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    Raymond Joyeux

    Raymond Joyeux

    Îles échouées au ras des eaux
    Terres vomies de la mer
    Pays sans renom ni fortune
    Rochers suant le sel
    Victimes flagellées
    Par le bourreau des vents
    Et le fouet des vagues.

    C’est au bord de ces jardins de sable
    Au creux de ces nids de varech
    D’où flottent des parfums couleur d’iode
    De myrrhe d’ossuaire marin
    Des odeurs d’océan
    Que naît la vie là-bas
    À l’homme de ces îles.

    Elle s’envole échappée des antres sauvages
    Ouverts au flot tiède du soleil
    Comme un baume exhalé des forêts de rivage
    Tapissées de calcaire blanchi
    De coquillages lavés, vides et sans vie
    De strombes pâles et ternes, roses jadis,
    De carcasses d’oursins creux et chauves
    Résonnant le tapage figé
    La rumeur sourde des grands fonds.

     

    Raymond Joyeux : Poèmes de l’archipel – Les Ateliers de la Lucarne – 2014

     

    Raymond Joyeux est né en Guadeloupe d’une  famille de marin-pêcheur. Il est le cadet de cinq enfants.

    Parcours scolaire et universitaire
    Il effectue ses études primaires à Terre-de-Haut jusqu’à son entrée en 6ème en 1953 au Séminaire-Collège de Blanchet, puis au Lycée Sainte-Marie de Fort-de-France où il obtient le baccalauréat. Parti en Métropole en 1960, il entame et poursuit sa formation en philosophie, psychologie et lettres classiques, d’abord au Grand Séminaire de la Croix-Valmer dans le Var puis à la Faculté de Lettres et Sciences Humaines Claude Bernard de Lyon.

    Parcours professionnel
    Professeur de Français, il a enseigné successivement à Lyon, Terre-de-Haut, Paray-le-Monial et Pointe-à-Pitre. De 1971 à 1974, il a dirigé le collège Jean Calo de Terre-de-Haut qu’il avait contribué à ouvrir quelques années auparavant. Il a pris sa retraite d’enseignant en septembre 2005 alors qu’il était en poste depuis 1989 au Collège de Massabielle de Pointe-à-Pitre.

    Parcours littéraire
    Très jeune, Raymond Joyeux s’intéresse à la poésie. Ses premiers textes sont publiés dans diverses revues guadeloupéennes et lus sur Radio Guadeloupe dans une émission créole animée à l’époque par Casimir Létang le samedi après-midi. Par la suite il publie à compte d’auteur différents ouvrages  et obtient pour l’un d’eux un prix de poésie libre  en 1988 :

    dessin lavaud


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     Un poème que je me redis souvent  ou que je me chante à l'oreille...Il me transporte dans un autre monde, il a quelque chose d'envoûtant

     

    Soleils couchants

    Une aube affaiblie
    Verse par les champs
    La mélancolie
    Des soleils couchants.

    La mélancolie
    Berce de doux chants
    Mon coeur qui s’oublie
    Aux soleils couchants.

    Et d’étranges rêves,
    Comme des soleils
    Couchants, sur les grèves,
    Fantômes vermeils,

    Défilent sans trêves,
    Défilent, pareils
    A de grands soleils
    Couchants sur les grèves.

    Poèmes saturniens


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    Les feuilles mortes

     

    Tombent, tombent les feuilles rousses,

    J'entends la pluie sur la mousse;

     

    Tombent, tombent les feuilles molles,

    J'entends le vent qui s'envole.

     

    Tombent, tombent les feuilles d'or,

    J'entends l'été qui s'endort.

     

    Tombent, tombent les feuilles mortes,

    J'entends l'hiver à ma porte.

     

         Pernette Chaponnière

    Ecrivain suisse de langue française, a publié plusieurs romans et un livre d'essais et des poèmes et des romans pour la jeunesse;

    Proches de la chanson, ces textes s'inspirent surtout de la nature avec une simplicité qui suggère le mystère des choses  et du monde.


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    « Vieillir en beauté, c’est vieillir avec son cœur ;
    Sans remords, sans regret, sans regarder l’heure ;
    Aller de l’avant, arrêter d’avoir peur ;
    Car, à chaque âge se rattache un bonheur.
     
     
     Vieillir en beauté, c’est vieillir avec son corps ;
    Le garder sain en dedans, beau en dehors.
    Ne jamais abdiquer devant un effort.
    L’âge n’a rien à voir avec la mort.
     
     Vieillir en beauté, c’est vieillir positivement.
    Ne pas pleurer sur ses souvenirs d’antan.
    Être fier d’avoir les cheveux blancs,
    Car, pour être heureux, on a encore le temps.
     
     
     Vieillir en beauté, c’est vieillir avec amour,
    Savoir donner sans rien attendre en retour ;
    Car, où que l’on soit, à l’aube du jour,
    Il y a quelqu’un à qui dire bonjour.
     
     
     Vieillir en beauté, c’est vieillir avec espoir ;
    Être content de soi en se couchant le soir.
    Et lorsque viendra le jour de non-recevoir,
    Se dire qu’au fond, ce n’est qu’un au revoir. »
     
                          
                                     Ghislaine Delisle, québécoise née en 1932
     
     

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     AUTOPORTRAIT EN AUTOMNE de RENE DEPESTRE

     

    Frère des animaux et des arbres innocents c'est au poète d'annoncer le nouvel espoir et la beauté rendus à l'en-marche des hommes.

    L'homme qui aime la vie a le sang relié au feu, au fleuve, au roc et à l'azur du ciel.

    L'époque - féroce et sensuelle - s'avance vers lui pour lui dire :
    Ton atelier va à la déroute !

    libre à vous d'écouter mon histoire sans y croire :

    partout où j'ai été j'ai tué mes huîtres

    pour payer avec des poèmes les dettes du
    Sud.

    J'ai connu au
    Nord le goût amer de la vie

    j'ai vu l'Ouest brûler en moi tous ses vaisseaux

    tandis que l'Est enfonçait ses griffes dans ma gorge.

    Partout ma charrue a été mise à l'épreuve.

    Où aller maintenant ?
    Où porter mes outils ?

    une fois de plus : blessé à chaque porte où je frappe,

    gavé de soleil au flanc de mes soirs de pluie,

    je me laisse pousser dans le pin maritime

    qui sert de bateau à la dérive de mes songes.

     





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