• Elle ne parlait pas

     

     

     

     

    Elle ne parlait pas.

    Non, elle n'était pas muette

    Simplement, elle avait choisi de se taire

    Non pour accroître son mystère

    Mais elle se méfiait.


    Elle se méfiait des mots
    des mots qui enfermaient
    des mots qui étiquetaient
    des mots qui sonnaient faux
    des mots qui limitaient.
    Elle voulait garder ouvert
    tout le champ des possibles
    Elle voulait l'impossible.
    Un mur de silence lui déroba l'horizon
    et pour sortir de sa prison
    elle ne trouva qu'une seule issue
    le CRI


    Un cri sauvage et inarticulé
    Qui de l'abîme dont il était venu
    S'éleva dans les airs

    Et brisa le silence

    Et pour guérir la blessure qui s'ouvrait,

    Elle découvrit le baume des mots.

    Les mots qui se pressaient,

    se bousculaient, inquiets, étonnés...

     

    Elle parla,elle respira,
    elle découvrit la liberté
    et quand elle eut épuisé 
    le trésor que les mots lui offraient
    elle retourna au silence;


    Non plus un silence morne et aphone
    mais un, bruissant de signes
    et ruisselant d'espérance.

    Et dans un va et vient fructueux

    Elle enveloppa ses mots de silence.

    Et du silence

    jaillirent en transparence

    des mots nouveaux.

     


  • Commentaires

    1
    Lundi 21 Mars 2016 à 14:10

    Quel magnifique poème, Gazou !! Comme tu exprimes bien ce désarroi de l'âme tombée elle ne sait où et qui apprend doucement à s'accepter puis à reconnaître d'où elle vient ... !

    Ce poème me touche profondément.

    Je te remercie de nous l'avoir offert.

    2
    Florentin
    Lundi 21 Mars 2016 à 14:11

    Les mots, on le sait, sont la meilleure et la pire des choses. Ils permettent d'échanger, mais peuvent aussi meurtrir. On devrait toujours faire attention quand on sort du silence. Les mots que l'on dit ne sont pas forcément ceux que l'autre a compris. Compliqué le langage ! Bien amicalement. A plus. Florentin

    3
    Lundi 21 Mars 2016 à 14:13

    tu as très bien exprimé cette dialectique " parler - se taire "

     bravo !

    4
    Lundi 21 Mars 2016 à 14:30
    eMmA MessanA

    Ton poème est très beau et touche que l'on soit du genre silencieux ou du genre bavard.

    A mon sens, on ne résout rien en demeurant silencieux, car alors on prend le grand risque de se méprendre sur l'autre, de ne pas se comprendre.

    Je pense qu'il vaut mieux exprimer avec difficulté ses sentiments plutôt que de ne pas communiquer (avec des mots).

    Bonne semaine Gazou

    5
    Lundi 21 Mars 2016 à 17:59

    brtavo

    besos

    tilk

    6
    Lundi 21 Mars 2016 à 18:05

    Les mots au mille visages :

     

    les mots qui disent

    les mots qui se taisent

    les mots qui se bousculent

    les mots qui apaisent

     

    et le silence qui parle

    au cœur des mots

     

    7
    Lundi 21 Mars 2016 à 20:14

    je me souviens du cri : il déchire et fait souffrir.

    Les mots sont incomplets, sont incompris mais ils nous sont essentiels. 

    Merci pour ce texte qui donne à réfléchir.

    Le silence peut être enfermement ou liberté. 

    Bises et bonne semaine pascale.

    8
    Lundi 21 Mars 2016 à 20:32

    un poème qui me touche beaucoup car je trouve que le silence est parfois plus fécond que tous ces mots qui se répètent en boucle  et qui ne veulent plus rien rien dire. C'est drôle parce que ton texte répond à un texte que j'écris (que je n'arrive pas à terminer) où j'essaie justement de décrire cette sorte de détachement qui s'opère en moi, quelque chose qui me pousse à simplifier de plus en plus, à ne garder que l'essentiel, un peu comme quand on vide une maison et qu'il faut choisir, trier, se séparer de choses auxquelles on croyait tenir et qui finalement vous apparaissent comme des coquilles vides.

    Cet après-midi je suis allée à ma séance de qi-gong où nous avons repris une méditation que j'adore et qui s'appelle "les mille mains du boudha" pendant laquelle nous sommes silencieux bien sûr mais où quelque chose d' incroyable circule entre nous ; on sort de là totalement régénéré , calme plein de sollicitude

    9
    Lundi 21 Mars 2016 à 20:51
    LADY MARIANNE

    des mots pour des maux !
    c'est très bien dit-
    bizzz

    10
    Lundi 21 Mars 2016 à 21:56

    C'est un poème de toute beauté, Gazou ! un grand coup de chapeau ! Les mots peuvent effectivement être bombes ou réconforts.... L'extrème besoin de savoir les manier avec d'infinies précautions... car on ne sait jamais comment ils sont compris, voire interprétés ?!

    Pas facile quand les mots fuient et qu'il faille s'exprimer quand même !

    The Scream.jpg

    Le Cri de Munch

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Cri

    Merci de tout cœur Gazou et bisous

    11
    Lundi 21 Mars 2016 à 22:41
    erato:

    Un magnifique poème où les mots et le silence sont complémentaires s'ils sont bien utilisés .

    Bonne soirée Gazou

    12
    Mercredi 23 Mars 2016 à 07:49
    aude terrienne

    Vraiment ça sent le vécu tant c'est ... "criant" de vérité. Savoir ce qui a déclenché ce cri...

    Je pense à ces femmes violées par leurs pères, frères, maris en te lisant.

    13
    Mercredi 23 Mars 2016 à 11:47

    Ton poème est splendide, Gazou.

    Le silence est multiple, à nous de le rendre créateur aussi.

    Passe une douce journée.

    14
    Jeudi 24 Mars 2016 à 07:39

    Magnifique, il ne faut jamais oublier que le silence est d'OR.....

    Sincèrement

    Jedan

    15
    Jeudi 24 Mars 2016 à 18:35

    Dans l'essentiel silence

    les mots prennent tout leur sens

    16
    lenez o vent
    Mardi 29 Mars 2016 à 17:48

    Superbe !

    la justesse  des mots, le cri

    Merci, Bisous

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