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      Nous avons découvert une nouvelle petite chapelle, enfin nouvelle pour nous, mais plutôt très ancienne...

    En chiffres romains , en haut de la porte, il y a la date de 350 je crois et sur la gauche, un nom et la date de 1870, sans doute est-ce le nom de celui qui l'a restauré...Comme autrefois,le cimetière est à côté et il est toujours utilisé par les gens du village d'Aubenasson, petit village de la Drôme...Il y a de très beaux platanes devant

     

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    Un peu plus loin, au bord d'un champ une caravane est installée et habitée..Il y a un tas de bois   à côté et la cheminée fume...ILs ont bien choisi leur emplacement, ils ont une vue superbe sur la vallée

     

    Je comprends qu'ils se soient posés là.

    Ce lieu respire la sérénité...

    Garde-t-il l'empreinte de nos aïeux ?

    Sans doute était-ce un temple païen au départ.

    Des druides ont dû officier là...Puis une église  a été construite avec, attenant, un petit logement pour le prêtre...

    Ce qui est étonnant , c'est que l'église se trouve un peu éloignée du village  et non pas au centre comme c'est souvent le cas...J'aimerais savoir  aussi d'où vient le nom de Jean Manobre attribué à  cet endroit...

    Parfois, on aimerait bien faire parler les pierres 

     

                                                                


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  • Marie Noël...J'en ai déjà parlé...Et j'y reviens encore...Car c'est elle qui , alors que j'étais encore enfant, et que au hasard  de la lecture de l'unique revue qui arrivait à la maison, j'ai découvert... La Poésie.

    J'ai découvert que les mots pouvaient dire  beaucoup plus que les mots, qu'ils pouvaient nous entr'ouvrir les portes d'un monde  plus réel et plus intense que celui plus tangible  où nous évoluons quotidiennement...

    C'était, je m'en souviens,  ce poème de son premier recueil qui commence ainsi:

     

    "Mon bien-aimé descend la colline fleurie

                          De blé noir

    Tout doucement par les champs pâles...C'est le soir.

     

    Voilà mon bien-aimé!- - Suis-je bien aguerrie,

                         Ma raison?

    Oui,le voilà qui passe auprès de ma maison.

     

    Ne me regarde pas bien-aimé , je t'en prie,

                        Si jamais

    Ton regard n'étais pas assez doux, j'en mourrais !

     

    Ne me dis rien, tais-toi, bien-aimé, je t'en prie,

                        Si jamais

    Ton accent n'était pas assez doux, j'en mourrais !

     

    Mon bien-aimé passa voilé de rêverie,

                        L'âme ailleurs,

    Sans me dire hélas ! sans me voir et j'en meurs."

     

       

    J'ai toujours gardé ce poème au fond de moi comme un bien précieux. Et pourtant il est triste...Mais je n'en vois pas la tristesse...je vois seulement cette lumière qui nous pousse en avant...Et même si elle n'a pas connu le grans amour comme elle l'espérait..elle n'a vécu que d'amour...

    Ce matin, je retrouve quelques réflexions de Marie Noël notées sur un carnet et je me sens toujours en accord avec elles

     

    "Celui qui n'a besoin de rien, tout lui manque. Misère de l'homme qui se suffit, de l'esprit comblé de lui-même. Toute la valeur de l'homme est dans sa recherche, son appel, son désir."

     

    "J'ai horreur de l'incontinence sentimentale...des gens qui font tout leur coeur sous eux.

    Mon coeur, je n'en parle pas. Je le tais. Ou je le chante."


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  • C'était une petite chèvre

    vagabonde et pleine d'allant,

    ce n'était pas la chèvre de Monsieur Seguin

    mais une autre qui la valait bien.

     

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    flickr

     

     Elle n'a pas rencontré le loup

    Elle a rencontré un papillon,

    un papillon qui lui parla si bien,

    qui lui parla si tendre

     qu'elle se trouva tout entortillée

    de liens invisibles certes...

    Mais ils la serraient si fort

    qu'elle ne pouvait plus respirer.

     

    Après avoir beaucoup pleuré,

    après avoir beaucoup gémi,

    après avoir beaucoup crié,

    elle comprit enfin

    qu'elle seule pouvait se libérer de ses liens.

    Et comme elle était fort habile

               et tenace,

    elle y parvint fort bien.

    Et elle se retrouva libre

              et tout étonnée

    de savoir encore respirer

    et d'y trouver un grand bonheur.

     

    Et elle décida désormais

    de construire elle-même

    les liens qui lui permettraient

    de vivre à pleins poumons.

    Le papillon lui aussi respira un bon coup

    quand il vit que la chèvre lui faisait la nique

    et le regardait d'un air rieur...

    On dit qu'il est devenu moins enjoleur...

    On dit même qu'ils sont devenus de vrais amis,

                  libres et liés.


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  • Il ne sait plus

    Il ne peut plus

    Il n'a plus l'énergie

    plus le désir

    plus la volonté

     

    Il est un peu désabusé

    Il n'ose se l'avouer

    lui qui va toujours de l'avant

     

    Il sait aimer d'un amour superficiel

    mais bienveillant

    toutes les personnes qu'il rencontre

    et cela est doux et réconfortant

    mais s'engager

    être un compagnon dans les jours douloureux

    c'est trop lourd pour lui

     

    Il pourrait s'écrouler

    perdre pied

    alors il se préserve

    il se met des barrières

    pour ne pas voir

    ne pas entendre

    et ainsi rester dans cette quiètude

    dont il a tant besoin

     

    tant de fois nous aussi

    nous  avonsmanqué aux autres

    et ils ne nous ont rien dit

    Peut-être auraient-ils dû s'exprimer

    Peut-être ainsi

    nous auraient-ils permis d'agrandir nos limites?

     

    Mais la peur de faire mal ?


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  • "Qui as-tu rencontré aujourd'hui?

    Un homme aux mains pleines de terre et d'oiseaux

    Au coeur travaillé par le temps et l'outil

    au coeur ouvert par la faim et le froid

    et qui dit

    Comment peut-on savoir quand quelqu'un souffre?

    Un homme précieux

    Mon voisin.

     

    Qui as-tu rencontré aujourd'hui?

    Une femme aux mains pleines d'encre et de poèmes

    Au corps travaillé par le désir et les larmes

    Au coeur ouvert par l'enfant et l'ami

    Et qui dit

    Ne souffre pas aie confiance je t'aime

    Une femme précieuse

    Ma voisine."

                Yvon Le Men


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