• Elle a 102 ans et vit chez elle.

    Sa fille, depuis qu'elle est à la retraite, passe le plus clair de son temps à  s'inquiéter d'elle,

    elle lui apporte chaque jour son repas en prenant soin de choisir les mets qui lui conviennent, elle fait ses achats chez les fournisseurs qui lui conviennent à elle, la mère...Qu'importe si cela oblige sa fille à faire un détour important....Elle devrait être ravie, la mère, d'avoir une fille si attentive...

    Mais non ! Jamais un merci ne sort de sa bouche !

    Sa fille a dû être hospitalisée...Elle n'a jamais demandé de ses nouvelles...Sa seule inquiètude était de savoir qui lui apporterait à manger.

    Un jour, sa fille décide de ne plus cacher ses cheveux blancs et de ne plus se faire de teinture et sa mère lui dit :" qu'est-ce que tu es laide comme ça, on dirait une vieille."

    Une autre fois, sa fille, épuisée, lui dit : "tu sais, maman, je pourrai mourir avant toi"

    Et la mère de répondre :"ça n'a pas d'importance"

     

    Et sa fille , chaque jour, continue à venir la servir.


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    Il marche

    Il va je ne sais où

    Inlassablement il marche.

     

    Il cherche

    Il ne sait pas ce qu'il cherche

    Inlassablement il cherche.

     

    Va où ton désir te mène

    lui dit une petite voix ineffable

    Va, ne t'inquiète pas

    Va ton chemin.

     

    Il a soif de beauté

    Il a faim d'une merveille

    Mais saura-t-il la reconnaître?

     

    La beauté,

    on a toujours voulu la voir,

    l'entendre,

    la toucher,

    mais pas comme on s'y attendait.

    Alors comment la reconnaître?

     

    Intranquille et paisible,

    respirer à pleins poumons.

     

    Il marche

    Il trébuche et d'un même mouvement,

    ilse relève.

    Le chemin est plein d'embûches

    qui mène à la beauté et à la paix,

    une paix où les contraires

    ne nous brisent plus

    mais sont là pour nous élargir,

    nous agrandir.


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  •  

     

    Les mots coulent de  sa bouche

    Ils coulent, toujours les mêmes

    Et elle ne les reconnaît pas....

    Ils disent le manque

    ils disent la lassitude

    ils disent l'angoisse qui la guette

    partout où elle va...

    Et elle se demande s'ils disent vrai...

    "Je n'en peux plus , dit la voix

    vivre est trop fatigant,

    la beauté du monde je ne la vois pas

    à quoi bon continuer..."

    Et la litanie recommence

    les mots tournent en boucle et ne peuvent plus s'arrêter

    les mots la paralysent

    elle ne sait plus où elle en est....

     

    Mais rester muette serait peut-être pire...


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    J'ai été surprise de vos réactions en écoutant le témoignage de Philippe l'éboueur. (article précédent)

    Moi, à la première écoute , je n'avais vu que l'aspect positif de ses paroles.

    Voilà un homme, me suis-je dit, qui était au fond du trou et qui a su  s'en sortir.

    C'est vrai , il dit que personne ne choisit son destin, mais il a su agir sur sa vie, il a su saisir la main tendue qui lui était offerte, il  a trouvé un nouveau métier et il en est fier même si certains le trouvent peu reluisant.

    Il n'a pas recherché la souffrance, elle était sur son chemin, il l'a transformé en expérience positive.

    Il a découvert la tendresse et la bonté des bénévoles qui  aident les SDF et cela lui a donné confiance en lui et en l'humanité malgré les guerres et les  horreurs qui sont aussi un peu partout dans notre monde.

    Il est maintenant  un homme debout...Je n'ai pas senti dans ses propos cette philosophie judéo chrétienne, assez horrible je l'avoue, qui nous conseillait autrefois de  bien souffrir pour gagner le Paradis...Je pense plutôt que si le Paradis existe, ce ne peut être que dans la Joie  que nous y parviendrons.

    D'ailleurs, cela me fait penser  à un des rares sermons dont je me souvienne...

    Le prêtre, justement, parlait du sacrifice , du renoncement.  Et il disait que le sacrifice  n'était justifié que s'il était précédé d'une très grande joie, sinon il est triste et stérile...

     Revenons à notre Philippe éboueur.

    De la boue qu'était sa vie de SDF, il a fait son or, il a su métamorphoser sa souffrance et sa déchéance en quelque chose de positif...Qui pourrait l'en blâmer.

    C'est ce que je nous souhaite à tous : de notre boue, faisons notre or.

    Et je remercie tous ceux qui ont laissé des commentaires et qui, simplement , ont exprimé ce qu'ils ressentaient


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