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    Oh j'aimerais la trouver la chanson

    qui t'accompagne la nuit le jour

    qui dans la nuit te soit la lampe

    la bonne étoile la voie d'amour

    Oh j'aimerais le trouver ce refrain

    brin de campagne pour citadins

    et qu'il se pose sur ton épaule

    l'oiseau qui niche en mon jardin.

     

    oh ce couplet que j'adresse

    à l'inconnu et son mystère

    ah quelle affaire d'être reçu

    le petit prince est dérisoire

    rose à la bouche et sang dessus

    pour un écho de joies secrètes

     

    oh l'ai trouvée la clé de la parole

    ouvrant les coeurs et les maisons

    la clé de sol la clé des songes

    où les mensonges font des chansons

    oh l'ai trouvée l'ai perdue c'est la règle

    à cloche rime à croche pied

    ce long poème où je musarde

    c'est précipice et doux sentier

     

    oh ce couplet que je tresse

    c'est un dessin d'enfant chagrin

    qui se rachète en coloriant

    maison naïve arbre devant

    et chemin vert qui s'insinue

    entre collines jusqu'à la nue

     

    oh j'aimerais la trouver la chanson

    comme un enfant qui lance vers le  ciel

    un ballon


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        J'ai découvert ce poème de Marie Noël lors d'un concert . 

    Philippe Forcioli  le chantait merveilleusement bien...Et cela m'avait fortement émue

     

     

    " La douleur a fondu sur ma chair. La douleur
    A passé renversant mon cerveau d’un coup d’aile.
    Et je me suis battu seul à seule avec elle
    Toute la nuit, sans voir, comme avec un voleur

    Et me voilà gisant mais je ne suis pas mort

    Prends garde à toi, douleur, à peine est-ce une trêve

    Prends garde à toi, douleur, déjà je me relève

    Prends garde à toi, demain, je serai le plus fort.

    La douleur m’a jeté garrotté dans sa forge
    Elle m’a retourné les deux yeux à l’envers
    Pour m’empêcher d’y voir  elle a tordu mes nerfs
    Pour m’étrangler comme des cordes à ma gorge .

     

    Prends garde à toi ! Je t'empoignerai par les ailes,

    Je te les casserai comme un bout de bois sec

    Et les petits enfants s'amuseront avec

    Je te les briserai ces  deux poignets rebelles

    Et partout où j'irai tu iras me suivant

    Aussi loin qu'à mon gré je voudrai t'y contraindre

    et les maisons la nuit t'écouteront te plaindre

    Comme un aigle blessé qui lutte avec le vent.



    Je brûlerai tes yeux pour éclairer mon livre
    Je marcherai sur toi comme sur un chemin
    Ton sang j’en ferai boire à tout le genre humain.
    Je le lui servirai jusqu’à ce qu’il soit ivre.

    Pour m’élever au ciel j’ouvrirai pas à pas
    Dans ta chair les degrés d’une échelle vivante,
    Je te commanderai, tu seras ma servante
    Et quand je te crierai : « Chante ! » tu chanteras."                Marie Noël


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  •                        Ce poème m'accompagne depuis longtemps

     

    " Il faut être toujours ivre. tout est là.  C'est l'unique question.

    Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre,

    il faut vous enivrer sans trêve.

    Mais de quoi ?  De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise.  Mais enivrez-vous.

    Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé,  dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue,

    demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge,

    à tout ce qui fuit,

    à tout ce qui gémit,

    à tout ce qui roule, 

    à tout ce qui chante, 

    à tout ce qui parle,

    demandez quelle heure il est;

    et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge vous répondront:

    "Il est l'heure de s'enivrer. Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous;

    enivrez-vous sans cesse !

    De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise ! "


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    " La clarté de ces bois en mars est irréelle,

    Tout est encore si frais qu'à peine insiste-t-elle.

    Les oiseaux ne sont pas nombreux; tout juste si,

    très loin, où l'aubépine éclaire les taillis,

    le coucou chante. On voit scintiller des fumées

    qui emporte ce qu'on brûla d'une journée,

    la feuille morte sert les vivantes couronnes,

    et suivant la leçon des plus mauvais chemins,

    sous les ronces, on rejoint le nid de l'anémone,

    claire et commune comme l'étoile du matin."      Philippe Jaccottet


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    Soleils couchants

     

    Une aube affaiblie
    Verse par les champs
    La mélancolie
    Des soleils couchants.

    La mélancolie
    Berce de doux chants
    Mon coeur qui s'oublie
    Aux soleils couchants.

    Et d'étranges rêves,
    Comme des soleils
    Couchants, sur les grèves,
    Fantômes vermeils,

    Défilent sans trêves,
    Défilent, pareils
    A de grands soleils
    Couchants sur les grèves.

    Paul Verlaine (1844-1896) ( Poèmes saturniens

     

     

    L'harmonie, la douceur, la beauté qui se dégagent  de ces quelques motsm'a toujours ravie...

    Je le dis à voix haute, je le redis, je le chante et, un instant  du moins, le monde devient pure merveille


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