• Retour

    Retour....mais suis-je  jamais partie ?
    Bien sûr, et j'ai vu de belles choses...arpenté beaucoup de trottoirs de villes  et de musées, vu beaucoup de monde, entendu beaucoup de bruit,fait beaucoup d'autoroute...tant et tant que je ne trouve rien à dire pour le moment...
    Et ce matin, pour laver mon corps et mon  esprit de tous les miasmes de la ville...j'ai pris mes chaussures de marche et, avec trois amis, je suis partie sur les chemins de campagne jusqu'au lieu dit "la grotte de la dame"...C'est en ce lieu que se cachèrent les protestants autrefois...De là-haut, il y a une très belle vue sur la vallée...Il faisait beau et nous avions très envie de nous retrouver et de rire et de marcher ensemble " Ce qui rend les voyages à peu près inutiles, c'est que l'on se déplace  toujours avec soi, avec les mêmes pensées, le même passé, les mêmes ennuis, le même tour d'esprit, les mêmes appréciations sur les choses et les gens. Où que l'on se trouve, on n'est jamais seul.
      Oh ! ne plus s'avoir constamment dans les pattes, ne plus se voir, ne plus s'avoir sur le dos ! Etre un peu seul, vraiment seul, ne fût-ce qu'une seconde. Ne plus être deux à s'empêcher de vivre, ne plus être double. Qu'il n'y ait plus perpétuellement quelqu'un à vous épier, à noter vos mouvements , vos intentions même.
     J'en ai par-dessus la tête de ce monsieur compassé qui sait tout d'avance, qui me dicte mes réponses ; j'en ai assez de ce bonhomme qui occupe la première place, qui ramène tout à lui. Fichu compagnon de route !
      Qui est-il? Et à quel titre parle-t-il en mon nom, avec ma voix? Qui l'autorise à s'exprimer à la première personne ? Je suis las de supporter les humeurs de ce gros cochon qui ne sommeille pas une minute en moi .
      Ne pourrai-je pas m'en débarrasser, m'en vider ? quand j'étais petit, on me purgeait au début de chaque nouvelle saison...A ma connaissance, on ne trouve pas de laxatif pour le cerveau dans le commerce...."
                                       Henri Calet (L'Italie à la paresseuse)

  • Commentaires

    1
    Lundi 5 Octobre 2009 à 16:18
    Je crois qu'un jour ou l'autre, nous finissons tous par constater cela, et c'est peut-être pour ça que plus on avance en âge, et moins on est tenté de voyager... ceci étant bien sûr valable pour ceux qui se sont beaucoup déplacés...
    Bises du lundi à toi 
    2
    Lundi 5 Octobre 2009 à 16:25
    bien vu Mr calais..
    besos
    tilk
    3
    Lundi 5 Octobre 2009 à 17:02
    Partir, permet de prendre de la distance sans que l'on s'en rende toujours compte. 
    Et après, ne faut-il pas prendre les décisions qui s'imposent à soi comme une urgence ou presque ?
    bonne soirée
    clem 
    4
    Lundi 5 Octobre 2009 à 17:08
    Une promenade lave de toute la poussière de la ville, et des citadins...
    5
    Lundi 5 Octobre 2009 à 17:09
    Une promenade lave de toutes les pensées poussiéreuses...
    6
    Lundi 5 Octobre 2009 à 17:41
    Ne plus être soi...

    Lorsque j'étais adolescente, j'ai écrit un poème dont la chute était "être soi, c'est une maladie incurable"...

    En vieillissant, j'ai fini par admettre que nul ne sait jamais vraiment qui il est.

    Peut-être au moment de mourir ?

    Je ne sais pas.

    J'aime bien ce texte...
    7
    Lundi 5 Octobre 2009 à 17:46
    Bonsoir
    Une bonne marche fait toujours du bien !
    Sincèrement
    jean
    8
    Lundi 5 Octobre 2009 à 18:49
    Il est vrai que l'on emporte toujours ses problèmes dans ses valises ... Notre personnalité nous colle à la peau : je pense que cela ne dure rien que toute
    une vie !
    Merci pour ces pensées à méditer.
    Amitiés. Alain
    9
    Lundi 5 Octobre 2009 à 19:31
    Mais aussi on serait perdu de ne plus être soi, alors le mieux c'est de se confronter avec les autres.Le soi polit  alors ses aspérités...
    10
    Lundi 5 Octobre 2009 à 23:27
    Il faut laisser décanter!
    Super ce texte de H. Calet
    11
    Mardi 6 Octobre 2009 à 00:52
    Peut-être suffit-il de retrouver en soi, l'enfant émerveillé, surpris, curieux, toujours partant que nous étions!  Sans qu'on s'en rende bien compte, l'ego construit au fil des années a fortement tendance à prendre le contrôle, tout le contrôle.
    L'enfant Gazou est demeurée vivante. Elle adore marcher dans la nature, rire avec ses amis et oublier le monde policé et ses exigences.
    Je t'embrasse Gazou.
    12
    Mardi 6 Octobre 2009 à 05:03
    J'ai bien aimé ce texte, comme j'aime aussi la photo. Est-ce là que tu as marché.
    13
    Mardi 6 Octobre 2009 à 05:58
    Excellent cet écrit d'Henri Calet...c'est tellement vrai..il y a tellement de personnes qui partent en se disant j'oublierais ! masi rare sont les fois ou l'on fait vraiement le vide surant un voyage...les problèmes, les angoisses, la joie si elle est là on l'apporte ou la porte avec nous. il y a des moments ou une bonne marche avec des amis est sûrement plus efficace ! j'espère qu tu as eu te dose d'air hier ! bonne journée Gazou   
    14
    Mardi 6 Octobre 2009 à 21:18
    je souris et ris .... tu sais loin c'est beau, près aussi...
    bises
    15
    Mercredi 7 Octobre 2009 à 04:20
    eh bien bon séjour à la campagne, Maryse..je te souhaite du soleil !
    16
    catherine2
    Mardi 2 Juillet 2013 à 16:53
    la ville, son agitation et ses tentations , qui font que l'on  manque toujours de temps n'est pas le meilleur endroit pour être en soi, elle est plutôt propice à l'autre soi, celui de l'extérieur qui va s'alimenter, se questionner,  ... et qui après un temps de calme,  un temps de digestion  va retrouver le soi intérieur et le fortifier
    17
    Maryse
    Mardi 2 Juillet 2013 à 16:53
    On se trimbalera jusqu'à la fin, autant bien se supporter.
    Moi en plus j'ai une soeur jumelle!!!!!!! Le pied... Finalement je vais m'en servir ( de mon pied, et même des deux) pour me propulser à la campagne 
    Y'a bien que ça de vrai. 
    Bisous à tous.    demain il pleut chez moi...
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