
Partageant sa vie entre Lyon et les Cévennes, Jacques TRUPHEMUS crée un ensemble d'œuvres intemporelles et s'inscrit dans une filiation qui va de Bonnard à Balthus.
L'aventure de Truphémus commence avec ses visites du Musée des Beaux-Arts de Grenoble, où il découvre Picasso, Matisse, Bonnard, Soutine. Il suit ensuite les cours de peinture de l'Ecole des Beaux-Arts de Lyon de 1942 à 1945.
Pendant plusieurs années, Jacques TRUPHEMUS peint essentiellement des paysages marins. Il saisit la lumière en pratiquant des pâtes grasses colorées.
Après 1970, il évolue vers une écriture plus dépouillée, influencée par sa découverte du Japon. Aujourd'hui, le peintre utilise des pâtes grattées et des jus fluides afin d'exprimer des sensations, comme dans sa série des « ateliers », qui permet de moduler les nuances de lumière qui glisse sur les objets. Il laisse ainsi les réserves de blanc occuper la moitié de la toile et admet que l'essentiel réside dans la suggestion.
Jacques Truphémus est un peintre discret et secret. Un homme et un artiste libre, qui ne se réclame d’aucune école. Qualifié par l’écrivain Charles Juliet de « peinture de l’intime », il reçoit les influences de Bonnard, Vuillard ou Monet pour une œuvre qui s’écarte des artifices et des apparences pour ne mettre « en lumière » que l’essentiel.
En évoquant le bonheur calme et simple de la vie de tous les jours, ses toiles plongent le spectateur dans une atmosphère « de quiétude » hors du temps et de la réalité.

Les sujets de sa peinture restent la nature et les humains, les gens de passage et les scènes de bistrot dans l’ordre et le désordre du temps. L’hiver, ce sont les brumes, les ocres, les serveuses, les passantes, la lumière et les effacements de sa ville, Lyon. L’été, c’est l’éclatement des Cévennes, au Vigan. Ses dernières peintures le révèlent. C’est extraordinaire de vie, de jeunesse, de liberté. Les couleurs oublient l’effacement pour l’effusion.
Matisse, Bonnard l’avaient précédé dans ce processus d’émancipation de tous les carcans du fait de peindre. Tout n’est que couleur, jouissance, soleil et gestualité. Une concentration de “Beau” qui, là, est moins que jamais “bizarre”. Juste sous nos yeux.
De plus en plus, dans ses derniers tableaux, seul l'essentiel demeure : la lumière.
"Quand on est jeune, dit Truphémus, on a la tête farcie de conventions, d'obligations, de choses qui brident, il faut du temps pour être soi-même."