• Mardi poésie : Henri Michaux

     

    Emportez-moi dans une caravelle

    Dans une vieille et douce caravelle,

    Dans l'étrave, ou si l'on veut, dans l'écume,

    Et perdez-moi, au loin, au loin.

     

    Dans l'attelage d'un autre âge,

    Dans le velours trompeur de la neige,

    Dans l'haleine de quelques chiens réunis,

    Dans la troupe exténuée des feuilles mortes.

     

    Emportez-moi, sans me briser, dans les baisers,

    Dans les poitrines qui se soulèvent et respirent,

    Sur le tapis des paumes et  leur sourire,

    Dans le corridor des os longs et leurs articulations.

     

    Emportez-moi ou plutôt enfouissez-moi.

                                 Henri Michaux

     

    Depuis que j'ai découvert ce poème, depuis vingt ou trente ans,

    je ne cesse d'être charmée par sa musicalité  et par son mystère...

    Comment se perdre  peut-il être ressenti comme une sensation délicieuse?

     

    Comment ce qui nous affolle, nous inquiète,

    Comment cela peut-il  être aussi source de joie?

    Il me semble assez proche du poème de Emily Dickinson?

     


  • Commentaires

    1
    eMmA MessanA
    Mardi 12 Janvier à 20:34
    "Le poète a toujours raison
    Qui voit plus loin que l'horizon "...
    Louis Aragon
    2
    Mardi 12 Janvier à 20:37

    C'est un poème très musical qu'on a envie de suivre sur une caravelle...

    3
    Mardi 12 Janvier à 20:37

    j'aime la musique qui résonne en ses mots, troublée cependant par son désir mais touchée par la nature de sa prière 

    amitié 

    4
    Mardi 12 Janvier à 21:00

    Tu as choisi un très beau poème en souvenir de notre Lady.

    Bises et bonne soirée

    5
    Mercredi 13 Janvier à 08:28

    Le poème d'Emily respire la religiosité celui là est plus joyeux plus fougueux même si la fin est très explicite

    6
    Mercredi 13 Janvier à 09:58
    daniel

    En lisant ce poème, e pense au lâcher prise si souvent bénéfique !! Il est très beau !!

    7
    Mercredi 13 Janvier à 11:11

    Tu as trouvé là un bien beau poème ; oui, le cœur des poètes seul (mais nous sommes tous poètes, ayant tous un cœur !) peut ressentir cet infini mouvant qui nous porte et qui est notre seule réalité... Tout ce que nous croyons concevoir comme formes ou agissements est défini par le mental qui colle ses propres interprétations à ce qui, de nature, se joue et se meut par soi seul.

    8
    Mercredi 13 Janvier à 20:40
    Andrée Galera

    Comme Daniel, je pense au lâcher prise qui nous donne non seulement la paix mais un moment de joie.

    Douce soirée Gazou

    9
    Jeudi 14 Janvier à 21:32

    Comme je comprends que tu puisses aimer ce poème. Je crois qu'on a tous besoin d'évasion, d'oublier un temps ce qui nous enchaîne. Très beau partage, merci.

    Bonne soirée.

    Fabrice

    10
    Dimanche 17 Janvier à 14:32
    Renée

    merci de m'avoir fais découvrir ce texte on comprend tout a fait que tu l'aime il est magnifique. Bisous doux dimanche

    11
    Dimanche 17 Janvier à 19:27

    tu me donnes envie de lire ce poète connu de nom, mais c'est tout.

    Un très beau poème - bises

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