• Hier je relisais "L'éloignement du monde" de Christian Bobin...J'ai découvert ce petit livre en double dans ma bibliothèque, alors je le relisais pour savoir à qui je pourrai le donner, qui aurait du plaisir à le lire....

    ET voilà que je découvre, à la page 33, cette lettre d'amour

    et je lui trouve la même saveur que celle que je publiais hier, alors je ne résiste pas à la partager avec vous

     

    "...Tu es celle par qui me vient le goût profond de vivre.

    Il ne faut pas craindre une telle phrase. Elle ne t'engage en rien.

    Le don que tu me fais est un vrai don  -  impossible à reprendre.

    Le bonheur c'est de te savoir en vie, et que cette vie passe au plus loin de moi ne m'importe pas.

    Au début j'ai cru que tu étais le monde entier.

    Je l'ai cru d'une croyance enfantine et sans doute nécessaire.

    En t'éloignant, tu m'as appris que tu n'en étais que le seuil

    et que les chemins, loin de mener à toi, ne font qu'en partir pour me mener à l'infini.

    Aujourd'hui, je n'attends rien de toi.

    Je voudrais seulement que la vie te soit douce et que tu ne meures jamais.

    C'est là encore une espérance naïve mais j'y tiens plus qu'à tout : cette naïveté-là manque aux anges

    et c'est pourquoi leur joie est si imparfaite."


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  • A celui qu'elle aimait, elle écrivit ainsi

    Trente ans plus tard, le lien qui les unit est invisible et indestructible.

     

    " Je t'aime et veux que mon amour

    ne soit qu'un voile léger

    qui te protège des regards jaloux et mesquins.

     

    Je t'aime et veux que mon amour

    ne soit qu'un souffle d'air pur qui t'allège.

     

    L'amour que je te donne est si discret

    que tu peux l'ignorer

    et vaquer à tes occupations,

    serein et confiant,

    fort et vibrant

    de tout l'amour invisible qui t'entoure."


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  • Elle est petite et rondelette, avec un petit air vieux jeu.

    Elle est mariée et elle a des enfants, me dit ma voisine...Curieux ! Je l'imaginais célibataire...

    Moi aussi, me dis-je, avant de parler avec elle, je l'imaginais célibataire...

    Quelque temps plus tard, je la rencontre à nouveau, elle est avec son mari...Et il ne ressemble pas du tout à l'homme dont j'avais l'idée...Je savais qu'il détestait  les voyages, à vrai dire, c'est la seule chose que je savais de lui...

    Il est grand, svelte, souriant, tellement souriant qu'il en paraît lumineux...Il me salue comme si notre rencontre imprévue était le meilleur moment de sa journée...Et je les quitte, toute souriante,  à l'intérieur du moins...

    Décidément, il faut parfois se méfier des apparences et des jugements trop hâtifs...

    J'espère que nous nous rencontrerons à nouveau.


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  • Il était plein de bonne volonté.

    Ce n'était pas une apparence, non, il était sincère et voulait faire de son mieux...

     

    Et  cependant il était toujours à côté de la plaque car il n'écoutait rien de ce qu'on lui disait, de ce qu'elle lui disait....

     

    Mais comment, me disais-je, peut-on agir aussi paradoxalement? comment peut-on, avec tant de bonne volonté, agir  cependant à l'envers de son désir?

    L'intelligence et la finesse ne lui faisaient pas défaut?

    Qui ou quoi l'empêchait d'agir avec plus de cohérence?

     

    C'est cela, il était empêché.

    Empêché, embrigadé, emprisonné dans une tour dont les murs étaient façonnés par des peurs énormes qui ne laissaient transparaître aucune clarté, des peurs si violentes qu'elles ne lui permettaient pas d'agir selon son désir et de donner le meilleur de lui-même.

     

    Qui ou quoi l'aiderait à y voir clair, à être lucide et à abattre enfin les murs de sa prison intérieure?

     
     
     

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  • Ils sont âgés, ils ne se déplacent plus guère l'un sans l'autre...

     

    Ils ont bien cinquante ans de vie commune, peut-être même soixante.

     

    Toujours affables et souriants;

     

    Un jour, je me trouve avec eux aux restos du coeur.

     

    Nous mettons des friandises dans des petits sachets qui seront distribués l'après-midi,

    nous entendons un rire qui fuse pas loin de nous....

    Et lui me dit, avec un sourire ravi :" c'est elle, partout où elle est, on entend des rires, c'est toujours comme ça."

     

    Ce matin , je les aperçois, ils vont au marché tous les deux.

     

    On s'embrasse, on échange quelques mots...

    Cette simple rencontre, c'est déjà un bonheur...

    Cette joie de vivre qui est en eux, ils la partagent avec tous ceux qu'ils côtoient....

     



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