’arrivée." Car l’exil entraîne dans son sillage les générations suivantes.

    C’est aussi une histoire sur la transmission. Le fils aîné d’Ali, Hamid, qui voit son père, ancien notable respecté de son village réduit aux tâches répétitives et harassantes qu’impose l’usine, diminué dans un appartement exigu, fait table rase du passé. De sa Kabylie natale et sa fuite vers la France, il ne racontera rien à ses enfants.

    Dans la troisième et dernière partie du roman, c’est pourtant Naïma, la petite fille de harki et galériste parisienne branchée, qui enquête sur ses origines algériennes. Elle fait resurgir l’histoire familiale du passé. "Plus que la question des harkis, le livre questionne ce qui se transmet d'une génération à l'autre", précise Alice Zeniter.

    L’écrivaine, née à Alençon d’une mère normande et d'un père lui-même fils de harki, aurait pu écrire ce livre à la première personne. "Ça faisait quelques années que je me disais qu’un jour, je creuserais ce silence dont j’avais hérité et qui faisait que je ne savais pas pourquoi ma famille était arrivée d’Algérie en 62", confie-t-elle sur France 24.

     

     

     

    « Ce qu'on ne transmet pas, ça se perd, c'est tout. Tu viens d'ici mais ce n'est pas chez toi », rétorque à Naïma un artiste algérien. Née dans une famille harkie, la jeune galeriste ignore tout de l'Algérie et de l'enfance de ce père, débarqué à Marseille en 1962. Elle est juste venue récupérer les dessins d'un chantre de l'Indépendance. Et un peu d'elle-même, forcément, de ce passé kidnappé par ces grand-père et père qui ont préféré tout oublier. Dès les années 1950, l'Algérie massacra trop de ses fils au service de la France colonisatrice. Qui abandonna d'ailleurs sans remords ses « collaborateurs » : à leur arrivée, le gouvernement gaulliste parqua dans de misérables baraquements la minorité de harkis qui avait pu échapper aux représailles du FLN.

     

    Avec un sens très pictural des situations fortes, des rencontres et affrontements poignants — elle a aussi pratiqué le théâtre —, Alice Zeniter raconte courageusement la tragédie de ces ­sacrifiés de l'Histoire. Sans préjugés ni certitudes ; avec exactitude et romanesque. Elle est elle-même petite-fille de harkis. Sa saga aux allures de dérisoire et sinistre épopée brasse le destin de la famille Zekkar, de 1930 à aujourd'hui, et celui d'une Algérie qu'on n'en finit pas de rejeter de ce côté-ci de la Méditerranée. Sait-elle trop notre irresponsabilité nationale et nos xénophobies ordinaires ? Dans Jusque dans nos bras (2010), Alice Zeniter s'élevait déjà contre les racismes. Et les histoi­res des peuples n'intimident pas cette normalienne engagée de 31 ans : Sombre dimanche (2013) contait de ­sinistres existences hongroises avant et après le communisme. L'Art de perdre, son cinquième livre et le plus puissant, le plus sensible et rayonnant, est un aboutissement — parce que d'inspiration autobiographique ?

     

    Ici, c'est la culpabilité mortifère de toute une communauté bannie des siens, et le silence de la honte, de la peur où elle se réfugie, qu'Alice Zeniter met en scène. Pour se libérer du fardeau qui pèse sournoisement sur elle, sur eux, Naïma enquête sur cette parentèle dont le roman croise habilement les parcours. Le patriarche, le fils, la petite-fille : trois personnages, trois époques, trois pans d'Histoire et de culture arabe et française, trois manières d'être au monde. Et de revendiquer, aussi, son statut d'homme ou de femme... A condition de savoir accepter ses fantômes et de se délivrer du jugement des hommes, à condition de renoncer à la haine et ainsi s'alléger — tolérer de « perdre » sans oublier. Zeniter décrit en cinq cents pages, tout ensemble violentes et mélancoliques, la progressive réconciliation avec soi. « Dans l'art de perdre il n'est pas dur de passer maître », écrivait joyeusement la poétesse américaine Elizabeth ­Bishop (1911-1979). Elle a ­offert son titre à ce beau livre en mouvement, qui ne s'achève pas vraiment. Conscience à l'affût, Alice Zeniter refuse pensées toutes faites et conclusions faciles. —"                                       Fabienne Pascaud

     

     

    J'ai lu ce livre il y a quelques semaines

    et la critique de Fabienne Pascaud correspond bien à ce que j'ai ressenti en le lisant

       
       
       
       
       
       

     

     

     

     


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    "Quand elle avait des idées noires
    elle chaussait des lunettes toute roses
    et elle s’en allait par les rues
    poussant très fort un caillou nu
    aussi beau qu’une belle histoire
    Quand le caillou était usé
    elle prenait un bâton de sucre
    et s’en retournait par les prés

    Ainsi, toujours svelte et rosée
    elle atteint l’âge canonique
    où la vie en rose s’explique
    par l’application raisonnée
    des couleurs qu’on veut se donner"
        
                                  Gisèle  Moyroud
     
    )
       

     


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    Le tableau est l'oeuvre d'une amie: Josette V


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  •  En souvenir de Lady Marianne

     

     

    PAROLES DE CROYANT

    Il restera de toi…

    Il restera de toi ce que tu as donné

    Au lieu de le garder dans des coffres rouillés

    Il restera de moi, de mon jardin secret

    Une fleur oubliée qui ne s’est pas fanée

     

    Au soleil de l’Amour, ne resteront que nos mains vides

    pour cueillir les détours de nos étoiles et de nos rides.

     

    Il restera de toi ce que tu as chanté

    A celui qui passait sur son chemin désert

    Il restera de moi une brise du soir

    Un refrain dans le noir jusqu’au bout de l’hiver

     

    Il restera de toi ce que tu m’as offert

    Entre tes bras ouverts un matin de soleil

    Il restera de moi tout ce que j’ai perdu

    Ce que j’ai attendu plus loin que mes réveils

     

    Il restera de toi une larme tombée

    Un sourire germé sur les yeux de ton cœur

    Il restera de moi ce que tu m’as donné

    Et que j’ai partagé aux mendiants du bonheur

                                                           Michel Scouarnec

     

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