• T'ai-je inventé

    T'ai-je imaginé plus grand que nature,

        toujours plus libre et léger?

    T'ai-je rêvé volant, courant

        sur ces chemins de grand vent?

     

    Imagine ma douleur

      quand , les yeux dessillés,je te vois,

      le front triste, les ailes  coupées,

      te traînant sur le rivage,   le regard fasciné par unoiseau insouciant

      qui, avant de te quitter,

      a peint en gris tout ton entourage

      et s'en va se briser, folâtre,

      contre les rochers et pique le nez dans les eaux saumâtres.

     

    Et toi qui devines sa chute probable,

    tu te tiens prêt à le secourir...

    Pourtant c'est lui qui t'a métamorphosé

    en fantoche impuissant et laid.

    Mais tes yeux noyés dans la grisaille

    n'ont plus de miroir...

     

    Qui, cependant, peut être certain

    que cet oiseau multicolore

    a ralenti ta course?

     

    Peut-être t'a-t-il appris

    à braver les interdits,

    à jouir de l'instant,

    à ne plus craindre de perdre ton temps?

     

    Ce que tu croyais être une course

    vers l'horizon toujours plus vaste,

    peut-être était-ce une fuite

        dans le travail,

        dans des occupations variées

    pour t'empêcher de creuser en toi-même?

     

    Et l'oiseau fantasque

    qui t'a déboussolé

    en t'obligeant à t'arrêter

    peut-être, sans même le vouloir,

    va-t-il te permettre

    de te rencontrer, toi

    de découvrir l'or précieux,

    le trésor unique qui est en toi

    et tu seras brasier d'étincelles

    et le gris deviendra flamme d'or.

     

    Encore un ancien texte retrouvé, écrit il y a presque trente ans et que j'avais presque oublié

     


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     (Culturebox)

    Vous n'arrivez pas à voir les images ? Contactez-nous sur jean@artips.fr

    Edgar Degas, Autoportrait, vers 1855-1856, huile sur papier, 40 x 34 cm, The Metropolitan Museum of Art, New York

    Quand il débute dans la peinture, au milieu du XIXe siècle, le jeune Edgar Degas ne fait pas preuve d’une grande modernité dans le choix de ses sujets. Suivant l'exemple d'artistes plus académiques, il peint de grands tableaux aux sujets historiques.
    Son ami Manet, peintre également, lui en fait sournoisement la remarque. Et on peut dire qu’elle ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd !

    Piqué au vif, Degas s’attache dès lors à peindre son époque. Et pour cela, parfois, en détournant le travail d’artistes pas vraiment réputés pour être à la pointe de la modernité…

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Edgar Degas, Le Défilé, dit aussi Chevaux de courses devant les tribunes, 1866-1868, huile sur papier marouflé sur toile, 46 × 81 cm, Musée d'Orsay, Paris, photo : © RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

    Avec Le Défilé, Degas montre un champ de courses avant le départ. Dans les tribunes, on aperçoit toute la bonne société de l’époque.

    De cette façon, le tableau est un reflet parfait du monde moderne, mais… Degas s’inspire en partie de Meissonier, un peintre on ne peut plus classique !

     

     

     

     

     

     

     

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    Edgar Degas, Le Défilé. Détail de l'œuvre, photo : © RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

    Par la magie de la peinture, les fiers destriers de Napoléon III ou de son oncle Napoléon Ier se transforment en chevaux de course.

    Une vision bien plus pacifique, car sur les hippodromes, les batailles sont parfois rudes, mais jamais sanglantes !

     

     

     

     

     

     

     

     Voici le tableau (le défilé) en plus grand

    https://artips.fr/newsletters/ChantillyCourses_07_Defile/02.jpg


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    Pawel Kuczynski (Paweł Kuczyński) est un dessinateur polonais de 37 ans très talentueux qui réalise des illustrations subversives dénonçant les tristes réalités de notre monde.

    Diplômé de l’Académie des Beaux-Arts de Poznań (Pologne) en spécialité graphique, cela fait plusieurs années que cet artiste dessine des illustrations satiriques. Il a d’ailleurs reçu plus de 100 prix de récompenses depuis 2004.

    À travers ces différentes images ont y trouve des thèmes qui abordent les problèmes économiques, écologiques, la liberté d’expression ou encore les problèmes d’ordre politique.

    Pawel-Kuczynsky-illustration (1)

     

    Pawel-Kuczynsky-illustration (2)

     

    " L'artiste polonais Pawel Kuczynski a choisi de dénoncer les problèmes rencontrés par notre société à travers de pertinentes illustrations satiriques. Le dessinateur engagé, diplômé de l'Académie des Beaux-Arts de Poznan, a axé son travail sur la dénonciation dès 2004. Ses illustrations subversives, à la fois simples et abouties, pointent du doigt les incohérences d'un monde qui ne tourne pas toujours très rond.

    Pawel Kuczynski aborde ainsi plusieurs thèmes : l'exploitation de certaines catégories sociales, la surconsommation, l'isolation que peuvent provoquer les réseaux sociaux, la guerre, la fonte des glaces ou encore la politique. Les sujets évoqués dans ses créations sont parfois évidents et d'autres plus compliqués à figurer. Les couleurs pastels et les formes simples donnent à son travail une esthétique presque intemporelle, tout comme le sont - malheureusement - les sujets évoqués."

                                                                                                                  Constance Bloch

       Pawel-Kuczynsky-illustration (5) 

     

     

     

    C'est par un mail reçu ce matin que j'ai découvert cet artiste et comme je n'avais rien prévu pour le tableau du samedi, j'ai pensé qu'il serait bon de vous faire partager cette découverte intéressante


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    Vivante

    Je suis enterrée

    bouche ouverte

    Je crève

    Personne n'y peut rien

    Et vous non plus

    Vous détournez la tête avec dégoût

    C'est toujours puant les gens qui crèvent

    Je m'excuse de vous déranger

    Je voudrais me dépécher

    Oh ! Voir cesser cette agonie

    Cette nausée

    Ce hurlement

     Ce râle !

    Chaque mort est une nouvelle naissance

    Mais pas la mort de qui n'est pas né

    De qui n'a pas fait son chemin

    De qui est avorté

     

    Enterrée vivante je suis

    Pour crier sans fin

    L'angoisse horrible de qui a avorté

    Hier, aujourd'hui et demain

     

    Crier jusqu'à la fin des temps

    Vous qui savez vivre

    Ne m'en voulez pas

    Moi je ne suis pas née

    Je suis seulement enterrée

    Mais la terre qui me recouvre

    Est transparente et laisse voir

    Et laisse entendre

    Ceux qui savent vivre

    Je sais que la Vie existe

    Je sais que la vie est belle

    Mais je n'y peux atteindre.

     

    C'est un texte que j'ai retrouvé en triant mes papiers.J'en ai  un vague souvenir...J'en ai oublié l'origine. Je l'ai écrit il y a 30 ans

     


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  •  ob_9c1c60_ob-8b13e0-ob-bf595f-ob-53a5fa-ob-0d3a1

     

     

    "On entend le miel qui s'usine

    Dans la lavande en pleine fleur,

    la garrigue en pleine chaleur, 

    la pinède en pleine résine.

     

    Là-bas, nos carrés, nos trapèzes

    de blé, devignes, de semis,

    nos vastes herbages soumis

    Où le cheptel placide pèse.

     

    Voici le château qui médite

    Entre ses tilleuls déférents,

    Les platanes sur quatre rangs

    Escortant l'entrée interdite.

     

    Voici l'église bien campée,

    Dans son village bien assis,

    Les clos naïfs, les bois précis,

    La paix tracée à coups d'épée.

     

    Voici ma place dans l'Histoire,

    Mon haletant petit instant

    Dans les espaces éclatants

    De bien-être respiratoire.

     

    Au loin la grand ville s'exalte

    Sous la pruine de l'été

    Et semble  tout à déguster

    Les émois d'une belle halte.

     

    Le siècle fait la chattemite,

    fourre ses griffes dans le foin,

    Y cache son regard chafoin

    Et ses ardeurs antisémites.

     

    La rivière a des gestes tendres

    Autour des biens incontestés

    Ici,  tout n'est qu'ordre et bonté.

    Dieu, d'en haut doit s'y laisser prendre."     Lucienne Desnoues

     

    Lucienne Desnoues est le pseudonyme de Lucienne Mogin, née Dietsch, poète.
    Petite-nièce du forgeron Desnoues qu’Alain-Fournier évoque dans Le Grand Meaulnes, elle est issue d'une famille de maraîchers et de charrons, vit son enfance à la campagne. Une certaine pauvreté la contraint d'arrêter ses études au Brevet élémentaire. Elle travaille comme secrétaire d’un avocat à Paris jusqu’à son mariage avec le poète et dramaturge belge Jean Mogin (fils de Norge) en 1947 qui l’amène à vivre à Bruxelles jusqu’en 1983.

     

     

     

     


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