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Azheimer

    

 

 

"Mon père a séjourné un an dans une de ces maisons digne de figurer au patrimoine de l'inhumanité

.Jamais son visage ne s'est éteint. Je ne crois pas ce qu'on me dit :

"Ils ne nous reconnnaissent plus.". Reconnaître , c'est aimer et aimer c'est sauvage, indicible.

quand mon père ne savait plus rien de moi, il savait encore qui j'étais, je le sentais, je l'éprouvais et ce qu'on 

éprouve est plus grand que tout ce que nous dit la science.Ne trouvant plus les prénoms, il rusait.

Interrogé sur moi, il répondait : "c'est celui qu'on n'oublie pas.",

et sur ma mère : "c'est la meilleure". Ces oublieux n'oublient rien d'essentiel.

C'est ce qui les distingue de nous."

                              Christian Bobin  (L'homme-joie page 135)

Ce sont parfois les plus démunis qui nous apprennent l'essentiel.

Je me souviens, il y a quelques années, je visitais régulièrement une vieille dame en maison de retraite. Elle aussi ne me reconnaissait pas et ne savais plus du tout où elle se trouvait mais lorsque j'arrivais auprès d'elle,  son premier geste était de prendre   mes mains dans les siennes et elle me disait :"je vous réchauffe  vos mains,elles sont glacées et vous après, vous pourrez réchauffer celles des autres."

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Q
Je ne sais pas... j'ai lu les mots de Bobin, les tiens, ceux d'autres ici.La souffrance est palpable dans certains commentaires.La seule chose que je peux dire c'est que je souhaite ne pas vivre assez pour infliger aux miens de telles souffrances.
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D
merci de nos parler d'eux par la voix de Christian Bobin et la tienne aussi - bises
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L
Christian Bobin écrit des choses merveilleuses... Mais pour l'avoir vécu en direct moi aussi, comme Azalais, sauf que j'étais chez mes parents... je peux témoigner que mon père ne reconnaissait plus ses petits enfants, voir même mon mari ?! Mais comme il a toujours été un grand "taiseux", comment savoir s'il nous  reconnaissait vraiment ma mère et moi, qui étions toujours près de lui ? Il ne fallait surtout pas le changer de son contexte habituel, sinon il paniquait et se sauvait !<br /> Très dur à vivre, Azalais, comme je te comprends ! Ses colères, aggravées par la confusion qui le désorientait totalement, étaient imprévisibles et terriblement violentes... et particulièrement injustes !<br /> J'ai eu la drôle d'idée de lui en vouloir.... Et pourtant, je le comprends aujourd'hui, que j'avance dans l'âge, l'âge qui fait perdre le nom des personnes que l'on apprécie, oublier le visage d'une personne hors de son contexte (ex : l'artisane que l'on côtoie tous les dimanches matin sur son stand sur le marché... qui vient à la maison et que je ne remets pas ! rouge au visage !!!)..<br /> Je comprends sa douleur de ne plus s'y retrouver, et sa douleur devant l'attitude souvent méprisante ou empreinte de pitié de l'interlocuteur fier d'en n'être pas encore à ce stade ... et qui le dominait de toute sa hauteur... ce qui doit aggraver la confusion, le refus de ce handicap, et la peur et la colère qui en découlent !<br /> Je sentais sa peur plus grande chaque jour, une angoisse de mort !<br /> J'ai voulu visiter des "résidents" pendant quelques années dans une "maison de retraite" où s'entassaient des Alzheimer et Parkinsoniens ! J'ai du arrêter, car je ne supportais plus malgré tout l'amour que j'avais pour eux !<br /> Bisous à toi Gazou et une gerbe de bisous à Azalais<br />  <br />  
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P
Une très jolie phrase qui me fait penser à une autre de Marc Lévy. <br /> "En passant, tu m'as souri. Un peu plus tard, ce détective qui vient souvent déjeuner par ici est passé en voiture, il m'a regardé avec son éternel air bougon. Nos regards se sont croisés, je lui ai confié ton sourire, et quand il est reparti, je l'ai vu, il le portait sur ses lèvres. Alors, avec un peu d'espoir, il l'aura transmis à celui ou celle qu'il allait voir. Si tout le monde faisait ça, rien qu'une seule fois par jour, donner juste un sourire, imagines-tu l'incroyable contagion de bonheur qui filerait sur la terre"<br /> Alors je te laisse mon plus beau sourire à défaut de pouvoir te réchauffer les mains. 
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F
Quels magnifiques mots que ceux que cette dame t'a adressés, Gazou ! :-)
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