• Encore un texte retrouvé  écrit il y a environ trente ans;

    Comme tout cela est ancien et pourtant actuel.

     

    Ami, pourquoi te battre

    avec les armes de ceux d'en face

    et pourquoi de petitesse en petitesse

    avancer la bouche pleine de fiel?

    Tu te déssèches, tu t'aigris,

    Tu te désertifies

    Et le lieu que tu veux défendre

      se rabougrit avec toi .

     

    Ami, prends un peu de hauteur,

    sois large, sois génèreux,

    délaisse la révolte stérile ,

    cesse les combats inutiles

    et invite les tous  à la rencontre.

    Crois naïvement à la fête.


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    Préambule

     

    "A force de  vouloir être

    Dans cette solitude

    De n'être rien les autres craignent

    A force d'oublier de vivre

    Traqué par la peur d'un esclandre

    Evitant que n'importe quel

    Joyeux drille ne s'aperçoive

    De mon effort d'être je n'ose

    Ni mangerni boire ni

    M'attabler au bord de leurs danses

    A force de vivre sous

    L'uniforme mal connu

    D'une lésion étrangère

    A force de me donner l'air

    De n'avoir pas l'ai à force

    De m'engluer dans mes pièges

    Aforce de me dire s'ils veulent

    Voir mes papiers je suis perdu

    Bref à force de feindre

    D'être des leurs moi  le  voleur

    Aux semelles de silence

    A force de donner le change

    Et pour l'ombre d'un bossu

    Avoir pris celle des anges

    Et d'alourdir mon scaphandre

    D'oeuvres de plus en plus suspectes

    A la barque des beaux rameurs

    A force de suivre les ombres

    De fantômes sans châteaux

    Styx sur tes désertes rives

    Sans avoir vécu je meurs. "     Jean Cocteau


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      Le peintre Arcabas est mort ce 23 août à 92 ans.

    Un jour j'ai eu le bonheur de visiter l'église Saint Hugues qui est devenue un musée où l'on a le bonheur de voir de nombreux tableaux de ce peintre.

    Et j'y retournerai avec grand plaisir.

     

     

     

     

     

     

     

    Arcabas dans son atelier

    Arcabas dans son atelier

    © France 3 / Culturebox
     

    Le peintre Jean-Marie Pirot, dit Arcabas… s'est éteint le 23 août à l’âge de 92 ans. Originaire de Lorraine, il a marqué de son empreinte artistique le massif de la Chartreuse en Isère notamment avec la réfection sur plus de trente ans de l'église de Saint-Hugues de Chartreuse.

    Arcabas peignait dix heures par jour, deux cent cinquante jours par an. Le reste du temps était disait-il "imparti aux errements, à la détresse, à la recherche obstinée d'une "conscience d'être" brusquement égarée, sans laquelle plus rien n'est possible, surtout pas l'élaboration passionnée et souvent hasardeuse de ces sortes de miroirs appelés œuvres d'art."

    Même s'il a créé les décors et les costumes de "La danse de la mort" de Strinberg ou des "Justes" de Camus pour la Compagnie des Alpes, il tient sa renommée de son oeuvre dans le domaine du sacré.
    Jean-Marie Pirot était professeur à l'école des beaux arts de Grenoble, ce sont ses élèves qui l'ont surnommé Arcabas. Spécialisé dans l'art religieux, il s'est surtout fait connaître avec une oeuvre monumentale qu'il a réalisée sur plus de trente ans : l'ensemble d'art sacré de l'église Saint-Hugues-de-Chartreuse à St Pierre de Chartreuse. Il s'agit de l'une des réalisations les plus abouties de l'art sacré contemporain, composée de cent onze de ses oeuvres de peintures, sculptures, et mobilier.
     
    Une fresque d'Arcabas à l'église de Saint-Hugues
    une fresque d'Arcabas à l'église Saint Hugues
     

     

    En Isère, la petite église de Saint-Hugues de Chartreuse est devenue un musée d'art contemporain. Il y a soixante ans le peintre Arcabas entamait l'oeuvre très personnelle qui devait devenir un joyau de l'art sacré du XXe siècle. Ces peintures immenses, très colorées illustrent des passages de l'Evangile.

    Il y avait d'un côté un jeune artiste, Jean-Marie Pirot passera à la célébrité sous son pseudonyme d'Arcabas, qui cherchait un édifice religieux où réaliser ses peintures sacrées. De l'autre, il y avait un curé, le père Truffot, en charge de la paroisse de Saint-Hugues, à quelques kilomètres de Grenoble, dans le massif de la Chartreuse. Très ouvert, l'ecclésiastique accepte de laisser libre court à l'esprit créatif de l'artiste.

    Personne ne le regrettera même si l'aventure allait durer une trentaine d'années. L'artiste commence son oeuvre, puis l'abandonne pour la reprendre plus tard. Au résultat, l'intérieur de ce modeste édifice religieux de montagne bâti en 1860 est une merveille d'art sacré contemporain qui peut aussi satisfaire les ouailles catholiques. Loin de l'image pieuse qui illustre sans imagination les faits bibliques, ces tableaux s'inspirent de la vie de tous les jours pour actualiser la Parole.
     
     
     
     
     

    Arcabas a déclaré un jour " De toutes les vertus passées en revue, il n'y en a qu'une seule que je pourrais revendiquer, c'est la fidélité, cette espèce d'obstination et d'endurance inexplicable à poursuivre le beauté inatteignable".

    Manuelle-Anne Renault-Langlois nous invite à la découverte du peintre; à son cheminement


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    Il dit :

    Je ne suis rien et je veux tout.

    Je veux tout l'or du monde.

    non pas de vulgaires piécettes

    mais la substantifique moelle

    mais la divine étincelle

    mais le coeur même du diamant.

     

    IL dit :

    Je ne suis rien : Quel bonheur intense !

    tous les possibles sont ouverts,

    tous les chemins, toutes les portes,

    toutes les fenêtres, toutes les fleurs.

    Je regarde celui-là en face de moi

    et dans un autre univers il me transporte

    Et je me réjouis de devenir lui.

     

    Il dit :

    Je ne suis rien et je suis tout

    Des fils invisibles me relient à tous.

    Oui, je suis tous les êtres vivants.

    Je suis l'étoile, je suis le vent,

    je suis le soleil, je suis la lune

    Je suis la vague, le caillou, la dune

    Je suis poussière, je suis éphémère.

    Je suis passerelle entre terre et ciel.

     

    D'une insatisfaction à une autre insatisfaction,

    je progresse vers la perfection

    et dans le cercle cousu main

    voisinent le vide et le plein.

     


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  • La brume

     

    Un nuage est tombé par terre !

    Voilà cee qu'on appelle brume

    De l'humidité en poussière

    - Mais couvre-toi ou gare au rhume.

     

    Le brouillard

    Brume et brouillard sont-ils égaux?

    Pas tout à fait. L'une a sa corne,

    Et l'autre se coupe au couteau

    Entre les deux, cherchez la borne.

                           Jean Guichard-Meili  ( 1922-1994)

     

     

    Licencié en Lettres Jean Guichard obtient en 1947 le diplôme qui lui permet d'entrer en 1948 comme bibliothécaire à la Bibliothèque nationale (site Richelieu), dont il devient conservateur en 1963 et qu'il ne quittera qu'en 1983.

    En 1946, il rencontre Stanislas Fumet et Emmanuel Mounier et se lie aux artistes non figuratifs, peintres (Jean Bertholle, Elvire Jan, Jean Le Moal, Alfred Manessier) et sculpteurs (Simone Boisecq, Karl-Jean Longuet). En 1949, après son mariage avec Suzanne Meili, il adopte la double signature Guichard-Meili sous laquelle il fera paraître ses nombreux ouvrages.

    Ses critiques d'art ont été publiées dans Temps présent (1946-1948), Esprit (1947-1958), Témoignage chrétien (à partir de 1948), Le Monde-Dimanche (1979-1983), mais aussi Arts-Spectacles (1963-1966), Galerie des Arts ou la NRF. Il a également écrit de nombreux articles et ouvrages sur Matisse et dirigé la collection Écritures, associant peintres et poètes, créée par les éditions Galanis.

     


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