• Ce soir là, nous étions chez nos enfants.

    Et je me suis retrouvée, un jeu de cartes entre les mains, ce qui ne m'était pas arrivée depuis  assez longtemps.

    D'ordinaire nos petits enfants se retrouvent chez nous avec leurs cousins et ils sont assez nombreux pour jouer entre eux et ne pas trop chercher notre collaboration ...Mais ce soir là, son grand frère apprend ses leçons et lui, le petit a envie de jouer...Oh ! il sait très bien jouer tout seul...avec ses soldats qui, comme il se doit, tuent tous les méchants ...Ou même aux cartes...Mais quand même, avoir un partenaire, c'est plus rigolo...Et peu lui importe de perdre ou de gagner...L'essentiel est de jouer...S'il remporte plusieurs plis à la suite, il joue ensuite une petite carte et il me dit que c'est pour me faire plaisir...Je ris de son attention...

    Et, tout à coup, me voilà transportée bien loin en arrière...quand j'étais petite fille et que mon père sortait le jeu de cartes...Je ne sais quel souvenir en ont gardé mes frères...Mais pour moi c'était la fête ! quelque chose qui rompait la monotonie des jours... et puis ces soirs là, mon père était de bonne humeur et prenait du temps pour être avec nous...Et, pour moi, c'était vraiment un grand moment de bonheur...Bien sûr, j'étais contente si parfois je gagnais mais ce n'était vraiment pas le plus important...Nous étions ensemble....Voilà qui remplissait mon coeur de contentement


    22 commentaires
  • Je me souviens.

    J'avais dix ans.

    Mon frère aîné venait de faire sa communion solennelle et il semblait en être heureux, au moins à cause des cadeaux même s'ils étaient modestes et parce qu'il avait été le roi de la fête  tout un jour...Pour le reste je ne sais pas  ce que représentait cette journée pour lui.

    Et moi, ce serait mon tour dans deux ans...Dans notre milieu, c'était inévitable...Et cette perspective m'effrayait littéralement...Comment pourrai-je être sûre  de moi et faire la promesse de suivre la voie du Christ ma vie durant ?

    Comment pouvais-je savoir si j'étais capable d'une telle fidélité?

    Et ces interrogations me pétrissaient d'angoisse et furent le début de tourments qui durèrent plusieurs mois...Et personne à qui me confier...Et ma détresse était parfois si  énorme qu'il m'est arrivé une fois de m'évanouir pour y échapper...

    Heureusement, je ne sais comment, je suis sortie de cette noire période avant que je ne fasse moi aussi cette fameuse Communion solennelle...A ma demande, mes parents avaient invité un jeune garçon qui était à l'orphelinat  près de chez nous et qui lui aussi faisait sa communion solennelle..et cela donnait un sens à cette journée...Ce fut une fête de famille paisible et joyeuse dont finalement je garde un bon souvenir.


    24 commentaires
  • 5027285404_a496c84c82.jpg                                                                flickr

     

     

      Un mot,une image,un rien soudain réveillent en moi des souvenirs d'enfance que je croyais oubliés et qui me sautent au visage comme des malappris et ils ne me laissent en paix que lorsque,mis sur le papier ils ont donné toute leur saveur amère et cependant vivifiante
      Je me souviens...Nous étions petits et maman nous emmenait parfois à la gare de Valence où travaillait notre père.Toute la journée ou plutôt huit heures durant,il faisait des petits trous dans les billets que les voyageurs lui tendaient pour pouvoir accéder au quai et ensuite au train...Il n'y avait pas encore de machines perforatrices...Nous embrassions notre père qui souriait à notre vue...Nous déambulions un moment dans la salle des pas perdus en rêvant que nous étions des voyageurs.Maman nous surveillait inquiète,ayant toujours peur de nous perdre...
      Et pour moi,le souvenir seulement de cette joie de sortir un peu du quartier quotidien,la joie d'approcher  le lieu où travaillait notre père et de voir son sourire en nous voyant.


    45 commentaires
  • PA250015   J'avais 16 ans.Cette année-là, pour la première fois,je n'allais pas passer tout l'été à la maison...Non,j'étais employée dans une maison au Vercors.C'était un grand chalet situé sur une hauteur et tous les matins,dès que j'étais réveillée,je me précipitais dans le pré voisin  D'où je contemplais le paysage...Je n'en ai pas un souvenir précis.La seule chose qui  me reste en mémoire,c'est la sensation de bonheur extrême que j'éprouvais,c'était comme si deux bras m'enlaçaient: deux bras très doux,très tendres comme une mère enfin retrouvée...Ce lieu ruisselait d'invisible et m'ouvrait à la vraie vie et ce moment passé seule dans le silence et la luminosité du matin embellissait toute ma journée...il me semblait que le temps était suspendu.
       Qu'en ce lieu idyllique,un drame puisse avoir lieu...celà n'était pas possible...Même la mort y perdait l'effroi qu'elle suscitait d'ordinaire,elle devenait simplement un moment de vie qu'il s'agissait de vivre tout comme un autre,dans la même plénitude,la même sérénité que tout autre,avec même une chanson au bord des lèvres pour célébrer la vie qui va et vient.
       J'allais donc; chaque matin,contempler ce paysage,m'y ressourcer,m'émerveiller de cette beauté,à perte de vue,m'enchanter de ce silence qui bruissait à mes oreilles...toujours un peu étonnée quand les bruits de la maison me rappelaient que les autres s'éveillaient et que je devais les rejoindre...étonnée que le temps ait passé si vite...étonnée mais sans aucune tristesse;même enfermée entre quatre murs,ce paysage ,je le gardais,au fond de  moi et il me protégeait de toute agresion...C'était le bonheur;


    22 commentaires
  • Nous prenons le repas sous l'if centenaire

     

    Du soleil, pas de vent ou si peu

     

    Une grande douceur, une harmonie diffuse

     

    Une grande paix

     

    Ces instants, si courts soient-ils, semblent n'avoir pas de fin

     

    Le poème d'Aragon me revient en mémoire

     

     

    "...

    Il fait beau à n'y pas croire

     

    "...Il fait beau à n'y pas croire

    Il fait beau comme jamais

     

    Quel temps quel temps sans mémoire

    on ne sait plus comment voir

    ni se lever ni s'asseoir

    il fait beau comme jamais..."


    30 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique