• Le mal

    " Le mal est comme un souffle mystérieux. Lorsqu'on tue par la violenceou par les armes un homme animé par le mal, le principe du mal bondit du cadavre qu'il ne peut plus habiter et pénètre dans le meurtrier par ses narines dilatées. Il prend en lui une racine nouvelle et devient plus tenace et redoublant ses forces.

    Le mal doit être combattu par les armes du Bien et de l'Amour. Quand c'est l'Amour qui détruit un mal, ce mal est détruit pour toujours.

    La force brutale ne fait qu'enterrer provisoirement le mal qu'elle veut  combattre et détruire. Or, le mal est une semence tenace. Une fois enterrée, elle se développe en secret et réapparaît plus vigoureuse encore."

                                          Tierno Bokar                               (  Extrait de l'ouvrage Vie et enseignement de Tierno Bokar, le sage de Bandiagara de Hamadou Hampaté Bâ, Le Seuil, 1980)

     

     

    Je range mon bureau et je découvre ce texte qui m'interroge...

    Parfois , on n'a pas le choix et l'on est bien obligé d'agir promptement pour éviter d'autres victimes

    Mais il est vrai aussi que bien souvent cette réponse violente n'est pas justifiée

     

     

     


  • Commentaires

    1
    Vendredi 6 Octobre à 09:58
    Edmée De Xhavée

    Je t'avoue que je suis perplexe moi aussi. Je me dis souvent que ce que je pense et ressens, il est heureux que nous ne soyons pas des milliers à le penser et ressentir (mais qu'en sais-je?). Je pense que tuer un assassin par réaction n'est pas mal, c'est une réaction. J'ai plus de difficulté avec l'idée de la vengeance, qui forcément abrite quelque chose de nuisible aussi. Je préfère donc de loin l'idée d'un assassin qui meurt "en action" qu'au bout de mois ou années de palabres, qui vont déformer les ressentis. 

    Mais... qu'en sais-je? 

    2
    Vendredi 6 Octobre à 10:05
    eMmA MessanA

    Sujet on peut plus délicat et d'actualité (si tant est que notre actualité ne soit pas une éternelle redite...)

    Je m'étais posée ce genre de question lorsque Charles Pasqua avait déclaré de façon quasi-haineuse, "Force est à la loi. Le forcené est mort" dans l'affaire Human Bomb. J'en avais été choquée, mais vraiment je n'ai pas personnellement le début d'une idée pour savoir ce qu'il convient de faire au mieux dans ces situations inhumaines...

    Merci de nous ouvir la voie vers la réflexion.

    Bonne fin de semaine à toi, à tous.

    eMmA

    3
    Vendredi 6 Octobre à 10:14

    Ce texte semble inspiré par l'animisme africain et la croyance (que partageaient aussi nos anciens dans les campagnes il est vrai) dans la survie des âmes mauvaises qui se vengeraient sur les humains... Je me pose justement la question en ce moment en constatant que les habitants d'un certain secteur semblent poursuivis par la mouise, comme si ce secteur était empli de "mauvaises ondes".

    Mais je pense maintenant que le bien et le mal sont des aspects irréductibles de notre psyché humaine, et que quoi que l'on essaie de faire, ils seront toujours représentés en proportion égale dans l'univers, d'une manière ou d'une autre. Ils sont le reflet de nos pensées, qui sont par nature bifaces : une face jour, une face nuit ; une face lumineuse, une face sombre ; une face bien, une face mal. En effet, si tu remarques certaines réactions de mères de djihadistes entendues récemment et qui font hurler les gens (elles prennent le parti de leur fils par amour et admiration naturelle dans cette culture), le jugement de l'un peut être totalement à l'opposé de celui de l'autre, ce que l'un considère comme un mal, l'autre peut le considérer comme un bien.

    Donc dans l'impossibilité de savoir ce qui est vraiment bon, ce qui est vraiment mauvais, mieux vaut savoir que l'équilibre sera toujours conservé identique dans l'existence humaine, quoi que l'on fasse. En fait, le mal engendre le bien : une catastrophe entraîne une foule de dévouements... Donc est-ce vraiment un mal ?

    Merci, Gazou, d'offrir ces belles réflexions et excuse mes longueurs. Je ne prétends pas non plus détenir la vérité !

    Belle journée à toi.

    4
    Vendredi 6 Octobre à 10:53

    Sur le long terme on réagit avec les "armes du bien et de l'Amour" mais dans l'urgence, ces armes sont malheureusement impossibles à utiliser. C'est tout un travail en amont que devrait faire notre société il me semble, apprendre à l'homme à se centrer sur sa vraie nature en harmonie avec le cosmos et non faire de l'argent, le profit, la compétition...  les nouveaux dieux. Merci Gazou, tu as bien fait de ranger ton bureau. Doux week end.  brigitte

    5
    Vendredi 6 Octobre à 13:01

    Je pense que dans l'urgence il faut réagir avec les armes, le Bien, l'amour et la Sagesse n'y peuvent rien chez nous en ce moment!

    6
    Vendredi 6 Octobre à 13:58

    Je ne sais que répondre.

    Il y a eu un livre que je n'ai pas encore lu... "Vous n'aurez pas ma haine".

    et pourtant, je me dis qu'il doit être très très difficile de ne pas réagir violemment à la violence.

    L'actualité est terrible...

    7
    Vendredi 6 Octobre à 14:15
    Daniel

    La violence entraîne la violence . Mais que faire face à elle . Je pense à Daech ! On peut être démuni parfois.

    8
    Vendredi 6 Octobre à 19:09

    Il faut être habité par beaucoup d'amour pour ne pas se défendre lorsqu'on est attaqué avec violence. C'est un réflexe ça, se défendre. 

    9
    Vendredi 6 Octobre à 21:09

    Gazou, je viens de trouver une image qui te concerne !! Un membre de la FFESSM (Fédération Française des Etudes et Sports Sous-Marins) a publié sur leur page facebook (ici mais je ne sais pas si tu vas la voir) une photo d'une boîte à lettres -plongeur sous marin !! 

    Tu peux la voir et la télécharger ici.

    10
    Dimanche 8 Octobre à 15:06

    un texte qui fait réfléchir. Elle me fait penser à certains textes de l'évangile. Bises

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