Par gazou .
" Je me baladais seul tel un nuage
Flottant très haut par-delà vaux et monts,
Quand tout à coup je vis une foule,
Toute une profusion de jonquilles d'or;
A côté du lac, en dessous des arbres.
Elles voletaient et dansaient dans la brise.
Drues comme les étoiles qui brillent
Et scintillent sur la Voie lactée,
Elles s'étendaient sur une ligne sans fin
Tout le long de la rive d'une baie:
J'en ai vu dix mille d'un seul coup d'oeil,
secouant leur tête dans une danse allègre.
Les vagues derrière elles dansaient; mais elles
Dépassaient d'exultation les vagues étincelantes;
Un poète ne pouvait être que gai,
En si jubilatoire compagnie:
Je contemplais encore et encore, mais pensai peu
A tout le trésor que cette vue m'apporta :
Car souvent , lorsque je suis sur mon divan
L'esprit vacant ou pensif ;
Elles illuminent d'un éclair cet oeil intérieur
Qui est le parfait bonheur de la solitude ;
Et mon coeur s'emplit alors de plaisir,
Et se met à danser avec les jonquilles."
William Wordsworth (Poèmes - 1815 )
J'ai découvert ce poème hier
ce qui m'a d'abord le plus frappée, c'est qu'il sort de sa solitude en voyant le champ de jonquilles...une foule, dit-il et il s'en émerveille...Mais l'on peut se repaître de beauté sans même être en contact direct...Cette nuit, ayant de la peine à dormir, j'ai repensé à ce poème et j'ai dansé avec les jonquilles : une danse suave et lente ...Et finalement j'ai retrouvé le sommeil...Et je me suis réveillée avec ce champ de jonquilles dans la tête.
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