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Anesthésiée

J'avais décidé, très jeune, de ne rien ressentir.

Non, c'est faux, je n'avais rien décidé du tout.

J'étais anesthésiée, ma vie se déroulait  en dehors de moi, à côté de moi...

Qu'aurais je pu décider?

Ne rien ressentir pour ne pas souffrir

Ainsi, je n'étais pas concernée par les décisions que l'on m'imposait.

Quand ma mère m'a dit ( j'avais alors huit ou neuf ans) que je n'irai plus jouer dans l'impasse avec les autres enfants du quartier, il n'y avait presque que des garçons , je n'ai même pas eu l'idée de protester  et j'ai laissé mes frères descendre et s'amuser avec les autres et je me suis réfugiée dans un monde imaginaire...

Je n'étais pas malheureuse, j'avais au-dedans de moi toute une famille heureuse: ils chantaient , dansaient, riaient, ils s'écoutaient...Je les regardais,  et cela suffisait pour que je partage leur bonheur...J'avais un cahier où j'avais noté leur prénom, leur âge...Ce qu'ils vivaient me concernait plus que ce que l'on m'obligeait à vivre

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Q
Je crois que nous ne pouvions pas faire autrement.<br /> Mais ça nous a permis de développer nos imaginaires. :)<br /> Passe une douce journée.
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A
A une époque de ma vie, j'ai également eu cette tentation : me protéger, ne pas avoir de désir pour ne pas souffrir, ne rien attendre. Et puis le temps m'a appris que j'étais en train de m'isoler, de ne rien partager. Mon univers fabriqué sonnait faux. Je décidai de "mettre les mains dans le cambouis", de m'exposer. Je me suis alors senti mieux.<br /> Amitiés<br /> Alain
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D
souvenirs d'enfance ... en ces temps là .... mais aujourd'hui aussi des diktats différents ...  pour les enfants.<br /> Cela écrit en gras ... et rien à faire pour revenir en arrière.<br /> Dans mon enfance (après 9 ans) nous habitions dans une hlm et maman ne voulait pas que nous jouions dehors ; elle n'avait pas confiance  et finalement nous aussi avions créé notre univers à la maison. Bises
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P
Petite fille j'avais des parents très protecteur ( sans doute parce qu'il avait perdu une petite fille avant moi ...).<br /> Je me souviens que je ne pouvais plus aller jouer chez une copine parce que son papa avait eu la tuberculose <br /> Cela m'a donné le goût de la lecture et de la rêverie et aussi l'amour des chiens !!!
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L
Cela t'a donné des qualités de finesse et d'intériorité, une grande richesse qui non seulement a été préservée mais qui a pu se développer.
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