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    On l'a nommé le peintre des âmes discrètes ou encore le peintre des vies qui sommeillent...

    Et je trouve que cela lui convient bien...Il excelle  à déceler la beauté de ces êtres tranquilles et sans histoire.

    Il capte leur regard, en dévoile la profondeur. Il nous apprend à voir  au-delà des apparences et tous ces personnages sont souvent animés d'une vie intense qu'il faut savoir deviner

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    Il est le peintre de l'enfance. Ses neveux et nièces lui servent de modèle...Et il fait aussi de nombreux portraits de commande

     

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    François Guiguet  est né à Corbelin en Isère. Il était le cinquième enfant d'une famille de douze..Son père était menuisier et il a commencé à apprendre ce métier mais le docteur de famille remarque ses dessins, demande à ce qu'ils soient montrés à Auguste Ravier , peintre de renom habitant  Morestel,une commune voisine.

    Ce dernier devient son professeur pendant trois ans , puis il le dirige vers les beaux Arts de Lyon, puis  vers ceux de Paris...Il y fera sa première exposition à l'âge de 25 ans

    Il se lie d'amitié avec Puvis de Chavannes, avec Degas...

    Dans la petite ville où il est né et où il est mort , il y a un musée qui lui est consacré dans la chapelle de l' Ancien Prieuré

     

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    J'ai découvert récemment les très beaux portraits de François Guiguet (1860-1937)

     

    Je suis restée longuement devant le tableau ci-dessus

    Elles voudraient bien savoir  les deux amies qui sont sur la gauche de la maman   qui tient le bébé à la robe blanche....

    Elles la harcèlent de questions

    Hésite-elle ou est-elle fermement décidée à ne rien dire ? Je ne sais...Je la sens trop accablée pour pouvoir parler  Et elle sait que garder le silence est parfois la meilleure façon de ne pas voir ses paroles travesties...

    Je crois qu'elle a choisi de se taire et ses compagnes n'auront qu'à inventer l'histoire qui ne leur a pas été racontée....

    Sa voisine de droite s'absorbe dans son ouvrage...mais elle n'en perd pas une miette..du dialogue muet qui s'est instauré  entre ses voisines...Elle sait, elle aussi que le silence , parfois,vaut mieux que les paroles

     

    Et moi, je me demande encore pourquoi cette femme m'intrigue autant, pourquoi elle m'attire...

    Peut-être que je me reconnais en elle et que cette scène m'en rappelle d'autres où j'ai été moi-même soumise au feu de questions indiscrètes!


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  •   Hier, je croyais l'histoire achevée, tout comme le tableau.

      J'ai failli inscrire le mot"fin" mais ça me semblait si évident que c'était inutile de 'écrire.

      Mais voilà que les personnages m'ont poursuivie et je peine à les quitter.

     

      Pour la jeune fille,cela va bien, je la vois prendre son envol..La transformation a été si fulgurante qu'il est impossible qu'il en soit autrement...Certes, il y aura des moments où elle se sentira de nouveau perdue, en détresse mais il lui suffira de repenser à son portrait, à ce tableau qu'elle n'a même pas besoin de regarder tant il est inscrit en elle au plus profond pour que le courage et la confiance lui reviennent. Et puis, elle sait qu'elle peut revenir voir le peintre si  elle en ressent le besoin, qu'il sera toujours prêt à l'écouter, à la conseiller..Ils ont pourtant échanger peu de paroles jusqu'à présent..mais elle sait cela. Et pour la première fois elle pense que demain peut lui réserver de bonnes surprises et elle est avide de les connaître.

      Mais lui, le peintre, pour lui aussi, c'est une première fois, la première fois qu'il fusionne aussi intensément avec son modèle, la première fois que, par son art, il permet à quelqu'un de devenir un peu plus lui-même...Et il en est fortement  ému, il en est même bouleversé...Il comprend que c'est cela qu'il cherchait...

      Et désormais ,il veut continuer à faire des portraits. Il trouvera des êtres qui recèlent un secret au fond d'eux-mêmes, un secret que lui se sentira apte à dévoiler et ainsi il les aidera à grandir, à devenir pleinement eux-mêmes...Et agissant ainsi, il trouvera lui-même sa vraie dimension. ..Et c'est elle, celle qui se croyait inutile qui lui a permis de trouver ce chemin où il vient de faire ses premirs pas...Et il en est émerveillé et reconnaissant..Il va pouvoir se donner totalement à son art.


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  •   Il lui dit que le tableau est bientôt fini mais il préfère qu'elle ne le voit que lorsqu'il sera tout à fait achevé.

    Elle reprend la pose docile, lisse, immobile...Elle remarque bien que le pinceau du peintre ne s'active guère : une petite retouche de ci, de là mais il semble seulement la regarder, elle et le tableau...A la fin de la séance, il lui demande de  venir voir. Il a fait du mieux qu'il a pu, lui dit-il, et il ne peut rien rien ajouter.

      Elle s'approche, elle regarde et reste interdite...

      Le peintre s'inquiète : que se passe-t-il ?

      -  Elle a pris mon visage,dit-elle, comment a-t-elle fait?

      - Mais ce n'est pas elle, répond le peintre, c'est vous....Regardez bien!

      Elle le regarde incrédule...Il a pourtant l'air sincère. Il ne se moque pas d'elle, elle peut le croire...

      Alors les larmes coulent sur son visage immobile..Une grande joie l'inonde...Elle est  ainsi....Elle sourit....Elle sourit à elle-même, elle sourit au peintre , elle sourit à la vie....Elle ne se sent plus exclue  et désarmée...Désormais, elle va tout faire pour rejoindre cette fille là qui est sur le tableau et  dont elle se sentait tout à l'heure si éloignée.

      De même que les feuilles du peuplier qui dansent dans le vent nous en révèlent la beauté, de même ce peintre a su donner souffle et vie à cette enfant pas encore née, à cette enfant cachée dans un corps de femme qui ignorait tout d'ele-même et de sa force .


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  •   D'ordinaire,face à ses modèles, il oubliait très vite leur identité pour ne voir que  la couleur de la peau, le mouvement de la chevelure, la courbe du nez, l'ovale du visage...pour ne voir finalement qu'un ensemble de couleurs et de formes...Mais aujourd'hui c'est exactement l'inverse qui a lieu...Il lui faut absolument comprendre cette jeune femme, saisir qui elle est pour pouvoir la peindre.

      Mais nulle inquiètude en lui...La patience infinie qu'il découvre chez son modèle l'apaise, il sait qu'elle acceptera autant de séances qu'il lui sera nécessaire...Et ce qu'il a pressenti en elle, dès le premier regard, il ne peut l'oublier...Un visage, c'est une constante métamorphose...A lui de rassembler en une seule image les impressions fugitives qui naissent et disparaissent...A lui d'en faire l'unité, de les lui restituer, de les harmoniser.

      Toutes les après-midi, elle est là fidèle au rendez-vous. Et chaque jour, il la découvre nouvelle , différente...Une petite flamme s'allume dans ses yeux....

      Un jour, le téléphone ayant sonné au moment où elle arrivait, il la fait attendre. Tout en répondant à son interlocuteur, il la regarde discrètement...et il a un sourire aux lèvres quand il la voit s'impatienter...Enfin, elle sort de la passivité...Il s'excuse, retourne à ses pinceaux....Pour la première fois, il la voit s'intéresser à ses gestes,  porter sur lui un regard interrogateur....

      Il lui dit de ne pas venir le lendemain car il doit s'absenter...Il la sent inquiète, un peu déçue. Il la rassure, il ne s'absente que pour la journée. Lorsqu'il revient le jour suivant, il la découvre moins transparente, un peu plus présente...Elle ose même lui demander où en est le tableau...


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