• Hier, j'ai reçu ce mail Et je suis horrifiée..C'est dans notre pays que cela se passe..Ne rien dire ne serait-ce pas être complice ?

    Jennifer, amoureuse hors la loi ?

    Immigration . Cette jeune femme a vu son mariage annulé et son fiancé sans papiers expulsé. Elle comparaît ce matin pour aide au séjour irrégulier.

    Avec son teint de porcelaine, ses grands yeux pas tout à fait sortis de l’enfance et son sourire franc, Jennifer Chary n’a pas vraiment un look de criminelle. Pourtant, cette jeune femme de vingt-deux ans est convoquée, ce matin, au tribunal de grande instance de Dijon pour " aide à l’entrée et au séjour irréguliers ". Sous le coup du désormais fameux article L.622-1 du Code des étrangers, elle risque cinq ans de prison et 30 000 euros d’amende. Son crime ? Avoir hébergé son fiancé, sans papiers.

    Elle sait qu’elle est devenue une " icône ", une preuve vivante des mensonges et des inhumanités du ministre de l’Immigration, Éric Besson. Depuis la sortie du film Welcome, il y a deux mois, ce dernier ne cesse de répéter que le délit de solidarité est un " mythe " et que " jamais personne n’a été poursuivi ou condamné pour avoir hébergé, pris en stop, donné à manger à un clandestin en situation de détresse ". Or, le ministre ment. Effrontément. Le Groupe d’information et de soutien des immigrés (GISTI) a publié (1) une trentaine de noms de personnes poursuivies et condamnées. Contredit, le ministre a répliqué avec une rare violence, qualifiant la crédibilité du GISTI de " proche de zéro ". Fera-t-il de même avec Jennifer Chary ?

    La jeune femme rencontre M’Hamed Naimi à l’été 2008. Divorcée depuis peu, élevant seule une petite fille, elle est alors serveuse dans un bar de nuit. À vingt-trois ans, lui est en France depuis deux ans et travaille au noir dans le bâtiment et la restauration. Les deux jeunes gens tombent amoureux, il lui avoue qu’il est en situation irrégulière. Aucune importance, lui répond-elle, avec l’assurance des amours débutantes. Leur vie suit son cours. La petite fille de Jennifer appelle M’Hamed " Papa ". Mi-février, les deux amoureux déposent un dossier de mariage à la mairie de Dijon. " On ne voulait pas se marier pour régulariser sa situation, précise Jennifer. Mais pour fonder une famille. Si on avait su comment ça allait tourner, on ne l’aurait jamais fait. "

    Car dès lors, tout s’accélère. " Un fonctionnaire zélé de la mairie a cru bon de transmettre notre dossier à la préfecture ", accuse Jennifer. Le vendredi 13 mars, ils sont convoqués à l’hôtel de police. Un avocat leur déconseille fortement de s’y rendre ensemble. Elle s’y présente donc seule et subit quatre heures d’interrogatoire où elle doit détailler le type de sous-vêtements de son fiancé et leurs rapports sexuels. Un policier lui lâche : " Vous risquez gros ", et lui remet sa convocation au tribunal. Le dimanche soir, M’Hamed passe la nuit chez son témoin de mariage. Il est réveillé par huit policiers, venus l’interpeller (Jennifer se demande encore comment ils ont pu savoir où il se trouvait). Le jeune homme est rapidement transféré au centre de rétention de Lyon. Il y rencontre la CIMADE qui le met en contact avec les Amoureux au ban public, association qui vient en aide aux couples mixtes, soutien précieux pour Jennifer. Car pendant ce temps, la fiancée remue ciel et terre pour tenter d’empêcher le pire. " C’est à nous de prouver que ce n’est pas un mariage blanc, mais comment ? s’interroge-t-elle encore. Ils ne peuvent pas nous ouvrir le coeur pour vérifier qu’on est amoureux… " Le 3 avril, huit jours avant son mariage, M’Hamed Naimi est expulsé vers le Maroc.

    On dit qu’un malheur ne vient jamais seul. Jennifer Chary en est l’exemple même tant sa vie semble sortie d’un roman d’Émile Zola. Enfant d’une Espagnole et d’un Marocain, Jennifer a quatre mois quand sa mère la laisse devant la porte de son père. Ce dernier la garde un an, avant de l’abandonner comme pupille de la nation. Elle grandit entre foyers et familles d’accueil. À seize ans, son père refait surface : il lui a trouvé un mari, de dix ans son aîné. Pendant quatre ans, cet homme va lui faire vivre l’enfer : tabassages en règle, tentatives de meurtre, etc. Bilan : un an d’hospitalisation et quatre fausses couches. De ces expériences, Jennifer garde une force de caractère peu commune pour une jeune fille de son âge. Elle dit : " M’Hamed, c’est moi qui l’ai choisi, personne d’autre. Je veux faire ma vie avec lui. Je l’aime. "

    Quitte à en payer le prix : depuis l’expulsion de son compagnon, Jennifer cherche désespérément du travail. Après sa médiatisation, on lui a répondu qu’on n’embauchait pas les compagnes de sans-papiers…

    (1) www.gisti.org.

    Marie Barbier


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  • Elle est seule à la terrasse d 'un café.
    Vous pensez : tiens, elle attend quelqu'un?
    Eh bien ! détrompez-vous, elle n'attend personne.
    "Seule, je suis, et seulette veux être"
    sans seigneur ni maître,
    libre de mon temps, de mes actes, de mes pensées;

    Elle est seule à sa table
    et contemple d'un regard serein
    les passants.
    Rien ni personne ne peut lui ôter
    cette quiètude qui l'enveloppe
    quand elle songe au cours fougueux et tranquille
    qu'elle a su imprimer à sa vie;
    Ce qu'elle fait et ce qu'elle pense
    vient de son propre cru.
    Elle ne subit aucune pression, aucune influence.

    Pourtant, elle eut une mère dévouée
    toujours prête à se sacrifier
    pour les uns et pour les autres.

    Justement,c'est pour s'opposer à un modèle aussi pesant
    qu'elle a choisi de privilégier sa liberté et son indépendance.

    Certes, si elle avait vu sa mère
    souriante et pleine de compassion,
    si elle l'avait sentie épanouie
    dans cette vie de sacrifice !

    Mais il n'en était rien.
    Il lui semblait que le meilleur du coeur de sa mère
    avait été étouffé par ses dons incessants et obligatoires,
    que le meilleur d'elle était resté enfoui
    et qu'elle était morte avant même d'être née.

    Et cela lui était une souffrance insupportable.
    Elle était seule à, pouvoir redonner vie à sa mère
    en affirmant ce qu'elle était,elle , sa fille.
    Voilà à quoi songeait cette jeune femme
    assise seule à la terrasse d'un café.

    Parfois, quand même, quand elle voyait deux êtres
    fort épris l'un de l'autre
    ou une maman  avec ses enfants
    ou toute autre personne veillant sur une autre,
    elle se disait  qu'il pouvait y avoir de la joie à se dévouer
    mais le temps pour elle n'était pas encore venu...
    Seule une joie assez forte la sortirait de sa bienheureuse solitude.
    Ce moment viendrait, elle le savait.
    Et pour le moment, elle était bien
    assise seule à la terrasse d'un café.

                                                          (pour la petite fabrique d'écriture)


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  •   C'est la rédac du mois et il nous est proposé de conter un de nos meilleurs étés...
      Ma première réaction est de laisser ce plaisir à d'autres..
      L'été n'est pas ma saison préférée...La canicule m'accable et me réduit à néant...Je pourrai vous dire le bien -être que j'ai ressenti,cette année 2003 quand,un certain jour de septembre,j'ai senti le besoin d'enfiler une petite laine légère car il faisait un peu frais,cela ne m'était pas arrivé depuis la fin du mois de mai...Il est vrai que les étés qui ont suivi ne nous ont guère permis de quitter les lainages trop longtemps et puis cessons de nous plaindre..
      En cherchant bien quand même,j'ai bien dû engranger quelques bons souvenirs...Voyons !Quel est mon meilleur été?
      Eh bien,si je veux parler du meilleur,je dois chercher loin dans ma mémoire et remonter à mes vingt ans,je crois...Enfant,les étés se passaient à la maison,c'était long,c'était monotone et tristounet...Puis,un peu plus grande j'ai travaillé,je ramassais des pêches,c'était déjà mieux ou,par deux fois,j'ai été monitrice dans une colonie de vacances..Enfin,l'horizon s'ouvrait un peu...
      Mais cette année-là,pour la première fois,j'avais un peu d'argent,à moi et je m'étais inscrite à un camp de jeunes et nous avons passé trois semaines à Rimini...Pour moi qui n'étais presque jamais sortie de chez moi et qui était très solitaire,ce fut extraordinaire...Enfin la vie s'ouvrait devant moi...Enfin je vivais...Le groupe était très agréable...Nous avons rencontré des jeunes du pays,nous avons sympathisé...Quand je suis revenue,j'avais des ailes aux pieds...J'avais osé réalisé un rêve et tout s'était bien passé...Je pouvais aller de l'avant...
      Mais pourquoi depuis,mes ailes ont-elles été si souvent amputées? pourquoi faut-il toujours faire renaître cet élan qui nous pousse  vers la vie?Pour quoi le désir de nous retrécir nous tenaille-t-il si souvent? Pourquoi sommes-nous si pesants?

    Voici la liste de ceux qui ont traité ce même sujet..Allez les lire.(après midi)..vous y trouverez du plaisir..



    1/ Laurent, 2/ Noelia, 3/ Bergere, 4/ Bertrand, 5/ JvH, 6/ Hibiscus, 7/ Anne, 8/ Julien, 9/ Chantal, 10/ Looange, 11/ V à l'ouest, 12/ Jo Ann v, 13/ William, 14/ Catie, 15/ Nanou, 16/ Cecfrombelgium, 17/ Julie70, 18/ Gazou, 19/ BlogBalso, 20/ Vladyk, 21/ Lydie, 22/ Optensia, 23/ Joël, 24/ Linda, 25/ Julie, 26/ Le chat qui, 27/ Ckankonvaou, 28/ Lodi, 29/ Mahie, 30/ Mariuccia, 31/ Brigetoun, 32/ Renée, 33/ Mouton, 34/ Agnes, 35/ Laetitia, 36/ MissBrownie, 37/ Karmichette, 38/ Rikard, 39/ Dung, 40/ Pivoine Merlin, 41/ Lune de Pluie, 42/ Adelaide,


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  • Je retrouve ce texte écrit il y a presque vingt ans et,grâce à la magie des mots,cette famille qui nous fut voisine un ou deux ans seulement et que j'avais oubliée,je  la retrouve intacte dans mon souvenir

    J'entends la voisine.Elle accueille son mari qui revient du travail.Tout à l'heure,ses trois filles ont nettoyé le jardin avec elle;
    -Quelle belle famille unie!,me dis-je...
    Est-ce du dépit ou de la moquerie de ma part?
    -Ils ont chanté toute l'après-midi,dit-elle à son mari en parlant des oiseaux.
    Après un silence,elle ajoute:"ma mère m'a téléphoné et m'a dit que ce n'était pas encore le moment de tailler les rosiers".Maintenant,ils se sont éloignés et je n'entends plus que le murmure de leurs voix...
      Trop de mouvement fatigue et donne une fausse illusion de vie mais trop de stabilité est tout aussi lassante et  feinte harmonie.
      Et je rêve d'une tornade qui délicieusement sème le trouble dans leurs journées si méticuleusement réglées afin que ce trouble les révèle à eux-mêmes et accroisse leurs potentialités...Et après avoir donné,en secret,différentes formes à cette tornade bienfaitrice,je rêve aussi de goûter,ne serait-ce que quelques instants,à la douceur de cette vie familiale trop bien huilée...pour ensuite repartir,sans regret,vers une vie moins clémente mais source de joies plus violentes et plus libres.


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  • Ce dimanche,c'était grande animation au village,c'était le marathon et le semi marathon..Il y avait des coureurs ..et aussi des randonneurs...Je rappelle qu'un marathon,c'est 42 kilomètres,et chez nous,il y a souvent des montées et des descentes.J'avais confié mon appareil à photo à mon petit-fils Louis qui a sept ans et qui,avec un grand sérieux,n'a plus lâché l'appareil ...jusqu'à ce que les piles soient déchargées.                                                               


    Avec les voisins,nous tenions un stand de ravitaillement destiné aux randonneurs :saucisson,nougat,clairette,vin rouge...Les coureurs,eux,buvaient de l'eau.   ....Nous avons même eu droit à une animation musicale.   C'était un bon moment.                                                                    


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