•   Il était parti plusieurs jours...
    Elle avait apprécié de pouvoir organiser ses journées selon son bon plaisir.
    Elle espérait que ce temps d'absence donnerait à leurs retrouvailles une plus grande saveur.

      Elle l'attendait sur le quai de la gare.
    Il l'oublia de l'embrasser, il était parfois très distrait.
    Pendant tout le trajet, il ne cessa de lui raconter tout ce qui s'était passé.
    Elle l'écouta mais sans faire de commentaire, sans participer vraiment à la jovialité de son compagnon,mais sans le désappprouver cependant...A-t-il, malgré tout, ressenti les réticences informuléesde son épouse?
    Toute l'après-midi, chaque fois qu'elle lui parlait de quelque chose, il lui répondit d'une façon un peu hargneuse...Tout ce qu'elle disait semblait l'énerver...
      Le soir, ils étaient invités, il retrouva sa bonne humeur...Il était plus de minuit quand ils rentrèrent..et lui qui détestait se coucher tard ne s'en plaignit pas..ce qui l'étonna, elle  qui le connaissait et était habituée à ses jérémiades...

      Le lendemain, elle lui proposa deux visites et il acquiesça aussitôt et s'en montra même très content. Décidément, cet homme pouvait encore la surprendre...on peut changer, à tout âge, assurément...Et ce n'est pas parce que les retrouvailles n'ont pas été une réussite qu'il faut dramatiser et s'imaginer que la mauvaise humeur va s'installer durablement...

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  • Il était obsédé
    Il était fou d'amour
    Il ne vivait plus.
    Tout ce qui n'était pas elle
    était fade et désolant.
    C'était elle la femme de sa vie
    et, elle, elle ne le regardait pas.

    Il sentit qu'il allait commettre l'irréparable.
    Une nuit,chez la vieille Isabeau, il courut,
    il n'en pouvait plus...
    Elle savait guérir les âmes et les coeurs malades
    et vous rendre à vous-même,disait-on.
    Elle le vit arriver , les yeux égarés,
    et elle lui dit : tu vas danser,
    ôte tes souliers.
    Et elle se mit à taper sur son tambour
    de plus en plus vite
    de plus en plus fort.
    Qui aurait pu croire qu'une vieille aussi décharnée
    pouvait avoir autant d'énergie?

    Lui, d'abord, resta immobile.
    Il voulait un remède, une potion magique.
    Danse, ordonna-t-elle,
    danse la tarentelle,
    elle délivre du mauvais
    et nous rend joyeux de vivre...
    Il commença à danser,
    il tourna, tourna
    avec une ardeur toujours  nouvelle.
    Il ne sentait pas la fatigue
    Il était de plus en plus léger...
    Au petit matin, elle le renvoya chez lui
    et lui dit d'aller quérir sa belle
    avant même les douze coups de midi.
    Elle dirait oui ou elle dirait non...
    Il saurait ensuite ce qu'il avait à faire...

    Il releva la tête et s'en alla la voir.
    Elle le regarda et lui dit:
    "Enfin, tu es là,
    je t'attendais.
    Enfin, tu t'es trouvé,
    jusqu'alors, tu ne m'avais rien demandé,
    tu te contentais de geindre comme chien battu.
    Tu faisais pitié
    Et moi, j'attendais un homme fier et clair
    avec qui je puisse m'allier.
    Enfin tu es là"

    Cette histoire m'a été racontée....
    Je crois bien qu'elle est vraie.


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  • ça chauffe ! ça chauffe !
    et pourtant dehors,il fait un froid de canard
    et justement , c'est pour ça que ça chauffe
    et comme d'habitude
    il a laissé la porte d'entrée ouverte
    et toute la bonne chaleur de la maison s'en va
    s'étaler dans le jardin
    qui ne s'en aperçoit même pas
    mais , elle, qui est dans la cuisine
    l'a tout de suite ressenti
    le grand courant d'air froid
    qui l'a fait frissonner
    des pieds à la tête et de la tête aux pieds
    et, croyez-moi,ces frissons-là,
    ce n'est pas du plaisir qu'ils  lui donnent ,pas du tout,
    ça serait plutôt de la colère,
    une colère noire et belliqueuse
    qui lui fait oublier le froid,
    qui la rend cramoisie
    Nul doute, ça chauffe et ça s'échauffe
    et quand il va rentrer,
    il va  se faire sonner les cloches...
    Imperturbable,il a ouvert la porte,
    il est rentré,il a oublié de fermer,
    il l'a entendue crier,
    il s'en est étonné...
    quand même, ce n'est pas difficile de fermer une porte, lui a-t-il dit
    pas besoin de crier pour si peu...
    Elle s'est sentie bafouée...

    Mais aujourd'hui, c'est le printemps
    un beau soleil nous égaie
    il est allé dans le jardin
    il a pris soin de bien fermer la porte
    la chaleur du dedans ne s'est pas évaporée
    le chauffage aussi était fermé


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  • Le Clown danse
    Le clown rit
    Non,le clown fait rire,
    il veut faire rire;

    quand les autres rient,
    il est joyeux.

    mais ce soir c'est elle
    elle seulement
    qu'il veut faire rire,
    elle qui est malade .

    S'il réussit à la faire rire,
    c'est sûr elle va guérir.

    Elle sourit,elle rit même
    mais ce n'est pas un franc rire
    qui l'emporte.
    Il faut de l'énergie pour
    attraper le fou rire
    Et ce soir,elle est lasse.

    Il dit : c'est pour les petits enfants
    le soir de Noêl,
    je leur ferai cette surprise,
    c'est vrai.
    Mais,ce soir,c'était pour elle
    elle seulement.


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  • Ce qui manque

    c'est un peu de vent

    pour faire s'éloigner notre barque

    de la rive

    où elle s'envase et pourrit.

     

    Ce qui manque

    c'est un long voyage

    pour nous purifier

    des salissures de la vie quotidienne

    qui nous réduisent

    l'un et l'autre

    au squelette de nous-même.


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