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    Les Beaux Métiers Video:
    Paroles de Les Beaux Métiers
     
    Le charpentier dit volontiers
    Rien de niveau sur la planète
    Mais ça reste un métier honnête
    Tu pourrais faire un charpentier

    Mais ne fais pas un militaire
    Car ce n'est pas un beau métier
    D'aller tuer des charpentiers
    De l'autre côté de la terre

    Il vaut mieux perdre la guerre
    Que d'aller au pas du pauvre soldat

    Le jardinier dit volontiers
    Il a fait beau d'un jour de pluie
    Ça c'est un métier pour la vie
    Tu pourrais faire un jardinier

    Mais ne fais pas un militaire
    Car ce n'est pas un beau métier
    D'aller tuer des jardiniers
    De l'autre côté de la terre

    Il vaut mieux perdre la guerre
    Que d'aller au pas du pauvre soldat

    Le savant dit si vous saviez
    Si vous saviez mon ignorance
    Le métier de la connaissance
    Est mal connu et journalier

    Mais ne fais pas un militaire
    Car ce n'est pas un beau métier
    D'aller tuer des journaliers
    De l'autre côté de la terre

    Il vaut mieux perdre la guerre
    Que d'aller au pas du pauvre soldat

    Le prisonnier dit volontiers
    Faire du temps parlant de l'ombre
    Mais en voulant sortir du nombre
    Tu pourrais faire un prisonnier

    Mais ne fais pas un militaire
    Car ce n'est pas un beau métier
    D'aller tuer des prisonniers
    De l'autre côté de la terre

    Il vaut mieux perdre la guerre
    Que d'aller au pas du pauvre soldat

    Le chansonnier dit volontiers
    J'aurais aimé être poète
    Or pour si peu qu'il le souhaite
    Chacun peut faire un chansonnier

    Mais ne fais pas un militaire
    Car ce n'est pas un beau métier
    D'aller tuer des romanciers
    De l'autre côté de la terre

    Il vaut mieux perdre la guerre
    Que d'aller au pas du pauvre soldat

    Le brigadier dit volontiers
    Il faut être prêt pour la guerre
    Il faut des armes pour la faire
    Reprend en choeur le financier

    Mais ne fais pas un militaire
    Car ce n'est pas un beau métier
    D'aller casser des sabliers
    De l'autre côté de la terre

    Il vaut mieux perdre la guerre
    Que d'aller au pas du pauvre soldat

    Du dernier robot à deux pieds
    Jusqu'aux distinctions les plus hautes
    Du brancardier au cosmonaute
    La mort se prend pour un métier

    Car le destin d'un militaire
    C'est de devenir son fusil
    De devenir son propre outil
    C'est le plus triste sur la terre
    Le destin des militaires
    Qui s'en vont au pas
    Tuer des soldats

     


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    "Eclaboussez le gris du monde

    Redressez-vous êtres vivants

    Lavez vos yeux de toutes larmes

    La vie est là à chaque instant"

                                Philippe Forcioli

     

     

                                       


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    Dans un coin de ma ville

    Elodie Santos

    Dans un coin de ma ville
    sont posés 4 géants
    un peu comme un milieu, une île,
    une fontaine aux éléphants

    Dans un coin de ma ville
    on entend carillonner
    souvent, alors on cherche asile
    pour apprécier le temps

    Dans un coin de ma ville
    est une grande place allongée
    ou les gens marchent, badinent
    Hiver, été, le coeur léger

    Dans un coin de ma ville
    coin qui n’existe pas encore
    j’aime à l’imaginer fragile
    et doux comme un trésor

    Elodie Santos, 2015


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    LA POÉSIE SEULE…


        « Je crois que l’homme au plein de sa vigueur et de sa force, et qui le sent assez pour ne pas douter de son regard, de son ouïe, est, à la lettre, un aveugle et un sourd.

    Je crois que seuls certains états extrêmes de l’âme et du corps : fatigue (au bord de l’anéantissement), maladie, invasion du cœur par une subite souffrance maintenue à son paroxysme, peuvent rendre à l’homme sa vraie puissance d’ouïe et de regard.

    Nulle allusion, ici, à la parole de Plotin : « Ferme les yeux, afin que s’ouvre l’œil intérieur. » Il s’agit de l’instant suprême où la communion avec le monde nous est donnée, où l’univers cesse d’être un spectacle parfaitement lisible, entièrement inane, pour devenir une immense gerbe de messages, un concert sans cesse recommencé de cris, de chants, de gestes où tout être, toute chose est à la fois signe et porteur de signe.

    L’instant suprême aussi où l’homme sent crouler sa risible royauté intérieure et tremble et cède aux appels d’un ailleurs indubitable.


        De ces messages, la poésie seule (est-il besoin de le dire ?) est digne de suggérer quelque écho.

    Souvent elle y renonce en pleurant, car ils sont presque tous balbutiés à la limite de l’ineffable.

    Elle s’éveille de sa connaissance, les lèvres lourdes encore de paroles absentes ou folles qu’elle n’ose redire – et qui contiennent la vérité.

    Ou si elle ose les redire, c’est qu’elle semble avoir oublié leur origine, leur importance. Elle divulgue en deux vers un secret bouleversant, puis se taît. »


    Gustave Roud, « Bouvreuil », in Air de la solitude [1945], in Gustave Roud par Philippe Jaccottet, Seghers, Collection Poètes d’aujourd’hui, 1968, rééd. 2002, pp.

     

     

    Je vous reparlerai de Gustave Roud.


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     " La grenouille aux souliers percés
    A demandé la charité.
    Les arbres lui ont donné
    Des feuilles mortes et tombées.

    Les champignons lui ont donné
    Le duvet de leur grand chapeau.

    L'écureuil lui a donné
    Quatre poils de son manteau

    L'herbe lui a donné
    Trois petites graines.

    Le ciel lui a donné
    Sa plus douce haleine.

    Mais la grenouille demande toujours, demande encore

    la charité
    Car ses souliers sont toujours, sont encore percés".

    Robert Desnos


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