• Je me souviens

     

     

    Je me souviens.

    Au bas de notre logis, il y avait une impasse et maman, bien que très craintive, me permettait d'y aller jouer avec mes frères et les autres petits voisins. Nous jouions au ballon, aux billes, à cache-cache...

    Maman nous surveillait du haut du balcon .  Il n'y avait presque que des garçons, certains très bruyants...L'un d'eux, cependant, un blondinet assez menu, était différent des autres. Il s'appelait Pierre. Il était toujours calme. Et nous  avions pris l'habitude de nous promener de long en large de l'impasse tout en bavardant. Mais de quoi parlions-nous?

    Je n'en ai aucun souvenir...Et souvent, je me pose la questions,car ces moments étaient fort agréables.

    Ill ne faisait pas partie de la bande des garçons, c'était un solitaire comme moi, et c'est peut-être cela qui nous rapprochait...

    Nos allées et venues ont dû intriguer ma mère, toujours affollée, et un jour, elle me dit :

    "" Tu n'iras plus jouer dans l'impasse, il n'y a que des garçons."

    Pourquoi ai-je obéi sans même plaider ma cause?

    Il n'y avait jamais eu le moindre dialogue entre nous, ma mère et moi. J'ai obéi. Un point, c'est tout.

    Heureusement, dans la rue voisine, il y avait une petite bibliothèque. J'avais le droit d'y aller. J'y étais assidue. Et c'est dans les livres que j'ai trouvés, mes nouveaux compagnons de jeux... Mais quand même je regrette ce lien si vite interrompu...Qu'est-il devenu ?


  • Commentaires

    1
    Marcel
    Lundi 1er Octobre à 09:22

    N'en déplaise à Simone Signoret, la nostalgie est bien toujours ce qu'elle était. Et je crois bien que chacun(e) de nous a quelquefois ce type de souvenir qui revient à notre mémoire et nous donne un petit pincement au coeur!

    Amitiés.

    2
    Lundi 1er Octobre à 09:23
    Edmée De Xhavée

    Oh c'est triste... "Accepter son sort" quand on aurait pu peut-être gagner ne serait-ce qu'un compromis. Mais avec une mère qui ne s'ouvre pas et ne sait pas comment faire s'ouvrir son enfant... il ne reste pas toujours d'option, je sais. Je pense que "le sale caractère" vient souvent à point si on apprend à le dominer avec le temps. On résiste, on conteste, on discutaille...

    C'est bien dommage que tu n'aies pas eu un "sale caractère" qui serait sorti de sa boite à malices de temps à autre!

    3
    Lundi 1er Octobre à 10:19

    Je crois que je n'ai plus du tout envie de me souvenir de mon enfance, elle fut tellement douloureuse que j'en garde de lourdes séquelles. Tout comme toi je n'osais pas répondre à mes parents même si leurs reproches étaient injustifiés. Mon "mauvais caractère" m'est venu après car quand on a vécu ainsi à l'état de cocotte minute, il faut bien qu'un jour les choses se libèrent et que l'on décide que ça suffit , mais la vie trouve toujours d'autres subterfuges pour vous dompter et faire le dos rond malgré la révolte qui bout en chacun de nous.

    4
    Lundi 1er Octobre à 10:55
    eMmA MessanA

    Peut-être que ce petit garçon blondinet se pose la même question. Qu'est-elle devenue ? 

    5
    Lundi 1er Octobre à 11:14
    LADY MARIANNE

    un billet émouvant-
    à l'époque mes parents étaient pareil !!
    et j'obéissais aussi -
    de nos jours ce ne serait plus la même chose-
    les mentalités ont évolué-
    bonne journée- bises-

    6
    Lundi 1er Octobre à 11:26
    Mes parents voulaient ainsi que les tiens, me tenir sous haute surveillance ... grand mal leur en prit, jamais je ne me suis soumise ... devenue grande, c'est à moi qu'ils confiaient leurs problèmes ... sachant ma détermination à aboutir ...
    Amitié .
    7
    Lundi 1er Octobre à 11:37

    Bonjour Gazou,

    je crois bien qu'à cette époque, on obéissait, un point c'est tout. Il ne nous serait pas venu à l'idée de nous rebeller ou de "répondre", pour reprendre le terme utilisé alors... Maintenant, on essaie que la communication soit plus fluide, mais parfois cela génère des excès!

    Belle journée à vous!

    8
    Lundi 1er Octobre à 13:46
    Durgalola
    Avec l'âge, je me dis que mes parents je les vois comme des frères et sœurs avec leurs limites. Déjà nous avions une liberté qu'eux n'avaient pas eu. Bises
    9
    Lundi 1er Octobre à 13:49

    Une lecture émouvante Gazou...

    De gros soucis avec l'envoi de ma news, j'espère que cela va se résoudre rapidement. Bises et bon début de semaine

    10
    nicole 86
    Lundi 1er Octobre à 15:18

    Ce texte joue des tours à ma mémoire, il me semble tant l'avoir déjà lu sous votre plume ...

      • Mardi 2 Octobre à 19:59

        J'ai déjà écrit ce souvenir et je l'avais  oublié...il m'est revenu en mémoire cet été et je l'ai re-écrit...Vous pouvez le retrouver en cliquant dans la colonne"rubriques  d'articles" (à droite du blog) sur celle intitulée " je me souviens"

    11
    Evy
    Lundi 1er Octobre à 16:24

    Toute à fait juste bonne fin de journée bisous

    12
    Lundi 1er Octobre à 17:20
    daniel

    Ton billet est très émouvant: ta relation avec ce garçon, ta relation avec ta mère, la rupture brutale, les livres, tes compagnons de jeu. Il y a un peu de tristesse et de nostalgie.

    13
    lenez o vent
    Jeudi 4 Octobre à 10:11

    nostalgie, et une partie de vie défile parfois tristement

    chercher à avoir des nouvelles , possible

    Merci Gazou

    14
    Jeudi 4 Octobre à 23:06

    Coucou Gazou

    Tu n'es pas toute seule à avoir dû obéir, un point c'est tout ! Le dialogue n'était du tout de mise à l'époque entre parents-enfants ! L'étroite surveillance ... des filles étaient un grand devoir parental... 

    Ne t'inquiète plus ! retrouver un ami d'enfance à la cinquantaine est parfois trèèès décevant... Mieux vaut garder le souvenir ému et nostalgique, c'est plus prudent : j'en sais qq chose ! Le temps change énormément les gens...

    Bcp de bisous

    15
    Samedi 6 Octobre à 11:39

    Un souvenir bien nostalgique... mais nous sommes d'une époque où nous ne discutions pas les décisions de nos parents.

    Merci pour ce partage, Gazou. J'ai aimé te lire.

    16
    Mercredi 10 Octobre à 05:55

    Lorsque je lis de tels récits, je bénis le ciel d'avoir eu une maman qui a toujours respecté ma liberté, même lorsque j'étais très jeune. Sans doute qu'elle avait ressenti que c'était comme ça qu'il fallait réagir avec moi. Je suis une indocile.

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