• Il est rare que je me souvienne de mes rêves mais parfois quelques traces font surface...Il faut penser à les cueillir dès le réveil, dès les premières secondes, sinon tout s'efface.

     

    Quelqu'un, quelque chose, un n'importe quoi

     

    S'est assis sur ma chaise derrière moi.

     

    Et son ombre me crispe,

     

    me blesse et m'agresse.

     

    Je le chasse de la main

     

    mais sans cesse il revient.

     

    Il me vole l'air que je respire

     

    Dans une spirale il m'aspire.

     

    Il me faut l'éloigner

     

    Il me faut prendre toute la place

     

    sur le siège que j'occupe.


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  • Mais comment ont-ils fait,comment ont-ils pu devenir ces jeunes adultes aussi détendus, aussi "cool" alors que leur mère tout autant que  leur père sont tous les duex stressés et toujours inquiets ?

     

    Ce n'est pas difficile, répond ma fille, nous n'avions pas le choix...Ou nous devenions comme vous et peut-être même pire ou nous rétablissions l'équilibre en adoptant la position opposée et en prenant notre temps dans la plus grande quiètude...Et finalement, tout se fait mais avec tellement plus de bonheur...

     

    Dois-je en conclure que , pour avoir des enfants détendus, il faut être des parents hyper stressés?

     

    Non, me dit ma fille, la conclusion n'est certainement pas la bonne..Je le crois aussi


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  •    Au fond,j'ai depuis très longtemps douté de la raison...

    Dès huit ou neuf ans, j'ai su qu'il était vain de croire exercer un contrôle absolu sur soi-même: tout nous échappait,nos pensées, nos rêves , nos réactions,nos peurs,  notre incapacité à cerner l'angoisse et à l'empêcher de nous ligoter,de nous limiter vainement,absurdement...comme si la vie n'était pas faite pour être vécue,mais seulement rêvée...comme si elle nous avait été octroyée par erreur...comme un mets savoureux posé devant nous pour nous appâter...Nous avons droit au parfum mais si nous tentons de l'approcher de notre bouche,cette nourriture vitale,cette flamme...un grillage invisible nous retient..

     .Sommes-nous si peu de chose,rien parmi le rien?
      Et à qui parler de nos terreurs? Comment combattre cet ennemi intérieur qui nous empêche de vivre ! Cette folle qui veut prendre toute la place et nous réduire en lambeaux honteux?
       J'essaie de sauvegarder les apparences, d'être comme tout le monde...c'est fatigant...Jusques à quand vais-je ainsi tenir?Quand viendra l'aurore qui me permettra comme la chèvre de monsieur  Seguin de me laisser manger par le loup?
       Parfois je l'attends cette aurore comme le moment le plus merveilleux de ma vie,parfois je la redoute et me dis qu'il faut être plus persévérant,que je vais bien arriver à la faire disparaître,cette grille invisible qui m'empêche de goûter à la vraie vie....D'ailleurs,de plus en plus souvent,je l'oublie et vis l'instant présent dans sa plénitude...Peut-être est-ce tout simplement moi qui l'ai inventée...
      Je peux donc inventer  autre chose :  quelque chose de plus libérateur et de plus joyeux....  




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  •    J'aime...Je n'aime pas...Comment savoir?

       J'aime parfois ce que je n'aime pas et parfois je n'aime pas ce que j'aime.


       J'aime ce qui est simple et,pourtant, en moi,c'est un labyrinthe touffu et obscur que je découvre et je ne sais où porter mes pas pour m'établir au point juste où je serai ,moi ,sans masque.
       En moi est un écheveau de laine emmêlé et je ne sais quel fil tirer pour le transformer en une belle pelote bien ronde et bien lisse qui pourra être utilisé pour fabriquer un petit chef d'oeuvre.

       J'aime ce qui ouvre,ce qui va vers le partage et la découverte et,pourtant, en moi,sans cesse me guette la tentation de me dédoubler,pour assister,frileusement,à la rencontre possible mais si pleine de risques.
       J'aime voyager : en moi,un être nomade frétille d'impatience et de curiosité mais la peur irraisonnée de ne plus retrouver les lieux et les êtres qui me sont familiers,la peur de me perdre me font rester sur place et  je me sens prisonnière.

       J'aime la couleur bleue : cette couleur m'apaise,m'exalte,me tonifie,elle offre tant de nuances...Et je la chéris d'autant plus que j'ai mis longtemps à la découvrir comme faisant partie de moi...mais j'ai besoin de couleurs plus éclatantes comme le jaune,le rose et même le rouge...j'ai besoin de toutes les autres.

       J'aime la caresse d'un vent léger,j'aime ce qui est doux,tendre et apaisant , mais je peux aussi aimer la tempête et parfois j'aime ce qui dérange et rappelle que la vie n'est qu'un perpétuel changement.

       J'aime quand le temps s'arrête et nous fait croire à l'éternité...Je n'aime pas quand il file entre les doigts comme dans un sablier...J'écris pour arrêter le temps,pour qu'il ne se perde pas vainement.

      J'aime ne plus avoir peur,goûter le moment qui est là,le respirer,le humer,l'accueillir tel qu'il est et m'en réjouir...Quand je connais ces moments là,c'est un bonheur exquis,un trésor précieux que je savoure au moment où je le vis et longtemps après.
      

       J'aimerais être sans attente et sans inquiètude, simplement ouverte à ce qui vient.

       J'aimerais mourir les yeux ouverts, dans la joie et la lucidité,entourés de ceux que j'aime, et ayant partagé avec eux l'essentiel.

     

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  •   Je le pressentais bien: la grisaille de hier matin n'était que passagère

    Merci pour tous vos petits mots gentils, comment ne pas rebondir avec tout ça?

     

    Il y eut d'abord une heure chez le coiffeur...Il m'a demandé quelle était ma passion...Lui c'est, entre autres, le dessin au pastel...Il parlait juste ce qu'il fallait : ni trop, ni pas assez...J'en suis ressortie... plus ferme et allégée...C'est vrai, quelques cheveux de moins

     

    Après le repas, je compose un bouquet avec les dernières fleurs du jardin...C'est curieux : faire un bouquet (avec mes fleurs) devient de plus en plus un moyen de m'harmoniser à l'intérieur,  comme si l'harmonie du bouquet se communiquait à moi.

     

    Je téléphone à un ami plein de gentillesse ..et un petite idée de poème me vient...

     

    Nous partons faire une promenade (le soleil est revenu !)

    Eh , surprise ! Je fais bien trois kilomètres presque sans fatigue...Il y a seulement deux jours, aller chez la voisine , à cent mètres de là, m'avait épuisé..Je n'en reviens pas..et ce matin je me suis traînée chez le coiffeur.

     

    Et le soir, je rencontre deux amis et, tout en dégustant un thé, nous parlons...de la difficulté à sortir de son milieu habituel, de créer des ponts entre les êtres humains pour leur permettre de se rencontrer et de s'apprécier avec leurs différences....des barrières intérieures que nous nous créons et qui sont parfois plus fortes que les obstacles extérieurs ..La conversation est courte mais intense

     

    Avant de me coucher, je téléphone à une amie dépressive..Elle commence à me parler d'une voix éteinte puis s'anime et , pour la première fois depuis longtemps, elle amorce des projets qui lassent présager une sortie vers la lumière...

     

    Finalement, quelle bonne journée !

     


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