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    Pas de couleur cette fois-ci sur la boîte aux lettres

    mais un beau cavalier sur son cheval galopant.

    Et je pense à ce poème de Supervielle

     

    "J'avais un cheval

    dans un champ de ciel

    Et je m'enfonçais

    Dans le jour ardent

    Rien ne m'arrêtait.

     

    J'allais sans savoir

    C'était un navire

    Plutôt qu'un cheval

    C'était un désir

    Plutôt qu'un navire

    C'était un cheval

    Comme on n'en voit pas

    Tête de coursier

    Robe de délire

    Un vent qui hennit

    En se répandant

    Je montais toujours

    Et faisais des signes...Suivez mon chemin

    vous pouvez venir

    Mes meilleurs amis

    La route est sereine

    Le ciel est ouvert.

     

    Mais qui parle ainsi

    Je me perds de vue

    Dans cette altitude

    Me distinguez-vous?

    Je suis celui qui

    Parlait tout à l'heure

    suis-je encore celui

    qui parle à présent?

    vous-même,amis,

    2tes-vous les mêmes?

    L'un efface l'autre

    Et change en montant."

       

    Jules Supervielle

     


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    " Dehors, je me promène au dedans de moi.

    Les images sont silencieuses.

    La vie se gagne à l'intérieur, surtout si elle semble perdue de l'extérieur.

    Je marche en moi sans m'égarer.

    Je vois mieux, aveugle.

    L'autre me guide.

    Je vais là où je ne peux aller, dans ces châteaux de l'âme

    où les images, les mots, les pensées, les sécurités sont abolis.

    Reste le silence de la prière.

    Reste la possible visite au creux de l'absence.

    Reste le scandale du mal

    et l'espoir que l'autre me dise une parole que mon amour entende."

                                            Jacques Gauthier  (Les mots de l'autre)


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    Dire oui à la vie comme Antigone nous y convie

    Dire non à ce qui détruit, à ce qui limite trop, à ce qui ternit,

    bien  évidemment, en théorie nous sommes d'accord...

     

    Mais peut-il y avoir une vie où il n'y a que des "oui "?

    Peut-il y avoir une vie avec seulement des"non" ?

     

    Dire oui à la Vie,

    c'est savoir dire non

    à ceux qui nous empêchent d'épanouir

    la fleur secrète qui est en nous?

    c'est savoir dire non

    à ceux qui obstruent la source ,

    à ceux qui empêchent que tout

    devienne fluide et vivifiant.

     

    Dire oui à la Vie

    c'est l'accepter, c'est l'aimer

    même quand tout va mal...

    C'est savoir qu'il est des passages obscurs que l'on ne peut éviter

    pour accéder à la lumière,

    savoir que la seule façon d'en sortir,

    c'est de les traverser

    pour découvrir des ailleurs plus colorés.

     

    Les"non" ne sont là parfois

    que pour permettre, pour soutenir

    le "oui" essentiel...

    Et de même c'est ce"oui"

    qui, chaque jour, est à reformuler

    qui permet de savoir dire "non"

     

    C'est une vague continue,

    c'est un flux incessant...

    Pas de "oui", sans "non"...

    Pas de vie sans la mort.....


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    Née en 1971, Anne Gaëlle Arnaud peint depuis toujours et a étudié aux Beaux-Arts de Vallauris. Installée sur la Côte d’Azur,elle a toujours été attirée par la peinture abstraite, qui s’est imposée à elle naturellement, par amour pour la couleur, la composition. Cette relation directe avec des paysages puissants l’a amenée à peindre des motifs issus de cet univers. Anne Gaëlle s’en est emparé pour créer des peintures qui dégagent la même énergie que ce qu’elles représentent. Dans ses toiles, Anne nous livre chaque fois un peu plus d’elle-même, de son calme et de son intensité.

     
     
     
    Ses toiles, tantôt abstraites, tantôt figuratives tendent absolument au ressenti, à l'émotion, à une impression d'ensemble, l'espace pictural étant avant tout un espace très intérieur, presque intime, mais un espace infiniment libre.

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    Mes enfants, j'avais hâte de les voir grandir...C'était ma mission : j'étais là pour les aider à grandir, à devenir autonomes, à devenir eux-mêmes...Et je me réjouissais chaque fois que je les voyais devenir un peu plus indépendants...

     

    Mes petits enfants, j'en ai six, j'étais beaucoup moins pressée de les voir grandir...

    J'étais là pour me réjouir de leur présence, pour leur raconter des histoires, pour leur chanter des chansons...

    Et j'aurais bien aimé qu'ils restent petits un peu plus longtemps....

     

    L'autre jour, j'avais préparé le repas et je mangeais avec un de mes petits fils qui a dix-sept ans...

    Et, à un moment, il m'a demandé  comment s'étaient passées mes premières années d'instittutrice

    et j'ai eu beaucoup de bonheur à lui en parler et lui, je crois, à m'écouter...

    Et nous avons passé un très bon moment ensemble...

    Et je me suis dit alors que les petits enfants, même grands, même loin, pouvaient rester très proches de nous


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