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    J'étais encore à l'école primaire quand j'ai découvert ce poème à la bibliothèque de quartier et il m'a tout de suite enchantée

     

     

    Invitation au voyage de Baudelaire

     

     

    Mon enfant, ma soeur,

    songe à la douceur

     D'aller là-bas vivre ensemble!
     

    Aimer à loisir,
    Aimer et mourir
    Au pays qui te ressemble!
    Les soleils mouillés
    De ces ciels brouillés
    Pour mon esprit ont les charmes
    Si mystérieux
    De tes traîtres yeux,
    Brillant à travers leurs larmes.

    Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
    Luxe, calme et volupté.
    Des meubles luisants,
    Polis par les ans,
    Décoreraient notre chambre;
    Les plus rares fleurs
    Mêlant leurs odeurs
    Aux vagues senteurs de l'ambre,
    Les riches plafonds,
    Les miroirs profonds,
    La splendeur orientale,
    Tout y parlerait
    À l'âme en secret
    Sa douce langue natale.

    Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
    Luxe, calme et volupté.
    Vois sur ces canaux
    Dormir ces vaisseaux
    Dont l'humeur est vagabonde;
    C'est pour assouvir
    Ton moindre désir
    Qu'ils viennent du bout du monde.
    — Les soleils couchants
    Revêtent les champs,
    Les canaux, la ville entière,
    D'hyacinthe et d'or;
    Le monde s'endort
    Dans une chaude lumière.

    Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
    Luxe, calme et volupté.

    Charles Baudelaire,

     

     

     

     

     


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    Enfances

    La blanche école où je vivrai

    N'aura pas de roses rouges

    Mais seulement devant le seuil

    Un bouquet d'enfants qui bougent

     

    On entendra sous les fenêtres

    Le chant du coq et du roulier;

    Un oiseau naîtra de la plume

    Tremblante au bord de l'encrier.

     

    Tout sera joie ! Les têtes blondes

    S'allumeront dans le soleil.

    Et les enfants feront des rondes

    Pour tenter les gamins du ciel.                       

     

                                                                  René-Guy Cadou


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    Les Beaux Métiers Video:
    Paroles de Les Beaux Métiers
     
    Le charpentier dit volontiers
    Rien de niveau sur la planète
    Mais ça reste un métier honnête
    Tu pourrais faire un charpentier

    Mais ne fais pas un militaire
    Car ce n'est pas un beau métier
    D'aller tuer des charpentiers
    De l'autre côté de la terre

    Il vaut mieux perdre la guerre
    Que d'aller au pas du pauvre soldat

    Le jardinier dit volontiers
    Il a fait beau d'un jour de pluie
    Ça c'est un métier pour la vie
    Tu pourrais faire un jardinier

    Mais ne fais pas un militaire
    Car ce n'est pas un beau métier
    D'aller tuer des jardiniers
    De l'autre côté de la terre

    Il vaut mieux perdre la guerre
    Que d'aller au pas du pauvre soldat

    Le savant dit si vous saviez
    Si vous saviez mon ignorance
    Le métier de la connaissance
    Est mal connu et journalier

    Mais ne fais pas un militaire
    Car ce n'est pas un beau métier
    D'aller tuer des journaliers
    De l'autre côté de la terre

    Il vaut mieux perdre la guerre
    Que d'aller au pas du pauvre soldat

    Le prisonnier dit volontiers
    Faire du temps parlant de l'ombre
    Mais en voulant sortir du nombre
    Tu pourrais faire un prisonnier

    Mais ne fais pas un militaire
    Car ce n'est pas un beau métier
    D'aller tuer des prisonniers
    De l'autre côté de la terre

    Il vaut mieux perdre la guerre
    Que d'aller au pas du pauvre soldat

    Le chansonnier dit volontiers
    J'aurais aimé être poète
    Or pour si peu qu'il le souhaite
    Chacun peut faire un chansonnier

    Mais ne fais pas un militaire
    Car ce n'est pas un beau métier
    D'aller tuer des romanciers
    De l'autre côté de la terre

    Il vaut mieux perdre la guerre
    Que d'aller au pas du pauvre soldat

    Le brigadier dit volontiers
    Il faut être prêt pour la guerre
    Il faut des armes pour la faire
    Reprend en choeur le financier

    Mais ne fais pas un militaire
    Car ce n'est pas un beau métier
    D'aller casser des sabliers
    De l'autre côté de la terre

    Il vaut mieux perdre la guerre
    Que d'aller au pas du pauvre soldat

    Du dernier robot à deux pieds
    Jusqu'aux distinctions les plus hautes
    Du brancardier au cosmonaute
    La mort se prend pour un métier

    Car le destin d'un militaire
    C'est de devenir son fusil
    De devenir son propre outil
    C'est le plus triste sur la terre
    Le destin des militaires
    Qui s'en vont au pas
    Tuer des soldats

     


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    "Eclaboussez le gris du monde

    Redressez-vous êtres vivants

    Lavez vos yeux de toutes larmes

    La vie est là à chaque instant"

                                Philippe Forcioli

     

     

                                       


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    v

    Dans un coin de ma ville

    Elodie Santos

    Dans un coin de ma ville
    sont posés 4 géants
    un peu comme un milieu, une île,
    une fontaine aux éléphants

    Dans un coin de ma ville
    on entend carillonner
    souvent, alors on cherche asile
    pour apprécier le temps

    Dans un coin de ma ville
    est une grande place allongée
    ou les gens marchent, badinent
    Hiver, été, le coeur léger

    Dans un coin de ma ville
    coin qui n’existe pas encore
    j’aime à l’imaginer fragile
    et doux comme un trésor

    Elodie Santos, 2015


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