Par gazou .
Beaucoup de peine à me lever ce matin, à retrouver le goût du commencement....
Je me sens vide, ni morte, ni vivante...
Après m'être activée, sans vigueur, à différentes activités, je prends un livre au hasard...
Et je rencontre Philippe Jaccottet
"...Il y a ce fait mystérieux que tout commencement, d'abord, ne peut même pas être appelé commencement (qui suppose suite et fin) mais semble échapper au temps.
En tout commencement il y a une merveilleuse puissance qui se moque de ce qui viendra ensuite, ou qui ne peut le concevoir...une puissance enivrante qui nous entourent de paroles joyeuses comme une troupe d'anges, paroles disant et redisant autour de nous, d'un mouvement si continu qu'il n'y a plus de faille possible entre elles par où se glisserait l'incertitude ou la terreur:
voici ce qui est donné par l'amour, le lieu de la lumière, la certitude de l'insaisissable qui nous sauve!
C'est dans un tel commencement que tout est proche, que tout est présent, qu'il n'y a plus besoin d'aucune flèche, d'aucune parole, parce que la cible n'existe pas encore, ni la distance au bout de laquelle on pourrait la dresser..."
Allons, me dis-je, allons de commencement en commencement, sans m'inquièter d'atteindre un jour la plénitude...
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