Eklablog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Armelle

Elle avait toujours vécu seule et pourtant elle était très sociable.
Elle n'avait jamais eu un emploi rémunéré et pourtant elle était très active et efficace.
Elle ne se supportait pas  seule dans son appartement mais vivre avec un compagnon lui semblait tout aussi impossible.
Elle poursuivait toujours d'hypothétiques études qui devaient la conduire à une plus grande autonomie financière.
L'argent n'était pas le but de son existence, très peu lui suffisait.
Elle aimait se mettre au service des autres et logeait souvent  chez les uns ou les autres...Elle n'était pas génante, elle était même de commerce agréable..Elle faisait le ménage avec plaisir et quand elle quittait la maison , celle-ci brillait comme un sou neuf..Elle mangeait très peu, elle arrivait toujours avec sa boîte de tisanes, c'était peut-être sa plus grosse dépense, et cela semblait suffire à ses besoins.
Quelquefois, elle disait : je pars garder ma mère...Mais la mère , téléphonant à une amie, disait : tu te rends compte, elle est encore là.
Elle s'était occupée de ses neveux et nièces pendant plusieurs années, sa soeur étant seule pour les élever, puis les enfants avaient grandi et elle n'avait plus été utile.
Elle vivait comme une nonne mais elle n'appartenait à aucune religion
Et sa chère liberté, si durement acquise,  devenait  peut-être un peu lourde à porter.
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
P
Plus je te lis et plus je découvre ton humanité...Ton attention aux autres, ta façon d'en parler...Je vais sans doute dire quelque chose de bizarre mais c'est comme si on avait partagé des choses ensemble, dans notre jeunesse alors que je ne te connais pas et que nous ne vivons pas dans le même pays. Ce sont tes derniers textes, sur tes souvenirs mêlés à ce poème de Marie Noël qui font vibrer quelque chose de connu en moi...Merci.
Répondre
P
Elle me rappelle tante Jeanne. Cette vieille dame a vécu pour les autres, et ne s'est jamais posé la question de la liberté. C'est vrai qu'en fin de vie, elle était bien seule, les neveux élevés étaient devenus négligents, mais elle n'a jamais eu un mot de plainte et son plus grand compagnon a été Victor Hugo. La liberté est un leurre, on la veut, on la cherche, mais on est tellement déterminé par tout qu'elle n'a d'espace que dans notre volonté à apprendre toujours plus, à aller fouiller jusqu'au bout dans les livres les sens qu'on pourrait donner à sa vie et à nos limites.
Répondre
C
peut-être  ne s'aimait-elle pas assez ? Amicalement chrystelyne
Répondre
C
Elle ne pourrait plus vivre autrement, peut-être. bonne soirée clem
Répondre
L
La solitude est un passage vers la liberté mais il ne faut pas qu’elle devienne un état. Et, même, en présence d’autres personnes, la solitude existe. C’est à cela que me fait penser ton texte. Amitiés. Loic
Répondre