• le tableau du samedi : Gérard Garrouste

     

     

     

     Le peintre Gérard Garouste rend hommage aux Justes du Chambon-sur-Lignon et appelle à résister au populisme

    Un géant chez les Justes. Star internationale, le peintre et sculpteur expose tout l’été au "Lieu de Mémoire"

    L\'une des toiles de Gérard Garouste exposées tout l\'été au Chambon-sur-Lignon en Haute-LoireL'une des toiles de Gérard Garouste exposées tout l'été au Chambon-sur-Lignon en Haute-Loire (CAPTURE D'ÉCRAN REPORTAGE FRANCE 3)

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    Stéphane HilarionRédaction CultureFrance Télévisions

    Mis à jour le 12/07/2019 | 17:07
    publié le 12/07/2019 | 17:07

    C’est l’un des artistes contemporains français les plus côtés, habitué à exposer dans les plus prestigieux musées et galeries dans le monde. Mais cet été, Gérard Garouste a choisi d’accrocher ses toiles dans un petit village de Haute-Loire. Et par n’importe lequel, le Chambon-sur-Lignon, distingué (avec les communes voisines) du titre de Juste parmi les nations pour avoir accueilli et protégé des milliers de juifs durant la Seconde guerre. Cette exposition exceptionnelle regroupe une sélection d’œuvres qui entrent en résonance avec l’histoire du village mais aussi avec celle de l’artiste.

    L’école des Prophètes  

    Tout est parti d’une visite à Tence en septembre dernier, à Istor dans le hameau de Chaumargeais, avec son épouse Élisabeth et la maire du Chambon Éliane Wauquiez-Motte. Converti au Judaïsme, Gérard Garouste, familier du Talmud, découvrait l’histoire de ces jeunes intellectuels juifs qui avaient fondé ici durant quelques mois L’école des Prophètes qui a contribué au renouveau du judaïsme français. Après la guerre, elle est devenue l’école juive d’Orsay à Paris, haut lieu culturel animé par des penseurs intéressés par l’éthique et la philosophie juives.  

    Il découvre aussi l’histoire du Chambon, de Tence, du Mazet-Saint-Voy... Tous ces villages et hameaux du plateau Vivarais-Lignon où les habitants, en majorité des Protestants, dont l’inconscient collectif gardait en mémoire les persécutions qu’ils ont subies eux-aussi à cause de leur religion, refusèrent la collaboration, décidèrent de résister par tous les moyens et surtout d’accueillir des Juifs, dont beaucoup d’enfants, menacés de déportation vers les camps de la mort. Le Plateau allait devenir la montagne-refuge comme l’ont surnommé les historiens.  

    Une oeuvre créée pour l'exposition

    L’idée d’une exposition faisant le lien entre cette histoire et l’œuvre de Garouste, fortement inspirée par la tradition talmudique, l’horreur de la Shoah et son histoire personnelle, était née. Elle a tout naturellement trouvé sa place au sein du Lieu de Mémoire, musée ouvert en 2013, qui retrace l’histoire des habitants du Plateau et de leurs actes de résistance face à nazisme. Pour l’occasion, il a réalisé une œuvre originale baptisée Le Sablier ou l’âkédat d’Yitshak.

     

     

    Résister encore et toujours 

    L’histoire des Justes du Plateau trouve un écho particulier chez Garouste dont le père, marchand de meubles, était antisémite et pétainiste notoire, condamné après la guerre à rembourser les biens qu’il avait volé à des Juifs. Une enfance traumatisée, des problèmes psychiatriques et une œuvre tourmentée au travers de laquelle il tente de d’exorciser ses démons. Une histoire qu’il évoquait dans son livre autobiographique : L'intranquille, autoportrait d'un fils, d'un peintre, d'un fou.  

    Avec cette exposition, c’est un message qu’il veut faire passer. Inquiet de la situation en Europe, il appelle les jeunes générations à un sursaut face à la montée de l’extrême droite, de l'antisémitisme. A faire acte de résistance.   

    Cette exposition s’adresse à l’Europe. Cette montée de l’extrême droite, ce populisme que l’on revoit partout, est à l’opposé de ce qu’il s’est passé au Chambon. Il faut résister.             Gérard Garouste  

    Gérard Garouste Le sablier ou l’âkédat d’Yitshak - 2019 - Huile sur toile 195 x 97 cm. Oeuvre créée pour l\'exposition au Chambon.Gérard Garouste Le sablier ou l’âkédat d’Yitshak - 2019 - Huile sur toile 195 x 97 cm. Oeuvre créée pour l'exposition au Chambon. (CAPTURE D'ÉCRAN REPORTAGE FRANCE 3)

    Une plaque commémorative en hommage aux Justes du Plateau est présente au Mémorial Yad Vashem de Jérusalem dédié au victimes de la Shoah.

    "Gérard Garouste et l'école des Prophètes" - jusqu'au 29 septembre 2019 - Lieu de Mémoire, 23 Route du Mazet, 43400 Le Chambon-sur-Lignon -


  • Commentaires

    1
    Samedi 20 Juillet à 08:25
    eMmA MessanA

    J'ai toujours beaucoup admiré le travail de Gérard Garouste.
    Bel et indispensable hommage de cet artiste qui doit faire partie de sa propre résilience.

    "Celui qui sauve une étoile

    Eclaire l'univers tout entier"
     

    2
    Samedi 20 Juillet à 08:47
    LADY MARIANNE

    je découvre grâce à toi-
    merci pour la biographie-
    bisous- bon samedi-

    3
    Samedi 20 Juillet à 08:59

    Merci Gazou de nous faire connaître des artistes qui le méritent.  Non seulement, il peint bien -c'est beau-, mais en plus, il peint des causes justes.  Il a d'autant plus de mérite que son père était pétainiste et antisémite et je comprends qu'il en ait souffert.  Sa peinture exprime donc son ressenti, et crois-moi que son message d'appel à lutter contre l'extrême-droite a été perçu par beaucoup et correspond à mon combat depuis toujours. Je pense que chacun de ses coups de pinceaux étaient un hommage à toutes les toiles de maître et les biens volés au juifs pendant l'Occupation.

    Merci Gazou pour cet excellent partage.

    4
    Samedi 20 Juillet à 09:59

    Il a aussi illustré Don Quichotte, de sa manière si personnelle, j'aime beaucoup.

    Merci pour cette page, Gazou

    Bisous et douce journée.

    5
    Azalaïs
    Samedi 20 Juillet à 10:11

    Le populisme hélas est partout même chez des gens que l'on ne soupçonnait pas, il faut dire qu'avec les réseaux sociaux beaucoup de "bonnes âmes " se lâchent en toute impunité, un rien suffit pour soulever les foules et faire crier " haro" sur le baudet!

    6
    Samedi 20 Juillet à 10:54
    Edmée De Xhavée

    Le tableau dans son entièreté me plaît assez, mais pas la capture d'écran...  Son passé familial est bien lourd à porter et il le dépose comme il le peut...

    Bon week-end Gazou!

    7
    Samedi 20 Juillet à 11:16

    J'aime bien la deuxième dans les bleus

    8
    Samedi 20 Juillet à 12:00

    Son œuvre unique et si personnelle en fait l'un de nos artistes majeurs, j'ai lu le livre et il permet de mieux cerner cet "intranquille", j'aime bien ce terme.  Et je suis d'accord, il vaut mieux regarder le tableau dans son ensemble.

    9
    Samedi 20 Juillet à 13:12

    Ce peintre expressionniste n'est pas parmi mes favoris, mais c'est bien de ne pas l'oublier et il faudrait que je me penche davantage sur son oeuvre. Je préfère le deuxième tableau au premier.

    10
    Samedi 20 Juillet à 14:25

    Surréaliste Gazou.

    Bises et bon weekend.

    11
    Samedi 20 Juillet à 15:09

    il est dit quelque part que l'art naît de la souffrance ... celle qu'a éprouvé ce peintre donne tout le talent de l'artiste ! nul n'est supérieur à un autre, le juste le sait et défend la "raison" de l'humain  en toute circonstance !

    merci de m'apprendre autant !

    amitié .

    12
    Samedi 20 Juillet à 15:51

    Je préfère le 2 e

    J'avoue que le 1er ne me plaît pas beaucoup. Je n'aimerais pas l'avoir dans mon salon... Mais c'est tout de même une découverte intéressante.

    Bisous Gazou

    13
    Samedi 20 Juillet à 20:27

    ce n'est pas la première fois que tu nous mets un tableau de G. Garouste. Merci

    Bises

    14
    Samedi 20 Juillet à 22:07
    erato:

    Une vie tourmentée , tant de souffrances !

    J'aurais aimé avoir l'explication du tableau Le Sablier.

    Merci pour ce beau partage.

    Bonne soirée Gazou

    15
    Dimanche 21 Juillet à 10:21
    daniel

    En ces temps d'intolérance, c'est bien d'évoquer ce peintre et toute l'histoire des Justes !

    16
    Lundi 22 Juillet à 04:34

    Un artiste que j'ai découvert lors d'une interview sur France 2. Depuis, j'ai lu son roman autobiographique et vu ces oeuvres exposées à Mons. Il a aussi peint des fresques dans l'hôtel de ville de Mons (Belgique). 

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