• Hier,j'ai commencé la lecture de AXEL de BO Carpelan...C'est le journal fictif  d'une personne réelle,le grand-oncle de l'auteur.Musicologue et ami de Sibélius ,toute sa vie,il a entendu des mélodies dans sa tête mais il n'est pas parvenu àles amener au grand jour et à les partager avec d'autres,il déchirait au petit matin les partitions qu'il avait écrites dans la nuit et il a traîné jusqu'à la fin de sa vie son inaptitude à aller jusqu'au bout de sa création,toujours sur le seuil...à entrevoir des merveilles et à ne pouvoir les faire naître.Il a la trentaine quand il écrit:"quand je serai mort quelqu'un-si ce quelqu'un existe-dira:A-t-il vraiment existé?Et de dessous terre je crierai:Non,il na pas existé!"
    Il se considère comme un raté...On peut estimer que cet homme a été profondément malheureux,pas totalement cependant si l'on se fie à ses dires.Ainsi,il note:
    "La vie quotidienne nous berce dans la croyance qu'il existe une grosse différence entre la joie et le chagrin.Nous ne remarquons pas que la vie,comme la musique,est pleine de menus changements,où en un instant,la joie peut devenir mélancolie,la lumière crépuscule.Un demi-ton suffit et les couleurs changent,les conversations se taisent,la musique entière se transforme.."
    Cela me semble très juste...Une part de moi,sans doute, s'identifie à cet homme...J'ai souvent cette sensation que quelque chose m'a été donné et que je dois le révèler ,le partager,le faire exister...Et je n'y parviens pas...Je reste dans cette insatisfaction mais dans l'espoir tout de même..chaque jour est une nouvelle naissance...L'important n'est-il pas de faire de son mieux et qu'importe le résultat!
    J'aurai dû attendre d'avoir fini la lecture du livre pour en parler plus justement mais je me suis réveillée dans la nuit en pensant à Axel et  j'ai ouvert mon blog.

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  • Ce livre,le second de Muriel Barbery,m'a enchanté.C'est une belle histoire d'humanité:originale,bien écrite,pleine d'humour et de fantaisie...c'est parfois sarcastique,jamais méchant,parfois tendre...c'est la vie telle qu'elle est,tout simplement...il dénonce l'hypocrisie des gens bien pensants...Il montre comment une enfant de  12 ans peut avoir envie de mourir simplement parce qu'elle croit que son destin est tracé à l'avance et qu'elle n'y peut rien changer,comment une personne peut cacher ,derrière une apparence volontairement débile,une grande intelligence et une grande culture...C'est un livre qui fait réfléchir tout en nous distrayant et en nous aidant à nous découvrir nous-même...Même si les personnages,vus à travers le regard de la concierge et de la jeune Paloma,peuvent paraître un peu  minables,ce sont des êtres susceptibles d'évoluer et si ceux qui sont plus lucides,plus solides intérieurement leur donne un coup de pouce,le monde peut paraître agréable à vivre...
    C'est un livre plein de poésie:"un camélia peut changer le destin" et "une pluie battante se transforme en lumière".C'est un livre qui vous aide à vivre debout:"toujours en équilibre entre la beauté et la mort,le mouvement et la disparition"

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  • A celle qui est trop gaie

    Ta tête, ton geste, ton air
    Sont beaux comme un beau paysage ;
    Le rire joue en ton visage
    Comme un vent frais dans un ciel clair.

    Le passant chagrin que tu frôles
    Est ébloui par la santé
    Qui jaillit comme une clarté
    De tes bras et de tes épaules.

    Les retentissantes couleurs
    Dont tu parsèmes tes toilettes
    Jettent dans l'esprit des poètes
    L'image d'un ballet de fleurs.

    Ces robes folles sont l'emblème
    De ton esprit bariolé ;
    Folle dont je suis affolé,
    Je te hais autant que je t'aime !

    Quelquefois dans un beau jardin
    Où je traînais mon atonie,
    J'ai senti, comme une ironie,
    Le soleil déchirer mon sein ;

    Et le printemps et la verdure
    Ont tant humilié mon coeur,
    Que j'ai puni sur une fleur
    L'insolence de la Nature.

    Ainsi je voudrais, une nuit,
    Quand l'heure des voluptés sonne,
    Vers les trésors de ta personne,
    Comme un lâche, ramper sans bruit,

    Pour châtier ta chair joyeuse,
    Pour meurtrir ton sein pardonné,
    Et faire à ton flanc étonné
    Une blessure large et creuse,

    Et, vertigineuse douceur !
    A travers ces lèvres nouvelles,
    Plus éclatantes et plus belles,
    T'infuser mon venin, ma soeur !

    J'ai découvert ce poème de Baudelaire;je ne le connaissais pas,évidemment on n'allait pas nous faire lire çà à l'école...Mais ce n'est pas à l'école que j'ai découvert ce poète la premiére fois.C'est à la bibliothèque de quartier où je me rendais toutes les semaines...Je me souviens de mon émerveillement quand à 12 ans j'ai lu "l'invitation au voyage".Tout à coup un  horizon de pure beauté s'ouvrait à moi,une douceur, une joie de vivre que je n'avais encore jamais connue me semblait possible...


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