• Il me téléphone.
    Ce n'est pas qu'il ait grand chose à dire,dit-il, mais il faut bien passer le temps;
    Je lui demande ce qu'il fait.

    -Eh bien, me dit-il, j'attends, je m'assois sur une chaise et j'attends...Oh ! ce n'est pas que j'attende vraiment quelque chose, en fait je n'attends rien, je sais bien qu'il n'y a rien à attendre et que la journée va être stérile et inutile comme toutes les autres, mais quand même j'attends...
    Bien sûr, quand j'étais jeune, c'était différent...

    -Ah! lui dis-je, parce que toi., tu as été jeune....mais moi, je ne l'ai jamais été...et c'est ce que j'attends..et je sens que ça vient....

    J'ai réussi à le faire rire, la journée n'est donc pas perdue..


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  • Elle y avait cru

    La première fois qu'ils 'étaient rencontrés,

    ils étaient comme aimantés

    C'était comme s'ils s'étaient attendus depuis toujours

     

    Elle avait cru

    qu'elle pourrait tout lui dire

    parce qu'il pourrait tout écouter

    Et elle aussi

    Et ensemble

    ils iraient creuser

    au plus profond

    le puits de vérité

    Et ils s'en rassasieraient

    jusqu'à plus soif.

     

    Elle découvrait peu à peu

    qu'il ne pouvait être qu'un ami

    parmi d'autres

    que son besoin de papillonner

    ne lui permettait pas de creuser. 

     

    Tant pis, elle l'aimerait comme il l'était,

    elle ne lui demanderait pas ce qu'il ne pouvait pas donner

    Et s'il l'oubliait,

    c'aurait quand même été un beau rêve !

     

    Elle ne voulait pas le harceler,

    même s'il aimait ça

    .Elle ne voulait pas toujours aller à ses devants,

    elle savait bien qu'il ne la repousserait pas,

    mais si lui n'éprouvait pas le besoin de venir à elle,

     elle ne s'imposerait pas

    Mais comme elle se sentait seule !

     

    Et quel dommage !

    Ils avaient tant à découvrir ensemble...

    Mais peut-être était-elle seulement trop impatiente ?

    Il fallait seulement prendre le temps.


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  • - Comment ça va ?  lui demande-t-elle ?

     

    - ça va, ça va bien, lui répond-il d'un ton morne et désabusé... Puis il ajoute : heureusement que je suis obligé de me lever trois fois par semaine pour la conduire et que je dois aller la rechercher le soir...

     

    Elle ne dit rien mais s'inquiète...Si se lever n'est plus un plaisir,  si plus rien ne nous motive que l'obligation...comment peut-ondire que cela va bien ? Ce n'est plus qu'une formule de politesse...Et alors comment retrouver le chemin de la vie?

     

    Quelle clé ou quelle boussole va nous faire retrouver le sens de notre passage éphémère sur la terre et l'énergie pour s'y engager ?

     

    Peut-être un regard, un sourire, une pensée vont-ils suffire?

     

    Alors elle les lui envoie , enrobés de tendresse et elle charge le petit lutin  de Noël de les lui envoyer....


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  • "Bonjour à toi

    Le jour advient

     

    Et se surprend

    Et se souvient

     

    Frayeur soumise

    douleur vaincue

     

    Et se fait don

    Bleu ébloui."

     

     

    François Cheng


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  •   D'abord,elle me parut laide...Trop long ce nez ! Sans intérêt,cette tête ! A peine l'avais-je aperçue,déjà,je détournais les yeux,à l'affût de personnes plus séduisantes.
      Et la soirée s'écoule,oublieuse de ce visage à peine entrevu.Mais certains étant partis,là voilà qui se rapproche et se trouve,quel hasard,en face de moi !Je ne peux plus l'ignorer,il faut bien que je la regarde,que je prête une oreille aux paroles qui d'elle me parviennent...et , est-ce encore un hasard? De quoi parle-t-elle? Elle parle d'écriture,elle me donne son nom:"Cylène" !Tiens C comme Cyrano ! et si de son cousin,elle a la disgrâce,dame,elle en a aussi l'esprit !
      Et me voilà bien marrie d'avoir d'elle mes yeux détournés. moi,si promte à juger les esprits qui aux apparences seules accordent quelques valeurs,j'aurais désormais plus d'indulgence car dans ce même travers me voilà tombée et m'en voilà toute déconcertée.
      Et cette belle dame je remercie dans un long sourire silencieux pour ce, qu'en cet instant,sans qu'elle ne s'en doute,elle vient de m'apprendre,et c'est pourquoi mon merci restera silencieux.
      Et pour que la leçon porte davantage ses fruits,là voilà,tout aussi inconsciente et sereine,qui s'apprête à partir et pose sur sa tête un quelconque chapeau,un peu haut cependant,eh stupéfaction !


    .Cette dame que j'ai si mal jugée tout à l'heure ,quand elle était assise à table,c'est qu'elle a fière allure avec ce chapeau et ce demi sourire accroché à ses lèvres.Quelle tête originale est-ce là et qu'il me plaît de la contempler !Quel dommage,elle s'en va déjà et je n'ai pas su la rencontrer.
      Car de Cyrano,son frère,en plus du nez,de la plume et du panache,je suis sûre qu'elle avait aussi l'esprit,le coeur et une finesse exquise. Ah! triste méprise! Allais-je comme Roxane ne connaître la réalité que trop tard? J'ai bien failli partager son aveuglement. Il a fallu le miracle d'un quelconque chapeau pour que la métamorphose s'accomplisse et qu'à mes yeux soudain lucides ,Cendrillon se dévête de ses oripeaux, Hélène quitte ses laids sabots et qu'enfin je sache contempler l'être qui est devant moi.
      Le rideau des illusoires apparences déchiré, j'ai connu une réalité plus profonde et je m'en suis réjouie.

      .


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