•  Nous nous sommes rencontrés.

    J'ai opiné de la tête à tous ses propos mais je n'ai rien eu à dire tant le flot de ses paroles  se déverse en continu dès qu'il rencontre deux oreilles prêtes à l'écouter.

    Et chaque fois qu'une telle rencontre a lieu, je m'étonne et m'émerveille et me questionne ...Mais comment font-ils ces braves gens pour avoir toujours quelque chose  à dire et même s'ils n'ont rien à dire pour sortir des mots bien lisses et bien ordonnés et sensés?

     

    Moi, quand je n'ai rien à dire, il me semble que je me tais.

    Et même quand j'ai quelque chose à dire, il m'arrive de ne pouvoir trouver les mots justes qui exprimeraient ce que j'ai dans la tête, ce que j'ai dans le coeur...et je me tais.

    Ou il m'arrive de craindre de ne pas être entendu parce que mon interlocuteur est pressé ou préoccupé ou simplement à cent lieues de mes préoccupations actuelles...et je me tais.

    Ou il m'arrive de chercher désespérément quelques mots pour entrer en contact avec la personne qui est en face de moi...Et évidemment, plus je cherche et moins je trouve...

     

    Il arrive aussi, et alors quels délices, que la conversation se déroule spontanément  et aborde l'essentiel aisément....

    Quelques petits mots échangés ont suffi pour qu'une rencontre  vivifiante ait lieu.

    Ces moments là, je les garde précieusement  en moi...Ils donnent des ailes.


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  •  

     

    "On peut tout à fait éviter de vulgariser une pensée (c'est-à-dire de la simplifier ou de l'affadir) tout en la proposant à un large public.

     

    Les gens sont extrêmement intelligents quand on ne les prend pas pour des imbéciles.

     

     Le tout est de s'adresser à l'individu (et non au troupeau) que tout un chacun porte en lui.

     

     Pour ce faire, il est essentiel non pas de simplifier, mais de dire simplement des choses compliquées, ce n'est pas du tout pareil"

                                                                                                                                 

                                                     Raphaël Enthoven   (Revue "Muse" 67)


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  • 5-juillet-2007-006.jpg

     

     

    Nous marchions depuis une heure, tantôt l'un à côté de l'autre, tantôt l'un derrière l'autre, les sentiers sont parfois étroits, nous n'avions pas échangé un seul mot...J'en pris conscience soudain avec tristesse...C'est juste, à ce moment-là qu'il se tourna vers moi, reprenant la conversation que nous avions ébauché ce matin, au petit déjeuner...Il avait donc réfléchi à mes propos alors que, moi, n'ayant pas de réponse, j'avais cru parler à un mur...Il faut toujours se méfier des apparences...Je repris donc, d'une autre manière, ce que je lui avais dit ce matin et, là, je me sentis écoutée...Le silence qui avait précédé lui avait permis d'entendre mes mots.

     

    Le silence s'établit  à nouveau entre nous mais, cette fois-ci, je le ressentis comme un élément qui nous unissait....

     

    Et je songeais à un ou deux de nos amis, sympathiques par ailleurs mais très bavards...Moi qui me plains parfois de nos silences, saurais je , à longueur de temps, supporter un tel flux de paroles si je vivais avec eux?

     

    Tout est affaire d'équilibre : trouver les mots justes au bon moment

    et les laisser naître...ou mûrir dans le silence...

    Silence..Parole...Silence...

     


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  • Les mots

    c'est pour dire ce qu'on a dans la tête

    Les mots

    c'est pour dire ce qu'on a dans le coeur

    Les mots

    c'est parfois aussi pour tromper

    ou pour masquer le silence

    Les mots

    c'est aussi

    pour faire taire l'effroi qui grandit

    Les mots comme des ouvre-boîtes

    ou comme des cadenas

    Les mots

    comme des bonbons

    qu'on suce pour s'adoucir la gorge

    Les mots

    comme des cailloux

    qu'on jette

    et qu'on délaisse au bord du chemin

     

    les mots : le pire et le meilleur


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  • Les mots

    c'est comme les gens...

    Impossible de les classer :

    d'un côté les bons,

    de l'autre les mauvais...

     

    ça serait trop simple !

    ce serait simpliste.

     

    Les mots

    c'est comme les gens

    parfois bons

    parfois mauvais

    souvent entre les deux

    ni bons ni mauvais

    ou bons et mauvais à la fois...

     

    ça dépend comme on les dit

    sur quel ton sur quelle chanson

    dans quelle humeur

    s'ils viennent à la bonne heure

    ou dans un mauvais quart d'heure.

     

    Les mots

    c'est comme les gens

    c'est plutôt imparfait

    mais on ne peut pas s'en passer...

     

    Il ya des mots usés

    des mots démodés

    des mots masqués

     

    Il faudrait les laver à l'eau claire

    pour qu'ils retrouvent leur substance

    pour qu'ils montrent leur transparence

     

    Les mots

    c'est comme les gens

    il faut bien les écouter

    et entendre aussi le silence              

    qui relie un mot à celui qui le suit .


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