• Il est des moments où tout s'éclaire soudain.

    Un seul chemin est devant nous, évident .

    Aucun doute n'est possible.

    Là est notre place.

    J'étais encore à l'école primaire quand j'ai connu une telle fulgurance...Je devais avoir  huit ou neuf ans, pas davantage...J'étais dans une école religieuse...La soeur cuisinière avait une idée fixe et chaque fois qu'elle rencontrait maman, elle lui disait que j'avais certainement la vocation et que je pourrai bien devenir religieuse...Maman écoutait sans mot dire mais moi, les certitudes de la brave soeur me troublaient...

    Et , un jour, brusquement, toutes mes inquiètudes furent balayées.

    Il était certain , me suis-je dit, que Dieu qui nous aimait voulait notre bonheur...Or moi, dans le marécage de mes doutes, j'avais quand même une certitude absolue, une seule : pour que je sois heureuse, pour que je sois moi-même, que je justifie mon existence, il fallait , il fallait absolument que j'aie au moins quatre enfants, c'était ainsi, je n'y pouvais rien changer...

    La vie religieuse étant incompatible avec la maternité, il était évident que la petite soeur se trompait et ses paroles ne me causèrent plus aucun trouble.

    Un seul chemin pouvait s'ouvrir devant moi.


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  • chemin-de-Stevenson--octobre-2007-056.jpg                                                       

    Je me souviens très bien...

    J'avais vingt ans et un tout petit peu plus.

    Je me souviens du lieu:boulevard du Cire,une route montante.

    Je la descendais,j'étais juste au tournant.

    Une pensée m'a traversée,transpercée...avec une force inouïe:

    "cet homme que j'aimais,que j'allais probablement épouser,

    cela pouvait-il être autrement,

    ça allait être impossible,la vie avec lui !

    ça allait être infernal parfois,au bord du gouffre,

    nous étions si différents;

    mais moi,je ne pouvais pas l'abandonner,

    le laisser au bord du chemin,

    il serait perdu sans moi,

    je serais perdue sans lui.

    Et puis nous avions tant à apprendre l'un de l'autre ,

    nous étions si différents.

    Les apparences pourraient donner à croire que nous nous étions éloignés,

    mais ce ne serait que pour mieux nous retrouver.

    Cette intuition fulgurante que j'eus ce jour-là,

    combien elle fut juste !

    Et elle m'a soutenue contre le désespoir.

    Voilà plus de quarante ans que nous vivons ensemble,

    et je ne regrette rien.

    Il y eut des moments difficiles
    mais ils nous ont fait grandir.

    Et nous progresserons encore,
                je le crois.


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  • Je continue à visiter mon passé par quelques flashs rapides...Ce n'est pas de la nostalgie..C'est pour éclairer le présent et tenter de le mieux vivre
    J'ai vingt ans
    Et je commence ma carrière d'enseignante
    un peu par hasard...
    J'étais dans une telle ignorance de moi-même
     que je ne savais pas où étaient mes désirs
    ni à quoi je pouvais être utile....
    Le hasard a bien fait les choses.
    J'étais bien à ma place
    et le bonheur d'être avec les enfants était parfois si vif
    qu'il m'aurait semblé juste
    que ce soit moi qui paye
    (et non qui sois payée)
    pour avoir ce bonheur-là....


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  • Dix-huit ans
    et je suis amoureuse.
    Il est venu, ,
    le bien-aimé,
    il n'a rien dit
    ou si peu
    mais j'ai su
    à son regard que
    que c'était la dernière fois...
    A peine était-il parti,
    je me suis allongée
    et j'ai sombré...
    Je ne me suis réveillée
    que quarante-huit heures après...
    J'avais tout donné,
    je n'étais qu'une carcasse vide..
    je n'habitais plus mon corps..;
    La vie est revenue
    tout doucement...
    La vie est bonne
    et j'ai compris
    qu'on ne s'enrichit
    que de ce qu'on donne.


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  • Seize ans
    Un peu rondelette
    et trois frères fil de fer.
    les oncles et tantes disent :
    oh ! la petite se porte bien
    mais ses trois frères sont bien maigres.
    Dans leurs yeux
    je me vois énorme
    Je décide de manger
    chaque jour un peu moins
    J'y arrive fort bien
    tellement bien
    que je deviens encore plus fil de fer
    que mes frères.
    Et j'ai beau ressembler à une déportée
    sortant des camps
    moi,je me vois toujours énorme.
    Heureusement l'été suivant,
    je vais travailler dans une maison d'enfants
    et leur appétit triomphant
    et l'air vivivfiant de la montagne
    me rende à la vie.
    il était temps.


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