• Mardi poésie

     

     

    Jour de fête

    Victor Hugo

    Aux environs de Paris

    Midi chauffe et sèche la mousse ;
    Les champs sont pleins de tambourins ;
    On voit dans une lueur douce
    Des groupes vagues et sereins.

    Là-bas, à l’horizon, poudroie
    Le vieux donjon de saint Louis ;
    Le soleil dans toute sa joie
    Accable les champs éblouis.

    L’air brûlant fait, sous ses haleines
    Sans murmures et sans échos,
    Luire en la fournaise des plaines
    La braise des coquelicots.

    Les brebis paissent inégales ;
    Le jour est splendide et dormant ;
    Presque pas d’ombre ; les cigales
    Chantent sous le bleu flamboiement.

    Voilà les avoines rentrées.
    Trêve au travail. Amis, du vin !
    Des larges tonnes éventrées
    Sort l’éclat de rire divin.

    Le buveur chancelle à la table
    Qui boite fraternellement.
    L’ivrogne se sent véritable ;
    Il oublie, ô clair firmament,

    Tout, la ligne droite, la gêne,
    La loi, le gendarme, l’effroi,
    L’ordre ; et l’échalas de Surène
    Raille le poteau de l’octroi.

    L’âne broute, vieux philosophe ;
    L’oreille est longue ; l’âne en rit,
    Peu troublé d’un excès d’étoffe,
    Et content si le pré fleurit.

    Les enfants courent par volée.
    Clichy montre, honneur aux anciens !
    Sa grande muraille étoilée
    Par la mitraille des Prussiens.

    La charrette roule et cahote ;
    Paris élève au loin sa voix,
    Noir chiffonnier qui dans sa hotte
    Porte le sombre tas des rois.

    On voit au loin les cheminées
    Et les dômes d’azur voilés ;
    Des filles passent, couronnées
    De joie et de fleurs, dans les blés.

    Victor Hugo

     

  • Commentaires

    1
    Mardi 10 Juillet à 10:36

    il n'y a pas à dire, c'est le meilleur, quand on commence à lire on se sent emporter dans tout un tas de sensations , d'images, de sons de couleurs et on se dit" mais de qui est-ce?" mais bien sûr de qui d'autre que lui? Franchement pourquoi vouloir écrire quand on peut lire de telles chose?

    2
    Mardi 10 Juillet à 12:17
    LADY MARIANNE

    notre grand Mr Hugo à l'honneur ! chez moi aussi pour un autre poème-
    on le relit pour savourer un détail oublié --
    j'aime beaucoup ! on s'y voit-
    je viens de t'envoyer un mail-- à toi le choix du thème pour le 17-07
    bisous-

    3
    Mardi 10 Juillet à 15:36

    Ah aussi un poème de Victor Hugo mais différent de celui chez Lady Marianne.

    Ce thème ne fut pas évident

    Bisous

    4
    Mardi 10 Juillet à 18:51

    Un excellent choix Gazou... merci.

    Bises et bonne soirée

    5
    Mardi 10 Juillet à 23:12

    C'est un bon choix. Bonne semaine

    6
    Mardi 10 Juillet à 23:37

    c'est l'été qui fredonne son air joyeux quand de ces mots Hugo nous le décrit !

    amitié .

    7
    Mercredi 11 Juillet à 09:32

    Magnifique poème.

    Merci pour ce choix du mardi.

    Bises et douce journée.

    8
    Jeudi 12 Juillet à 00:13

    Bonsoir Gazou,

    Un poème tout à fait de circonstance, qui fleure bon l'été, la saison de l'insouciance où l'on oublie que la pluie d'octobre n'est pas si loin (car tout passe vite). Un excellent choix, j'adore ! Merci !

    Fabrice

    9
    Vendredi 13 Juillet à 22:11
    covix

    Bonsoir, 

    C'est incontestablement le maître dans ce domaine.

    Bonne fin de soirée et beau 14 juillet.

    Bises

    10
    lenez o vent
    Dimanche 22 Juillet à 14:15

    je découvre cette poésie , j'aime

    Merci, Bisous

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