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    Je restitue presque dans son entier l'article de Culturebox, j'espère qu'il vous intéressera autant que moi
     
     
     
    Par Isabelle Brunnarius @Culturebox

     

    Gustave Courbet, Vue du Lac Leman, 1876

    Gustave Courbet, Vue du Lac Leman, 1876

    © Musée d’art et d’histoire de Granville
     

    C’est une belle histoire, une de celles que rêvent de vivre les conservateurs de musée. Une Vue du Lac Léman vient d’être attribuée à Gustave Courbet. Le tableau est signé de son nom et daté de 1876, l’année précédant sa mort lors de son exil en Suisse. Le tableau était conservé dans les réserves d’un des musées de Granville.

    Le tableau a été redécouvert par Alexandra Jalaber, conservatrice adjointe des Musées de Granville et ses collègues à l’occasion de l’organisation de l’exposition "Côté coulisses. Les tableaux retrouvent leurs couleurs" au Musée d’art moderne Richard Anacréon.  Bruno Mottin, conservateur en chef du patrimoine, chef de la filière peinture du C2RMF, l'a authentifié comme étant de la main du maître et non de l'un de ses élèves...

    La Cascade de Mortain

    Pour préparer l’exposition sur les coulisses du musée, Alexandra Jalaber entreprend des recherches sur un tableau présenté dans l’exposition permanente et présenté comme la  "Cascade de Mortain", une cascade située à une soixantaine de kilomètres de Granville. Le tableau est signé Gustave Courbet, il n’est pas daté. En 1995, l’Institut Courbet l’avait identifié comme un faux. Cette oeuvre a été donnée à Granville en 1892 par Louis Boisnard, au décès de son frère Thomas Victor Boisnard....

    Courbet "La cascade de Mortain"

    Courbet "La cascade de Mortain"

    © DR

     

    En décidant de faire restaurer la "Cascade" attribuée à Courbet pour l’exposition temporaire de 2016, Alexandra Jalaber est donc tombée sur une pépite insoupçonnée. La conservatrice contacte le musée d’Orsay et le C2RMF (Centre de recherche et de restauration des Musées de France). Bruno Mottin se pique au jeu et cherche à en savoir plus. La Fabrique de patrimoines en Normandie est chargée d’analyser le tableau grâce à l’imagerie scientifique. La "Cascade" est finalement attribuée à Cherubino Pata. "Dans son abondante production, Courbet est aidé par le Franc-comtois Marcel Ordinaire et le Tessinois Cherubino Pata qui jouent, de plus, un rôle d’intermédiaires lors de la vente des toiles. Certaines sources laissent entendre que, sur la base de propos qu’aurait tenus Pata, Courbet aurait signé à la fin de sa vie des toiles dont la préparation par ses aides dépassait largement le stade de l’esquisse", précise Didier Erard dans sa brochure sur les années d’exil du peintre d’Ornans à la Tour-de-Peilz, au bord du lac Leman.

    Un point de vue partagé par le spécialiste helvétique Pierre Chessex. Si la représentation de paysage n’a rien d’un tableau de maître, reste la "Vue du Lac Leman". Là, Bruno Mottin est formel. C’est bel et bien un Courbet. Le spécialiste a détaillé ses recherches lors d’une conférence, donnée le 1er mars dernier à Granville, sur l’oeuvre de Courbet. 
     

    Le tableau, à la touche délicate, mêle dans le même scintillement, les reflets du lac, le ciel et les nuages qui couvrent les sommets. Cette ouverture particulière à la lumière rapproche ici Courbet de la peinture impressionniste.

    Cette oeuvre tardive est proche de celle retrouvée par Laurence Madeline. L’ancienne conservatrice du musée Rath de Genève avait présenté pour la première fois au public ce splendide et imposant "Panorama des Alpes" lors de l’exposition "Gustave Courbet, les années suisses " en 2015.

    Courbet "Vue du lac Léman"

    Courbet "Vue du lac Léman"

    © DR

    Grâce à la générosité d’un donateur anonyme, le Panorama des Alpes entre dans les collections des Musées d’art et d’histoire de Genève. Ce tableau, qui n’a jamais été exposé, n’a été publié que dans le Catalogue raisonné de l’œuvre de Courbet établi par Robert Fernier en 1977. Il est inscrit dans l’inventaire après décès de l’artiste (document inédit), dans la liste des œuvres remises par le Dr Blondon à Juliette Courbet – héritière du peintre – en 1882 et dans l’inventaire de ses biens en 1915. Le panorama des Alpes porte par ailleurs le sceau en cire de l’atelier Courbet apposé au verso des dernières œuvres de l’artiste que Juliette Courbet, décédée en 1915, avait conservées.


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  • Il est un temps  pour exploser

    et un temps pour dormir

     

    un temps pour la cascade jaillissante

    et un autre pour le gazouillis berceur

    de l'eau discrète

     

     un temps pour le bouillonnement

    et un autre pour le ronronnement

     

    un temps pour se détendre

    et un autre pour se concentrer

     

    un temps pour écrire

    et un temps pour se taire

     

    un temps pour contempler les cimes

    et un autre pour frôler les abîmes

     

    un temps pour la révolte

    et un autre pour la douceur.


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  •          C'est la question que posait Dostoïevski  

    et c'est celle qui vous est proposée par Gérard Zilberman le dimanche 26 mars à 15 heures à Guilherand Granges (26)

    au 329 avenue de la République

    Si vous n'êtes pas disponible ou si vous n'habitez pas dans la région, vous pouvez   toujours dire ce que c'est que la beauté pour vous et si vous la considérez  comme essentielle ...

    Je lui ferai parvenir vos réponses  

     

                                                     

    La beauté sauvera-telle le monde?

     

     

     

    A l’exemple d’émissions radiophoniques sur « Moi, Président », voici ma

    proposition :

    " Moi Président, je verrais autrement la politique. Dans mes discours et dans mes

    actions j’inviterais la Beauté. « C’est bien grâce à elle qu’en dépit de nos conditions

    tragiques nous nous attachons à la vie ». C’est elle qui nous aide à nous construire

    et à nous élever. « Elle est vitale, nous ne pouvons pas vivre sans elle ».

    Or, la beauté est trop souvent négligée, bousculée, évacuée, dans notre société. Nous

    avons besoin d’elle et pas seulement de problématiques d’économie, de finance, de dette.

    Quelle place donnons nous à la poésie, à l’art, à la culture, à l’harmonie, à la considération

    de l’autre, à l’empathie...? Est ce être rêveur ou lucide que de regarder du côté du beau ?

    N’est ce pas par le beau que commence la civilisation ?

    Parler du beau, se tourner vers le beau, ce n’est pas oublier le laid, l’abominable. Bien au

    contraire, ce peut être une façon de résister au Mal.

    Si j’étais président, je parlerais sur ce qui nous grandit et la beauté grandit, elle

    donne. Parler de la beauté, pour être contagieux de beau, comme me l’a dit un enfant.

    Parler de la beauté pour attester de la capacité à la décence de l’existence humaine face

    aux violences destructrices indignes, pour que de la promesse, l’homme devient « plus

    vrai ».

    Parler de la beauté pour que le rapport avec la Nature change, pour nous rappeler

    qu’elle est modèle de beauté, d’harmonie, et bien plus puisque elle est ressources pour

    notre existence. Quelle est cette attitude inconsciente de maltraiter la Nature comme si

    elle était inépuisable et oublier qu’elle participe à l’aménité de notre cadre de vie. Ne pas

    respecter la Nature c’est détruire de l’harmonie, du patrimoine paysager, de la richesse

    environnementale, culturelle, sociale.

    Parler de la beauté pour mesurer et combattre la vulgarité si courante au quotidien et qui

    nous mène dans l’incivilité relationnelle.

    Parler de la beauté pour qu’elle nous apparaisse sous ses vrais traits, la beauté de l’Être,

    la beauté consubstantielle à nous mêmes, et à laquelle nous aspirons « pour tendre vers

    la plénitude de notre présence au monde », car la beauté est bonté et vérité.

    Parler de la beauté à nos écoliers, une façon de faire connaître la face lumineuse du

    monde, de lutter contre les violences, de considérer l’Autre et découvrir chez l’Autre ce qui

    est beau.

    Parler de la beauté, car la beauté nous rapproche, les uns des autres.

    La beauté, en parler, la désigner chaque jour, pour ne pas oublier qu’elle existe à côté

    du Mal.

    La beauté en parler, la désigner chaque jour, pour la vivre, pour ouvrir les coeurs et les

    consciences, pour profiter de son pouvoir dynamique au niveau individuel et sociétal.

    Pourquoi l’homme politique doit parler de la beauté ? Tout simplement parce

    qu’il a les moyens de faire entendre sa voix plus facilement que d’autres. Parce qu’il a le

    devoir de l’exemplarité qu’il trouvera dans le beau. Parce qu’il aura le désir d’apporter « le

    bon et le vrai » dans sa gouvernance, des qualités qui sont intrinsèques à la beauté.

    Pour l’homme politique c’est un devoir d’en parler s’il se pose la question suivante :

    « Dans quel monde voulons nous vivre, quel monde voulons nous laisser à nos

    générations futures, et sans oublier tous ceux qui souffrent, car la beauté apporte du

    secours, de l’apaisement ?

    Parler de la beauté, c’est la découvrir, en prendre pleinement conscience, et voler

    dans la joie. Pensez aux moments très forts que vous avez vécus et vous direz

    « C’est vrai » !           Gérard Zilberman, le 1er mars 2017.


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  • Blauer Mond - 1920

     

     Ce tableau, je l'ai reçu en carte postale cette semaine, ma fille et ses enfants se trouvant à Berlin, ont visité

    LeBrucke-Museum Berlin où se trouve ce tableau, ce qui m'a permis de découvrir un peu ce peintre

    dont j'ignorais même le nom .

     

     

    Peintre, graveur, illustrateur, sculpteur,

    il est l'un des représentants de l'expressionnisme allemand

     

    Deux paysans, par Schmidt-Rottluff

    Deux paysans

     

     

    " Karl Schmidt (qui adjoignit plus tard à son nom celui de Rottluff, faubourg de Chemnitz où il avait vu le jour) vint à Dresde en 1905 pour étudier l'architecture. Il y retrouve Heckel et se lie avec Ludwig Kirchner et Fritz Bleyl. Les quatre jeunes gens forment la même année la communauté à laquelle ils donnent le nom de Die Brücke (Le Pont), dont Schmidt-Rottluff restera membre jusqu'à sa dissolution en 1913. En 1911, il s'installe à Berlin, qu'il a peu quitté, si l'on excepte trois années sous l'uniforme (1915-1918) et un certain nombre de voyages, surtout vers 1930. Rangé par le IIIe Reich au nombre des artistes dégénérés, il voit ses œuvres exclues des collections publiques et est soumis, sous contrôle policier, à l'interdiction de peindre en 1941

    . En 1947, il a été nommé professeur à l'Académie des beaux-arts de Berlin. Les œuvres de Schmidt-Rottluff qui ont échappé aux destructions du IIIe Reich et de la guerre (son appartement brûla pendant le bombardement de Berlin) se trouvent surtout dans des collections allemandes, en particulier la collection Buchheim (à Bernried, en Bavière). Contrairement à nombre de ses contemporains, Schmidt-Rottluff a très peu écrit sur son art et peu parlé de lui. Son œuvre peint se limite presque exclusivement à des paysages. Comme beaucoup de jeunes artistes de sa génération, il a d'abord adopté la manière (mais non la vision) des impressionnistes, avant d'être touché par l'exemple des fauves. Si l'on excepte Nolde — le Nolde des aquarelles —, il est de tous les artistes de la Brücke le plus coloriste ; il est le seul parmi eux à posséder le sens des compositions décoratives et monumentales, ce qui l'entraîne parfois aux limites de l'abstraction.

    Après son retour à Berlin, en 1947, il continue à peindre, essentiellement des paysages. Dernier survivant du mouvement, il fonde à Berlin, en 1967, un musée consacré à Die Brücke. Schmidt-Rottluff a également pratiqué la gravure sur bois dont il tire des effets qui relèvent de la stylisation géométrique ou qui soulignent l'aspect brut ou inachevé du matériau, la lithographie, l'aquarelle, et enfin la sculpture où l'influence de l'art nègre est très sensible."

                                                                                                          Pierre VAISSE

     

                                                        


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      Il était une fois deux petits yeux éberlués, un peu paumés, et toujours désaccordés...

    Quand l'un regardait à droite, l'autre regardait à gauche...

    C'était très inconfortable.

    C'était, on peut le dire, intolérable.

    Un jour, n'y tenant plus, l'oeil gauche ouvrit les volets de sa fenêtre intérieure,

    donna un grand coup à l'oeil droit qui se vit précipité dans un gouffre profond.

     

    L'oeil gauche le suivit tout en s'excusant de sa maladresse volontaire

    mais c'était la seule façon d'obtenir que son compagnon vienne avec lui dans ce périlleux voyage.

    C'est du moins ce qu'il pensait.

     

    Combien dura leur chute?

    On ne peut le dire.

    Le temps s'était arrêté.

     

    Le tic-tac de l'horloge reprit  quand ils atteignirent le fond   du gouffre.

    L'oeil droit était si éberlué qu'il en oublia de se plaindre et regarda l'oeil gauche qui lui souriait.

    Il ne le vit pas car au fond du gouffre il faisait très noir

    mais il sentit son sourire qui l'auréolait d'une douce chaleur.

    Ils s'approchèrent l'un de l'autre et avancèrent tout droit.

    Une étendue glacée s'ouvrait devant eux.

    Ils se mirent à patiner, légers, rapides, allègres.

    Ils dansaient, ils voltigeaient, ils s'envolaient.

    Le froid de la glace les avait mis en mouvement et au plus profond du gouffre

    où ils avaient trouvé leur unité et merveille ils n'étaient plus désaccordés....

     

    Leurs querelles s'étaient envolées dans un passé nébuleux...

    Ils se trouvèrent bientôt rassénérés et pétillants de malice

    grâce à cette course folle sur l'étendue glacée...

     

      Alors l'oeil droit tapota l'épaule de l'oeil gauche et lui dit :

    Il est temps de rejoindre nos petites maisons

    Désormais ensemble nous scruterons le même horizon

     

     


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