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    J'ai contemplé le soir,
    j'ai laissé venir le silence,
    lui ai donné le temps de s'installer
    et j'ai commencé à écrire


    "écrire comme on se tait"
    dit Christiane Singer.

     

    Et de nouveau,j'ai senti la vie
    circuler en moi
    Les instants se sont mis à défiler
    chargés de couleur et d'odeur...


    Et voilà que je m'aperçois ...au loin, si loin

    J'ai treize ou quatorze ans peut-être...
    J'écris mes premiers poèmes
    et je m'émerveille de voir les mots
    se présenter à moi
    si dociles,si délicieux...
    Je savoure cette complicité
    avec moi-même.


    Peut-être que écrire, c'est d'abord se plaire
    en sa propre compagnie,
    être pleine de tendresse pour soi-même
    et ainsi pouvoir l'être avec les autres,
    partager avec eux ce qui nous émerveille,
    nous étonne,nous rehausse,nous donne du sens...
    Ecrire...c'est pour se relier...


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  •  Tableau du samedi : Le joli monde de Makoto

    Fernand Léger

     

     

    Fortement marqué par Paul Cézanne, représenté au Salon d’Automne de 1907, il se distingue du cubisme de Picasso et de Braque par une recherche systématique de contrastes de formes poursuivie jusqu’en 1914. Deux tableaux emblématiques "Les Toits de Paris" et "l'Etude pour La Femme en bleu", tous deux de 1912, restituent parfaitement cette quête.

    La carrière de Léger est soudainement interrompue par la première guerre mondiale dans laquelle il sert comme soldat. Son retour à Paris coïncide en 1918 avec un changement radical de thèmes tels que les disques ("Les Disques dans la ville", 1920), et les remorqueurs ("Le Grand Remorqueur", 1923) où domine largement une imagerie inspirée de la machine et du dynamisme urbain.

    Bien Puis la figure refait alors son apparition, notamment dans une série de personnages féminins exécutée à partir de 1921 ("Le Déjeuner", 1921 et "Femme au bouquet", 1924), proche du classicisme contemporain de Picasso. L’expérience de la guerre encourage Fernand Léger à explorer les nouveaux médias, en particulier le cinéma. Celui-ci lui inspire en 1924 un premier film sans scénario, le Ballet mécanique.



    Peu à peu, au début des années 1930, Léger se fait l’avocat d’un type d’image plus accessible au grand public. Ses peintures les plus importantes de la décennie, "La Joconde aux clés" et la "Danseuse bleue" également de 1930, ainsi qu’"Adam et Eve" (1934), participent d’un nouveau réalisme proche des images renvoyées par les médias contemporains, par leur monumentalité et leur caractère iconique.

    A la suite de l’Occupation de Paris, Léger gagne les Etats-Unis en 1940. L’une de ses premières productions américaines est consacrée aux figures stylisées des plongeurs ("Les Plongeurs polychromes", 1942-1946 et "La Danse", 1942). D’autres suivront sur le thème des acrobates ("L’Acrobate dans le cirque", 1947-1948) et des cyclistes.

     

     

     

    Le 14 juillet, 1914
    Huile sur toile, 65,5 x 58,5 cm
    Donation Nadia Léger et Georges Bauquier, 1969
    Musée national Fernand Léger, Biot Inv.97027

    C’est dans le paysage urbain moderne que Léger trouve le fondement de sa pratique artistique. D’abord avec les vues des toits de Paris depuis la fenêtre de son atelier, ensuite avec la série des Toits et fumées où la géométrie des toits s’oppose aux fumées vaporeuses. Progressivement Léger s’engage dans la «bataille des couleurs».

    «Je voulais arriver à des tons qui s’isolent, un rouge très rouge, un bleu très bleu. Delaunay allait vers la nuance et moi carrément vers la franchise des couleurs et du volume… en 1912, j’ai trouvé des couleurs pures inscrites dans une forme géométrique».

    Ce 14 juillet 1914, la ville  est un spectacle de formes et de couleurs scandées par les musiques des fanfares qui n’échappent pas au peintre. L’illusion du mouvement produite par le va et vient des lignes courbes est rythmée par la traversée verticale des mats. L’espace est dense, élastique, dénué de perspective logique. Le cerne noir malhabile traduit le geste spontané du peintre qui «tient» son idée.

    "Le 14 juillet" est sans doute la dernière toile achèvée par Léger avant sa mobilisation le 2 août 1914. «La guerre m’a prise et m’a empêchée de réaliser ce que je voulais». Il ne s’est jamais séparé de cette peinture, comme pour ne pas perdre la trace des derniers instants riches et heureux de sa vie d’artiste.


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  • Je m'évade

    toujours je m'évade

    et plus je m'évade

    et plus je me sens prisonnière...

     

    Suis-je ici ou suis-je là?

    Je ne le sais pas.

    Je ne me retrouve plus...

     

    Mes évasions m'enchaînent

    me font perdre le Nord...

    Quand saurai-je rester là où mon corps s'est posé?

    Quand saurai-je savourer ce qui m'est donné?

     

    Je m'évade,

    je m'égare,

    je m'affole,

    je batifole.

     

    Lorsque j'étais enfant,

    s'évader c'était vivre,

    c'était oublier

    que tout ce qui donne envie de vivre était interdit.

    Chanter, danser, crier, découvrir,cela n'était pas pour moi.

    J'avais
    besoin de ces paradis artificiels

    pour garder le goût de vivre

    et je m'évadais dans mes rêves.

     

    Mais, à présent, pourquoi cette errance

    qui me plonge dans le brouillard?

    Si je m'évade si continuellement,

    ce n'est pas pour décoller de la réalité,

    c'est, au contraire, pour la découvrir

    et la vivre dans sa plus juste profondeur.

     

    Mais sans doute vaut-il mieux,

    vivre l'instant présent

    pleinement et simplement.


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    Jour de fête

    Victor Hugo

    Aux environs de Paris

    Midi chauffe et sèche la mousse ;
    Les champs sont pleins de tambourins ;
    On voit dans une lueur douce
    Des groupes vagues et sereins.

    Là-bas, à l’horizon, poudroie
    Le vieux donjon de saint Louis ;
    Le soleil dans toute sa joie
    Accable les champs éblouis.

    L’air brûlant fait, sous ses haleines
    Sans murmures et sans échos,
    Luire en la fournaise des plaines
    La braise des coquelicots.

    Les brebis paissent inégales ;
    Le jour est splendide et dormant ;
    Presque pas d’ombre ; les cigales
    Chantent sous le bleu flamboiement.

    Voilà les avoines rentrées.
    Trêve au travail. Amis, du vin !
    Des larges tonnes éventrées
    Sort l’éclat de rire divin.

    Le buveur chancelle à la table
    Qui boite fraternellement.
    L’ivrogne se sent véritable ;
    Il oublie, ô clair firmament,

    Tout, la ligne droite, la gêne,
    La loi, le gendarme, l’effroi,
    L’ordre ; et l’échalas de Surène
    Raille le poteau de l’octroi.

    L’âne broute, vieux philosophe ;
    L’oreille est longue ; l’âne en rit,
    Peu troublé d’un excès d’étoffe,
    Et content si le pré fleurit.

    Les enfants courent par volée.
    Clichy montre, honneur aux anciens !
    Sa grande muraille étoilée
    Par la mitraille des Prussiens.

    La charrette roule et cahote ;
    Paris élève au loin sa voix,
    Noir chiffonnier qui dans sa hotte
    Porte le sombre tas des rois.

    On voit au loin les cheminées
    Et les dômes d’azur voilés ;
    Des filles passent, couronnées
    De joie et de fleurs, dans les blés.

    Victor Hugo

     

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  • Hier, je découvre cette information  qui me réjouit.

    Certes, ce ne sont que des paroles...mais elles permettront d'agir, au moins pour certains,

    pour que notre monde devienne plus fraternel, plus juste

     

     

    Lyon: dialogues en humanité trois jours à refaire le monde au Parc de la Tête d'Or

     

    Lectures sous l'arbre au parc de la tête d'or / © I.Gonzalez

    C'est devenu un rendez vous international.

    Les dialogues en humanité réunissent cette année

    des chercheurs, associations,

    citoyens  cette année avec  la devise suivante :

    "Il est trop tard pour être pessimiste! La Résistance aujourd'hui c'est l'optimisme! "

    Par Alexandra Marie Publié le 07/07/2018 à 18:58 Mis à jour le 08/07/2018 à 10:03

     

    Festival gratuit propose pendant trois jours  des rencontres citoyennes autour de sujets aussi variés que l'écologie,
    la musique ou l'économie. 

    Les organisateurs reprennent les mots des résistants Raymond Aubrac et Stéphane Hessel, " Osons dire oui à demain!"

    "Si l’on regarde bien, de nombreuses belles expériences existent dans le monde entier" explique Philippe Piau,
    pour le réseau international des Dialogues en humanité. "Le plus simple est de se relier
    à celles et ceux qui sont porteurs de cette belle énergie. C’est ce que nous tentons de faire en nous reliant
    à d’autres réseaux agissant aussi en ce sens."
     

    Si le programme peut paraître théorique ou difficile d'accès il s'agit bien de rencontres vivantes et
    d'échanges concrets entre acteurs de terrains. 
    Des partages savoir-faire au coaching collectif, les Dialogues sont l'occasion de mettre en commun
    des compétences et de mutualiser les connaissances. 

    Au programme intellectuel s'ajoutent chaque soir des rendez-vous festifs : plusieurs concerts, pièces de théâtre
     et tout type de performances sont proposées au parc de la tête d'or mais aussi dans le vieux Lyon. 
    Festival "Dialogues en humanité"
    Dialogues en humanité se définit comme un festival citoyen sous les arbres du parc de la tête d'or à Lyon.
    Jusqu'au 8 juillet chacun est invité à venir échanger lors de forum ou simplement écouter.
    Un festival qui propose,depuis plus de 15 ans, à chacun de refaire le monde. Quelques fois cela peut prendre
    des allures ludiques... -
                                                   Reportage de Sophie Valsecchi et Isabelle Gonzalez
    12/13

     

     
     

     


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