•  " L'essence de la bonne écriture n'est donc pas pour moi le talent - notion spécieuse et floue - mais le courage de dire les choses telles qu'on les a réellement perçues et non comme un consensus de personnes "autorisées" souhaiteraient qu'on les ai senties.

      Dans ce travail de cordonnier, je me suis très vite heurté aux insuffisances de langage qui découlent souvent de nos  carences personnelles, mais existent aussi objectivement...En cherchant à rédiger ce qui devait être le simple compte rendu d'une longue route, je me suis aperçu qu'un certain nombre de choses refusaient d'être dites, et que plus elles étaient centrales et essentielles, plus elles renâclaient à être réduites à des mots. La raison de cette réticence étant, je crois, que le monde est sans cesse et partout polyphonique et qu'à ce monde nous ne prêtons par"insuffisance centrale de l'âme" (Antonin Artaud) qu'une attention monodique...ou pas d'attention du tout. Quand nous lisons la partition, nous n'en lisons le plus souvent qu'une ligne."

                                 Nicolas Bouvier (L'échappée belle)

     

      En lisant ces lignes, j'ai eu l'agréable satisfaction que Nicolas Bouvier  exprimait exactement ce que j'ai bien souvent ressenti...lorsque désirant exprimer des sensations fugaces mais essentielles, j'ai eu la désagréable impression que les mots me fuyaient et qu'il n'y en avait aucun qui puisse traduire exactement ce que je ressentais..Et l'explication qu'il donne me convient tout à fait


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  • Hier soir, je découvre ceci: C'est un extrait d'une conférence prononcée le 20 novembre 1931 par André Maurois.

    Il pose la question : pourquoi et comment on écrit un roman?

     

    "...Et Flaubert dit: "J'ai quelquefois entrevu, à la lueur d'une émotion qui me faisait frissonner depuis la racine des cheveux jusqu'aux talons, un état d'âme supérieur à la vie, pour qui le bonheur n'est rien et pour qui la gloire est inutile"

    "Un état d'âme supérieur à la vie et pour qui le bonheur même n'est rien", voilà ce que le grand romancier et, d'une façon génèrale, le grand artiste doit pouvoir trouver dans son art. Et le grand lecteur aussi, car le lecteur fait oeuvre d'art. Le livre ne nous est pas donné, il faut qu'il soit recréé par vous; tout bon lecteur est un artiste et l'on souhaiterait que le lecteur trouvât, lui aussi, dans un grand roman, l'apaisement que doit donner  l'art. ..."

     

    A mon tour, je me pose la question : pour quoi lit-on des romans?

    Certains pensent peut-être que c'est une fuit: s'évader ainsi dans la vie des autres,tellement plus savoureuse que la nôtre, tellement plus vraie bien que fictive et oublier ainsi le vide qui parfois envahit la nôtre...Mais ce peut-être aussi une recherche ardue, une recherche profonde.Car dans chaque être humain, si loin de nous soit-il, c'est un peu d enous que nous retrouvons...Et comme nous ne pouvons vivre toutes les vies qui nous tnetent, c'est une manière de s'approprier toutes ces expériences que nous ne connaîtrons jamais directement.Ainsi, grâce au roman, nous élargissons notre horizon.

     


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  • " J'aime lire. J'aime passionément la lecture.Et bien évidemment, j'aime aussi les livres. Non tous les livres; seulement ceux qui agrandissent la vie, poussent à creuser davantage, aident à respirer à pleins poumons.

      Aimant lire,il va de soi que j'ai passé de longs moments dans les librairies, ces lieux où je pénètre en état d'avidité, sachant que je vais trouver là par centaines ces objets de papier et de mots qui tiennent une telle place dans mon existence;

      Sans les livres et la lecture, ma vie aurait été désertique. Grâce à eux, ma terre a été richement fertilisée par les eaux d'une source qui n'a jamais  tari. D'où d'inoubliables heures de découvertes, d'errances, de trouble, de doutes, de remises en  cause, parfois d'effondrement, ou à l'inverse d'allégresse, de  plénitude, d'élévation. heures où la vie me déchire et me comble, me flagelle de ses rafales, me jette en un éclair du profond de la douleur d'être au plus effervescent de l'exultation.

      J'éprouve un bonheur toujours neuf à me rendre dans une librairie, à happer quelques lignes d'un roman, survoler la page d'un essai, savourer un poème...Tant de rencontres se proposent, tant de voyages seraient possibles...."

                            Charles Juliet (Lumières d'automne page 206)


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  • "L'écrivain est quelqu'un qui nomme quelque chose. Le sentiment existait, la chose existait, mais l'écrivainn est celui qui la nomme.

    ça ajoute un élément d e liberté

    ça provoque une sorte de soulagement formidable

    Enfin telle chose , dans notre vie, est nommée.

    On pourra désormais vivre avec"   

                                                        Vassilis Alexakis


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  •  

                                                                      

             

                                                

     

    "Pour apprendre à écrire,

     il nous a fallu apprendre à vivre,

    c'est -à-dire à souffrir et à aimer"

                                                    

                                                   René-Guy Cadou


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