•  

    " Je me baladais seul tel un nuage

    Flottant très haut par-delà vaux et monts,

    Quand tout à coup je vis une foule,

    Toute une profusion de jonquilles d'or;

    A côté du lac, en dessous des arbres.

    Elles voletaient et dansaient dans la brise.

     

    Drues comme les étoiles qui brillent

    Et scintillent sur la Voie lactée,

    Elles s'étendaient sur une ligne sans fin

    Tout le long de la rive d'une baie:

    J'en ai vu dix mille d'un seul coup d'oeil,

    secouant leur tête dans une danse allègre.

     

    Les vagues derrière elles dansaient; mais elles

    Dépassaient d'exultation les vagues étincelantes;

    Un poète ne pouvait être que gai,

    En si jubilatoire compagnie:

    Je contemplais encore et encore, mais pensai peu

    A tout le trésor que cette vue m'apporta :

     

    Car souvent , lorsque je suis sur mon divan

    L'esprit vacant ou pensif ;

    Elles illuminent d'un éclair cet oeil intérieur

    Qui est le parfait bonheur de la solitude ;

    Et mon coeur  s'emplit alors de plaisir,

    Et se met à danser avec les jonquilles."

                

                                                   William Wordsworth  (Poèmes - 1815 )

     

    J'ai découvert ce poème hier

    ce qui m'a d'abord le plus  frappée, c'est qu'il sort de sa solitude  en voyant le champ de jonquilles...une foule, dit-il et il s'en émerveille...Mais l'on peut se repaître de beauté sans même être en contact direct...Cette nuit, ayant de la peine à dormir, j'ai repensé à ce poème et j'ai dansé avec les jonquilles : une danse suave et lente ...Et finalement j'ai retrouvé le sommeil...Et je me suis réveillée avec ce champ de jonquilles dans la tête.


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  • "Un homme ne retrouvait pas sa hache.

    Il soupçonna le fils du voisin d ele lui avoir volée et se mit à l'observer.

    Son allure était typiquement celle d'un voleur de hache.

    L'expression de son visage était celle d'un voleur de hache.

    Les paroles qu'il prononçait ne pouvaient être que celles d'un voleur de hache.

    Toutes ses attitudes et comportements trahissaient l'homme qui a volé une hache.

     

    Mais très inopinément, en grattant la terre, il retrouva sa hache;

    Lorsque le lendemain il regarda à nouveau le fils du voisin, celui-ci ne présentait rien , ni dans son attitude, ni dans l'allure, ni dans le comportement, qui évoquât un voleur de hache"

                           Maître Lie-Tseu (philosophe taoîste )

     

    Je lis cette histoire et je me dis : il nous faut parfois nous méfier de nos intuitions

    mais est-ce vraiment une intuition, n'est-ce pas plutôt un préjugé


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  • ..." Lorsque j'ai soudain pris conscience, une fois de plus,

    qu'une amitié ne peut pas toujours être à marée haute

    et que l'on doit accepter aussi les périodes de basses-eaux,

    et même y voir un phénomène positif et fructueux,

    alors la vie a recommencé à me traverser  d'une houle paisible."

                                     Etty Hillesum

     

     

    Hier c'était une longue journée grise,

    une journée de pluie et de brouillard,

    une sombre journée sans fin, une journée pesante,

    ancrée dans l'éternité.

     

    Ce matin: ciel gris toujours, mais l'atmosphère est plus légère...

    Une métamorphose se prépare...

    Soudain vision fugace: le soleil est là

    quelques secondes à peine et tout s'assombrit...

    Puis il revient,le soleil,  s'attarde un peu et disparaît...

    revient  encore nous voir sourire

    et joue ainsi derrière les nuages...

    Et je remercie les nuages et la pluie...

    S'ils n'avaient pas été là,

    aurai-je su me réjouir à chaque apparition du soleil...

     

    Ainsi accueillons ce qui vient...

    Réjouissons-nous du rythme des saisons,

    du soleil et de la pluie ,

    mais aussi de la joie et de la tristesse qui nous submergent parfois...

    Pourquoi chasser la tristesse quand elle est là,

    notre intérieur est vaste et peut la recevoir...

    elle s'en ira d'autant plus aisément

    quand il en sera le moment...

     

    Et la joie à venir n'en sera que plus allègre.

     


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  • L'ordre et le désordre

    "A votre logis, imposez l'ordre.

    L'ordre est le calme des objets.

    Quand les objets sont en désordre,

    ils ont l'air de se disputer la place

    comme des gens en guerre qui se gênent,

    se heurtent, se nuisent, veulent se déloger

    et se chasser l'un l'autre.

    Mais rangés chacun chez soi

    à l'endroit juste qu'il leur faut

    les voilà juste eux-mêmes sages, pacifiques.

    Il fait bon vivre dans une chambre

    où toutes choses gardent la paix."

                                            Marie Noël

     

    Ce poème arrive juste à point après la petite réflexion de la veille.

    Il en est qui sèment la panique partout où ils passent...

    Ils ne savent pas déplacer un objet et le remettre ensuite à sa place.

    Toutes les choses semblent danser la java  quand ils sont là.

    Cela peut donner le tournis...

    Il en est d'autres qui fatiguent par excès contraire.

    Tout doit être remis rigoureusement à la même place,

    le moindre petit déplacement les fait frémir,

    le moindre grain de poussière les crispe et les rend malades.

    Il nous faut donc trouver le juste équilibre

    et celui-ci n'est peut-être pas le même pour tous...

    Pour ma part, j'ai pu constater , en des moments où l'angoisse me tenaillait très fort,

    combien le fait même de ranger avec soin , dans notre maison, les objets qui nous entourent

    pouvait avoir un effet apaisant.

    comme si mettre de l'ordre autour de soi, c'était en mettre aussi dans son coeur et dans sa tête,

    comme si cela pouvait nous aider à trouver la juste solution  à nos difficultés du moment.


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  • Dans sa tête, une petite phrase tourne sans arrêt.

    Elle marche dans la rue avec des amis.

    Elle s'asseoit avec eux aux tables des cafés.

    Elle mange avec eux.

    Elle boit avec eux.

    Elle parle avec eux.

    Elle leur sourit même.

    Et la petite phrase ne cesse de tourner

    Mais eux ne le savent pas...

    Ils l'imaginent avec eux

    puisqu'elle est là, présente,

    qu'elle leur parle

    et qu'elle leur sourit...

    Mais ils se leurrent...

    Elle est absente...

    Elle sauve les apparences

    par son semblant de sourire,

    son semblant de phrases,

    son semblant de regard...

    Elle, elle est est avec cette petit phrase

    qui tourne dans sa tête

    sans cesse

    et qui la veut attentive,

    toute à ces quelques mots assemblés

    qu'elle tourne et retourne...

    pour en comprendre le sens

    ou plus exactement le pourquoi...

    Le sens, il n'est que trop aisé à comprendre,

    le sens premier tout au moins,

    mais le pourquoi de ce goût, de ce vertige,

    et ce qu'il révèle de ses manques et de sa recherche,

    c'est cela qu'il lui faut découvrir...

    D'abord ne pas se laisser effrayer par la vision !

    Elle est là.

    Nul ne l'ayant vu ne peut plus la nier.

    Elle n'est pas destruction.

    Elle est transcendance.

    Elle est curiosité passionnée

    de tout ce qu'un être humain peut ressentir.

    il suffit de l'accepter, d'en découvrir la beauté...

    et cependant  rester totalement présent

    au quotidien et à l'instant.

     


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